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Election dans le Doubs, reflet des indéterminations et non-dits en France

L'élection législative partielle du Doubs, en France, pourrait comporter plusieurs leçons pour l'ensemble des démocraties européennes. Certes, les situations sont différentes d'un pays européen à l'autre, néanmoins il nous semble que des traits communs pourraient se dessiner.

Limitons nous dans ce court article à résumer le situation en France, telle qu'elle nous apparaît. Les lecteurs connaissant bien la situation telle qu'elle est dans  d'autres pays, par exemple la Suède et la Hongrie, sans mentionner l'Allemagne ou l'Italie, pourraient faire quelques rapprochements.

Dans le Doubs, la majorité socialiste l'a emporté d'une très courte tête, devant une opposition incluant un parti d'extrême droite (le Front national ou FN) et une grande partie de la droite. Une autre partie de la droite s'est cependant retrouvée derrière le candidat socialiste, avec vraisemblablement la presque totalité du vote centriste. Le nombre des abstentionnistes est resté considérable, bien qu'ayant un peu diminué entre les deux tours.

Un très léger changement dans les équilibres envoyait donc à l'Assemblée nationale une nouvelle députée FN. Il ne faut pas exclure que lors des prochaines élections, régionales, nationale et présidentielle, ce même quasi équilibre, à 50/50, se renouvelle, cette fois-ci en faveur de l'extrême droite et de la droite. Autrement dit, la France pourrait se trouver dotée d'un Parlement et d'une présidence de la République se réclamant de l'extrême droite, soutenue par la moitié au moins de la droite.

L'élection dans le Doubs n'a pas fait émerger de voix se réclamant de l'extrême gauche ou prônant une quelconque forme de rupture, analogue à celle demandée par Syrisa en Grèce ou Podemos en Espagne. Mais à l'avenir, si la crise et le refus implicite des institutions européennes se poursuivaient, des oppositions de type « indignados » pourraient apparaître. A ce moment, elles seraient vraisemblablement réprimées par la force, non seulement de la part d'un gouvernement de droite et extrême droite, mais sans doute aussi d'un gouvernement de gauche. Il en résulterait une cassure jamais enregistrée jusqu'alors dans la vie politique française. Elle se répercuterait probablement dans l'ensemble de l'Union européenne.

Si l'actuelle majorité de gauche, soutenue par le Centre, se maintenait quelques temps en France, continuerait-elle à ne remettre aucunement en jeu le fonctionnement de l'Union non plus que celui de la zone euro, sur le modèle de ce que fait docilement actuellement l'ex-député socialiste du Doubs Pierre Moscovici devenu commissaire européen? En ce cas, le mécontentement, provoquant l'abstention et le vote à l'extrême droite, ne cesserait d'augmenter. Un virage radical à l'extrême droite en résulterait, lors des prochaines élections sinon auparavant.

De son coté, le FN et ses alliés de droite proposeront-ils avec une force renouvelée, bien que dans l'opposition pour le moment, les grandes lignes d'un programme anti-européen et anti-euro dont ils ne précisent pas aujourd'hui les modalités pratiques. En cette occurrence, arrivés au pouvoir, se borneraient-ils à improviser, accroissant le désordre en France et en Europe.

Dans la campagne électorale s'étant déroulée dans le Doubs, aucune grande question concernant l'international n'a été vraiment évoquée: relations avec les Etats-Unis, la Russie, le monde arabo-musulman (sauf marginalement par la candidate FN). Les positions que la France prendra ou évitera de prendre sur ces questions dans les prochains mois seront déterminantes. Un tel autisme de la part du corps politique et de l'électorat se poursuivra-t-il longtemps?

Dans l'immédiat, à la suite de ces élections dans le Doubs, une pression considérable nouvelle devrait être ressentie par le président de la République et le gouvernement. Sauront-ils sortir de leurs errements actuels pour innover radicalement? En ce cas, d'autres élections partielles pourraient peut-être susciter plus d'intérêt. ..en France et en Europe.

En attendant, pour Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire général du parti socialiste, « il y a le feu au lac ». Soit, mais encore?


09/02/2015
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