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Washington prépare une guerre contre la Chine

Il ne suffit pas à Washington d'encourager la préparations d'éventuelles attaques nucléaires contre la Russie, comme relaté dans nos articles précédents. Il lui faudra aussi combattre sur un deuxième front, contre la Chine. Le « pivot vers l'Asie » annoncé il y a quelques mois par Obama vise en effet à mettre en place un Otan asiatique, dont l'US Army constituera l'essentiel, et qui rassemblera quelques « fidèles alliés », le Japon, les Philippines, le Viet-Nam et peut-être la Corée du Sud.
Le document de stratégie maritime qui a été rendu public début avril ne laisse aucun doute à ce sujet. Il s'agit de “A Cooperative Strategy for 21st Century Seapower: Forward, Engaged, Ready,” (cf http://www.navy.mil/local/maritime/150227-CS21R-Final.pdf) . Il montre que l'objectif d'affronter la Chine, en mer de Chine méridionale et orientale, s'accélère. Ce document, dit aussi CS21R, préparé conjointement par l'US Navy, les corps de Marine et les Gardes Côtes, constate qu'un environnement caractérisé par « sa volatilité, son instabilité, sa complexité et ses interdépendances » exige que les intérêts américains, économiques et stratégiques, puissent compter sur des forces navales et aéronavales renforcées pour être convenablement protégés dans cette région du monde.

A cette fin, précise le CS21R, les Etats-Unis doivent conserver une suprématie maritime globale, permettant notamment de conduire des opérations dans les eaux internationales et loin des côtes américaines. Plus clairement, dans ce document, le Pentagone précise qu'il doit préparer une guerre contre la Chine, dite « AirSea Battle » comportant des attaques massives, aériennes et par missiles, dirigées en profondeur contre le territoire chinois. Il s'agira de détruire des dispositifs militaires et des infrastructures. Il faudra aussi bloquer les voies maritimes permettant à la Chine de s'approvisionner en pétrole et matières premières venant d'Afrique et du Moyen Orient.

Les spécialistes pourront lire dans le document stratégique le détail des forces navales et aéronavales qui seront déployées avant 2020. Une partie des groupes de porte-avions sera affectée au Japon, des sous-marins d'attaque à Guam, des navires de combat littoral à Singapour, des navires porteurs de systèmes balistique multi-missions, des appareils de reconnaissance un peu partout. Par ailleurs, les marines maintiendront un corps expéditionnaire prêt à intervenir sur le terrain, complété par un corps basé en Australie.

Tous ces dispositifs, précise le CS21R, seront destinés à renforcer les moyens militaires et les alliances dans l'ensemble de la région indo-pacifique, dans la perspective " d'empêcher la Chine d'employer des moyens d'intimidation contre les nations souveraines de la région et d'y affirmer des revendications territoriales".

En fait, ce fut Washington qui a poussé ses « alliés » à de telles revendications territoriales, notamment en 2012 le Japon dans le conflit à propos des iles Senkaku. D'ores et déjà, la coopération américano-japonaise comporte l'entrainement de régiments de marines nippons en vue de combats avec la Chine. Mais la préparation va beaucoup plus loin. Les experts américains, relayés par la presse, préviennent qu'il faudra désormais envisager des affrontements nucléaires avec la Chine. Ceci poussera inévitablement le Japon et peut-être le Viet-Nam et la Corée du Sud à se procurer à terme des bombes atomiques, pour ne pas dépendre de décisions américaines dans la perspective de tels conflits avec la Chine.

Les moyens

Nous avons plusieurs fois indiqué ici que, si la Chine s'efforce face à ces déploiements de force, d'accroitre ses propres moyens, elle n'atteindra pas dans la meilleure des hypothèses le vingtième des forces américaines. Certes, certains commentateurs décrivent des prototypes d'armes chinoises légères mais efficaces capables de mettre en difficulté un groupe de porte-avions américains. Mais rien de sérieux n'existe encore semble-t-il en ce domaine, notamment du fait de l'insuffisance des budgets et des technologies avancées dont souffre nécessairement la Chine.

En revanche, malgré les prétendues restrictions budgétaires frappant le Pentagone, jamais les budgets militaires n'y ont atteint un tel niveau. Ceci permet à l'Amérique de se préparer à soutenir non pas une seule guerre de grande intensité, mais deux, l'une avec la Russie et l'autre avec la Chine – sans mentionner des engagements sans fin au Moyen Orient. Certes, ceci se paye par un appauvrissement grandissant de la population, ainsi que par des infrastructures et autres équipements civils de plus en plus délabrés. Mais on peut penser que lors des prochaines élections présidentielles, auxquelles Hillary Clinton vient d'annoncer son intention de se présenter, ces questions ne seront pas évoquées sérieusement, ni par les républicains ni par elle.

Remarquons cependant que la perspective des guerres que semble préparer Washington aura pour premier résultat de renforcer les mutualisations de moyens économiques et militaires entre Russes, Chinois et Indiens, dans le cadre du Brics et de l'Organisation de coopération de Shangai. Il s'agira d'un bon tiers des populations mondiales.

Image: "Carrier Battle Group" américain.

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Post Scriptum au 14/04. Sur l'accroissement de la présence américaine en Corée du Sud, voir:
US defense secretary promotes “pivot” in South Korea

http://www.wsws.org/en/articles/2015/04/14/kore-a14.html

13/04/2015
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