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France-Brésil. Convergence dans les démissions

Ces derniers jours en France le reliquat de ce que l'on appelait il y a quelques décennies les forces de gauche, syndicalistes et politiques, fait l'amer constat que, même sous un gouvernement se disant socialiste, c'est une politique presqu'entièrement favorable aux intérêts privés dominants, actionnaires et financiers, qui est imposée par le pouvoir.
Il suffit de lire avec un tant soit peu d'attention la loi dite Macron pour s'en convaincre. Avec ses 295 articles en cours de discussion au Sénat, elle multiplie les prétendues réformes visant à relancer « la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques ». En fait il s'agit d'un mélange de dispositions anecdotiques ou inefficaces cachant de vraies atteintes au droit du travail et au statut des services publics, y compris dans le domaine de l'armement et des hôpitaux.

Par la volonté du président de la République, la préparation et la discussion de la loi sont restées le monopole de l'équipe Macron sans qu'aucun des ministères sociaux concernés n'aient eu un véritable pouvoir de décision. Aussi bien la loi est-elle applaudie par Angela Merkel et Jean-Claude Junker, ce dernier ajoutant cependant qu'il reste encore à la France de grands efforts à faire dans la voie des réformes.

Mais à supposer que la majorité socialiste et le gouvernement aient vraiment voulu proposer une voie vers la croissance et l'égalité, qu'auraient-ils pu faire dans un pays où la réalité du pouvoir, en France comme en Europe, est détenue par ce que Paul Street décrit dans un livre que nous présentons par ailleurs « They rule. The 1% versus democracy » titre dont la traduction ne s'impose pas. Si un gouvernement français avait voulu retrouver la voie d'un socialisme de production et d'investissement tel qu'il avait été essayé après la Libération en France, il aurait été immédiatement étranglé: fuite des capitaux et des entreprises, vente des actifs nationaux à des concurrents étrangers. désarmement des politiques de redistribution fiscale et sociale par des fraudes, des inflations et des déficits organisés.

Au Brésil

C'est exactement le sort qui est fait dorénavant au Brésil à la présidente Dilma Rousseff et à son Parti des Travailleurs, crédités être de gauche par l'opinion. Dans des articles précédents, nous avions indiqué que les classes dirigeantes brésiliennes, d'autant plus puissantes qu'elles sont ouvertement soutenues par des organisations évangéliques ou associations travaillant pour les intérêts américains, avaient tenté plusieurs fois, non seulement de faire battre Dilma Roussef, mais de préparer contre elle des tentatives de coups d'état. Elle avait de justesse surmonté ces premières agressions, mais ce n'était que partie remise.

Aujourd'hui la situation en constante aggravation des classes travailleuses pauvres, résultant d'agressions croissantes provenant de la super-élite américanisée, exigerait de la présidente des mesures extrêmement fortes pour conserver la confiance de son électorat. Au lieu de s'en tenir, un peu comme la majorité socialiste en France, à des mesures de façade ne remettant pas en cause l'ordre établi, elle aurait pu tenter d'annoncer des décisions anti-crises radicales; augmentation massive des impôts portant sur les dominants, nationalisations, mesures de redistribution à grande échelle – et parallèlement organisation de coopérations stratégique au sein du Brics, avec la Russie et la Chine notamment, Brics dont elle demeure un des piliers.

Elle ne l'a pas fait et ne semble même pas décidée à l'entreprendre. Faut-il imputer cette démission à de la faiblesse de caractère, à la peur d'opérations « couvertes » menées par l'Amérique pour la détruire, y compris physiquement? Ou simplement, comme pour ce qui reste des forces de gauche en France, évoquées au début de cet article, à un sentiment de découragement profond face à la domination de la ploutocratie des 1%, se donnant la main d'un continent à l'autre pour que rien ne change dans l'ordre des privilèges.

09/04/2015
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Nombre de réaction(s) : 1
Merci pour cet article
12/04/2015 21:17:06 | Par : Micher Carrière
Je pense de plus en plus que la différence gauche droite passe par la différence entre :
1) soutien du Medef et des conglomérats où l'on retrouve tous les oligarques et ploutocrates partisan d'un système représentatif et hiérarchique. Ce qui permet la confiscation du pouvoir du peuple, la perte de la souveraineté nationale qui lui appartient et l'asservissement des citoyennes et citoyens au bon vouloir de la minorité des privilégié-e-s ; ces dernier se considère comme l'élite par opposition au reste des humains qu'elles et ils méprisent.

2) nous les citoyennes et citoyens, partisanes et partisan d'une République des Égales et Égaux, des trois flambeaux de notre République " Liberté, Égalité, Fraternité-Sororité" et d'une démocratie aussi directe que possible où les fonctions électorales seront soumise au régime de droit commun du contrat de mandat avec des instances de contrôle citoyennes type "grand jury".
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