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Medvedev. Oh le méchant.

La déclaration faite par le président russe Dmitri Medvedev en parallèle à l'élection de Barack Obama a soulevé l'indignation des bons esprits européens. Elle pourrait paradoxalement éviter que la tension entre la Russie et ses voisins ne s'aggrave, si elle était écoutée et prise au sérieux.

Quitte à passer pour des pro-Russes invétérés (invertébrés, comme on dit parfois), nous ne pouvons qu'être d'accord avec le président russe Dmitri Medvedev quand, au milieu de l'incroyable course qu'engagent les chefs d'Etats du monde pour se faire bien voir du futur président américain Barack Obama, il a rappelé un peu sèchement que :

- les Etats-Unis sont responsables de la crise économique qui bouleverse le monde ;
-  les Russes continueront à s'opposer au  déploiement des missiles de l'Otan en Pologne et en République tchèque et qu'en attendant ils mettront en place des missiles de moyenne portée  dans l'enclave de Kaliningrad, complétés  d'un système de brouillage ;
- les Etats-Unis ont soutenu  la Georgie dans la récente crise du Caucase et feraient bien de se tenir désormais moins impliqués dans cette zone.

Cette déclaration qui a soulevé l'indignation des bons esprits européens pourrait  paradoxalement éviter que la tension entre la Russie et ses voisins ne s'aggrave, si elle était écoutée et prise au sérieux.

Le nouveau président américain a la possibilité d'infléchir la politique expansionniste de son prédécesseur. Nicolas Sarkozy devrait le comprendre et profiter de la situation, non pour se rapprocher des thèses atlantistes, mais pour s'efforcer de  rééquilibrer les relations franco-américaines vers moins de dépendance. L'arrêt du projet de l'Otan aux frontières de la Russie serait pour ceci l'indispensable préalable à un retour au calme. La justification antiterroriste ne tient pas, même contre l'Iran et ses possibles têtes nucléaires, à un moment d'ailleurs où Obama envisage de négocier à nouveau avec ce pays.

En fait, les intérêts de l'Europe  voudraient comme nous l'avons plusieurs fois rappelé  un rapprochement avec la Russie, voire une modification des systèmes d'alliance,  alors que les Etats-Unis n'ont plus les moyens de dicter aux Européens ce que doit être leur politique étrangère.

On peut craindre malheureusement que Nicolas Sarkozy ne fasse rien de tel. Il est trop occupé à mener une danse de séduction assez pitoyable auprès de l'entourage de Barack Obama, pour se faire adouber comme l'ami de toujours de ce dernier.
 
07/11/2008
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