Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Iran, Russie, Chine

L'Iran n'est pas un régime très sympathique aux yeux des opinions européennes. L'image de condamnés à mort pendus à des grues de chantier reste dans les esprits. Mais dans un Moyen-Orient où le moins que l'on puisse dire la douceur ne règne pas, il faut sans doute remettre les choses en situation.

 L'Iran n'est pas près de devenir un pays à l'européenne, où les droits de l'homme, la liberté d'expression, la laïcité et plus importants encore, les droits reconnus aux femmes seraient analogues aux nôtres. Mais nulle part au Moyen Orient la situation n'est meilleure. De plus, dans ce même Moyen Orient se développe un Etat islamiste (daesh) encore plus attentatoire à ce que nous considérons comme les fondements de notre civilisation. Or l'Iran combat indiscutablement daesh et les mouvements terroristes se réclamant de lui.

Si les Européens, notamment l'Allemagne, la Grande Bretagne et la France, membres du Club dit des 5+1 négociant actuellement avec l'Iran étaient capables de définir des politiques indépendantes de celles imposées par Washington et accessoirement Israël, ils considéreraient qu'au delà du nucléaire, l'Iran est désormais une grande puissance régionale à qui, quoique ait pu en décider jadis l'ONU, il est insensée de continuer à imposer des « sanctions » qui, comme celles imposées à la Russie du chef des Etats-Unis, sont non seulement à terme inefficace mais nuisibles à toutes les parties en présence.

Aujourd'hui 1er avril,  les discussions sur le nucléaire iranien ont repris, dans la matinée à Lausanne, quelques heures après avoir été suspendues dans la confusion, la Russie et l'Iran évoquant des progrès, voire un début d'accord, tandis que les Etats-Unis assuraient que toutes les questions n'avaient pas été réglées. Les négociateurs s'étaient séparés peu après 1 heure du matin, soit après l'expiration du délai du 31 mars fixé pour obtenir un accord préliminaire, en constatant qu'un certain nombre de points restaient en suspens. Ils ont donc décidé de s'affranchir de cette date butoir pour poursuivre les discussions. Si un accord est conclu, celui-ci constituerait une étape fondamentale sur la route d'un accord final dont l'échéance a été fixée au 30 juin.

Et après?

Nous verrons ce qu'il en sera. Rien ne dit d'ailleurs que cet accord, voulu par Obama, ne sera pas saboté par les néo-conservateurs américains dès qu'ils accéderont, comme prévu, à la présidence. Mais si, pour en revenir à eux, les Européens continuent à conditionner leur position à celle qui sera décidée à Washington, ils laisseront passer une occasion importante de reprendre pied au Moyen Orient en bonne entente, non seulement avec l'Iran, devenue répétons-le un acteur incontournable, mais vis-à-vis de la Russie, de la Chine et plus généralement du Brics.

Il ne faut pas être très perspicace pour constater en effet qu'au delà du nucléaire iranien dont au fond elles se préoccupent assez peu, la Russie et la Chine ont commencé à négocier avec l'Iran une participation active aux grands programmes du Brics, banque, fonds monétaire et monnaie commune Brics. De même, l'Iran ne pourra pas de par sa position géographique, ne pas collaborer aux projets d'infrastructure déjà engagés par la Chine et la Russie. L'Iran semble également intéressée par une entrée dans l'Organisation de Coopération de Shanghai.

Pour ceux qui souhaitent que l'Iran ne se radicalise pas dans un islamisme de combat, mais s'ouvre davantage aux valeurs qui sont celles, non seulement de l'Europe mais aussi du Brics, ce rapprochement de la République islamique avec ledit Brics, notamment dans un premier temps avec la Russie et la Chine, serait une très bonne nouvelle. Les Européens devraient s'en persuader et s'inclure dans ce mouvement, ne fut-ce que pour y faire valoir leurs intérêts.

Pourtant dira-t-on, qu'en serait-il des sanctions contre l'Iran, qui devraient continuer à peser sur ce pays, même en cas d'accord sur le nucléaire, afin de l'obliger à en respecter les clauses? La Russie et la Chine ne devraient-elles pas en tenir compte? Si le rédacteur de la présente note répondait à la place du ministre russe Sergei Lavrov ou de l'homologue chinois de celui-ci, il répondrait: « Les sanctions? Quelles sanctions? » . Mais ce rédacteur ne serait évidemment pas tenu aux prudences du discours diplomatique.

01/04/2015
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire