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Qu'attend la « vieille Europe » pour se débarrasser du Royaume-Uni et du couple infernal Obama- Kerry par la même occasion?

On se souvient que Donald Rumsfeld avait qualifié de vieille Europe, en 2003, la France, l'Allemagne et quelques autres qui trainaient les pieds à suivre les Etats-Unis dans la guerre contre l'Irak, dont les brillants résultats obtenus depuis n'échappent plus à personne.
Aujourd'hui, cette même vieille Europe, menée avec des nuances différentes par l'Allemagne et la France, refuse de plus en plus de suivre l'Amérique dans la montée irresponsable vers une guerre (nucléaire) avec la Russie, entreprise il y a un an par le putsch dit de la place Maidan contre le gouvernement alors légitime de l'Ukraine. S'affranchissant, avec une prudence il est vrai toute diplomatique, de la tutelle de Washington, Angela Merkel et François Hollande ont pris l'initiative de réunions avec Vladimir Poutine dont le résultat fut, entre autres, l'accord dit Minsk2. Malgré les affirmations venant notamment des Américains et non prouvées que cet accord n'était pas respecté et qui, s'il l'était, il s'agirait d'une défaite retentissante de l'  « Occident » devant la tyrannie russe, le « vieille Europe » continue tant bien que mal à tenir bon, en conservant les contacts nécessaires avec la diplomatie russe.

Ceci est de plus en plus mal ressenti par le couple infernal Barack Obama – John Kerry. Ils accusent dorénavant ouvertement la vieille Europe et les Etats européens de plus en plus nombreux qui suivent l'Allemagne et la France, de trahir la cause de la civilisation défendue par l'Amérique. Ils sont approuvés comme il fallait s'y attendre, par ce fantoche de Donald Tusk que le hasard des rotations à mis à la tète du Conseil européen. Mais plus surprenant, encore que prévisible, est le soutien du gouvernement britannique à cette politique incendiaire. Ce soutien s'est manifesté lors de la récente visite à Londres de John Kerry auprès du Premier ministre David Cameron et du chancelier de l'Echiquier George Osborne. Tous ont convenu, en résumant, que Vladimir Poutine était l'ennemi n° 1 de l'Occident, bien plus redoutable que l'Etat islamique. Il fallait donc livrer d'urgence à Porochenko des armes léthales, comme le demande (et le fait plus ou moins) depuis longtemps Washington.

Armer Kiev

Qu'un tel projet, aussi irresponsable qu'il soit, puisse être envisagé par Barack Obama, ne surprendra guère, tellement les faucons américains sont conduits, dans leur délire militaro-industriel et diplomatique, à rendre quasiment inévitable une réaction armée de la Russie, premier pas vers une guerre nucléaire. Mais que la Grande Bretagne puisse encourager cette idée est absolument inadmissible. Bien qu'elle soit une ile, elle n'échappera pas aux destructions qui ravageront l'Europe continentale en cas de guerre. Son statut, au nom de ses « relations spéciales » avec les Etats-Unis, ne devrait pas l'emporter sur son appartenance à l'Union européenne, et la solidarité qu'elle devrait manifester vis-à-vis du coeur de celle-ci, la « vieille Europe ».

Or comme ce n'est pas le cas, et comme manifestement elle choisira toujours, selon le mot de Churchill, le grand large à l'Europe, nous devrions tous, en tant qu'Européens déterminés, demander l'expulsion hors de l'Union européenne de la traitresse Albion. Ou si, comme il est probable, il se trouve toujours une majorité de petits Etats européens pour refuser cette démarche salutaire, les Etats constitutifs de la « vieille Europe », Allemagne et France en premier lieu, devraient décider de construire (ou reconstruire) un noyau dur européen excluant l'Angleterre et quelques autres inféodés à Washington. Ce serait d'ailleurs au coeur de ce noyau dur que l'euro pourrait jouer le rôle fédérateur que les influences transatlantiques l'empêchent aujourd'hui d'avoir.

Les atlantistes font valoir qu'un tel projet ne bénéficierait qu'à l'Allemagne, aux dépens notamment de la France. Mais on peut penser qu'il n'en serait rien. L'Allemagne n'est pas aveugle. Elle sait que la puissance diplomatique, militaire et civilisationnelle de la France serait indispensable à la « vieille Europe » ainsi rajeunie et reconstituée. Y compris dans l'établissement de relations pas trop inégalitaires avec la Russie et la Chine au sein du Brics.

Image Le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une conférence de presse aux côtés du secrétaire du Foreign Office Philip Hammond, le 21 févier à Londres (Photo Neil Hall. AFP)

23/02/2015
Vos réactions
Dernières réactions
Nombre de réaction(s) : 3
l'état semeur de malheurs.
26/02/2015 19:37:11 | Par : riviera06
Très bonne analyse.
Les USA partout où ils interviennent n'apportent que des désastres puis ils s'en vont en laissant des ruines.
Leurs stratégies géo politiques sont catastrophiques sur le long terme.
Quand on pense qu'ils voudraient que des soldats européens meurent pour les putschistes de maïdan, bien aidés par leurs sociétés de mercenaires paramilitaires, on ne peut être qu'effaré.
Il faut se souvenir aussi que jusqu'à la tribune de l'ONU, lors des débats sur la guerre en Irak ils mentaient et produisaient de fausses preuves.
La guerre que mènent les habitants de l'est de l'Ukraine est identique à celle de ceux du Kosovo!
Quand on se rappelle que l'OTAN est allé bombarder Belgrade!
Quant aux anglais, qu'ils partent nous n'avons pas besoin de cheval de Troie a à la solde des USA en Europe.
Je pourrais encore ajouter beaucoup de griefs,mais ce serait trop long.


Ne plus subir le désordre Outre(Atlantique
18/03/2015 12:46:07 | Par : Robert41
Analyse pertinente et réaliste. Pour cela il faudrait changer les 3/4 des députés et sénateurs qui s'agenouillent devant Mickey et son fidèle Pluto. Un moteur France-Allemagne et Russie voilà ce qui me semble salutaire pour le continent.

vieille europe
28/03/2015 20:50:50 | Par : john Wayne
Beaucoup trop anti-américain !! Bien relire jeanfrançois REVEL .... Dès que la vieille Europe est dans le pétrin , on appelle le grand frère... Américain !!!Ils rigolent bien les cow-boys , mais ils nous aiment bien  !! On s'américanise aussi!
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