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Obama tente de désorganiser la coopération Inde-Chine qui constitue un pilier important du Brics

Lors de sa visite de 3 jours commencée à New Delhi le 25 janvier, Barack Obama a manifestement tenté d'insérer un coin dans le Brics afin de rendre plus difficile la coopération entre l'Inde et la Chine qui constitue un des enjeux pour la constitution d'un ensemble cohérent associant les pays du Brics. Pour cela il a multiplié les protestations d'amitiés avec le premier ministre indien Narendra Modi.
Obama, dont l'administration avait traité Modi en paria pendant plus d'un an, suite aux répressions que celui-ci avait mené dans le Gujarat, a déclaré à sa descente d'avion que la relation entre les USA et l'Inde, longtemps gelée sur la question du nucléaire, allait prendre un nouveau départ du fait de l'amitié naturelle unissant les deux grandes puissances. Modi en retour a reconnu qu'une chimie (chemistry) naturelle rapprochait l'Inde et l'Amérique, et plus particulièrement Obama, qu'il a appelé par son prénom, Barack, et lui.

Officiellement c'est un accord dans le nucléaire civil qui devrait représenter le point fort de la réunion.« Aujourd'hui nous avons réalisé une avancée décisive concernant deux obstacles que nous avions concernant le nucléaire civil. C'est un pas important vers la mise en oeuvre de cet accord », a déclaré Barack Obama. Il aurait accepté d'abandonner une clause de l'accord indo-américain exigeant un contrôle et un suivi stricts des matériaux nucléaires utilisés dans des réacteurs américains fournis à l'Inde. De son côté, New Delhi pourrait assouplir sa position rejetant la responsabilité sur les fournisseurs en cas d'accident nucléaire.

Les deux hommes ont aussi discuté de la possibilité de s'accorder sur des mesures ou objectifs communs en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Il est probable que, en dehors de la répétition de gestes symboliques d'entente, la suite de la visite n'entrainera pas de nouveaux accords. Mais les échos politiques seront à surveiller. Manifestement, la Chine a considéré la visite d'Obama comme un nouvel effort pour l'encercler, dans la suite de la quasi-offensive militaire (pivot vers l'Asie) décidée contre elle par Washington. Moscou est resté muet, Mais ses projets de coopération avec l'Inde dans le cadre du Brics ou de l'Organisation de coopération de Shanghai, dont l'Inde est membre observateur, seraient difficilement compatibles avec une alliance étroite entre les Etats-Unis et l'Inde. Les choses n'en sont pas là il est vrai. Narandra Modi est réputé pour sa prudence diplomatique. Il veillera sans doute à conserver deux fers au feu.

La France devra-t-elle pour sa part se faire des soucis en voyant l'Amérique tenter de se réimplanter en puissance exportatrice majeure sur le sous-continent Indien. Le sort du contrat Rafale et celui de projets de centrales françaises, déjà bien incertain, risque de l'être encore plus. Les Américains disent et répètent à tous vents qu'ils seraient bien mieux à même que la France de répondre aux besoins indiens.

Complément au 27/01

La Maison Blanche vient de publier un document conjoint concernant une vision stratégique commune des deux pays dans la région http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2015/01/25/us-india-joint-strategic-vision-asia-pacific-and-indian-ocean-region . Elle n'échappe pas aux banalités. Les observateurs ont cependant remarqué que rien n'y est dit des relations avec le Pakistan. Modi et son parti considèrent celui-ci comme un danger aussi redoutable que permanent. Apparemment, ils auraient voulu s'assurer d'une coopération plus assuré de Obama. Ce qui n'a pas été le cas. Obama cherche toujours à recueillir le soutien d'Islamabad dans la lutte contre les Talibans. Il compte aussi sur le Pakistan pour contenir la Chine. Le Pakistan, tout en protestant régulièrement contre les opérations de drones dans ses zones dites tribales, ne tient manifestement pas à provoquer des conflits de plus haute intensité avec les Etats-Unis.

Nous dirions pour notre part que si une véritable guerre Inde-Pakistan n'était évidemment pas souhaitable, la présence de l'Inde, décidée à empêcher l'extension via le Pakistan de mouvements djihadistes à visées mondiales serait plutôt rassurante pour l'Europe. La Chine ne réagit pas de cette façon. Elle multiplie les gestes d'amitié avec le Pakistan, sans craindre d'encourager ainsi les mouvements indépendantistes musulmans qu'elle combat dans ses propres provinces. Cette attitude constitue d'ailleurs la source de la réticence indienne actuelle à s'engager plus à fond dans le Brics.

Note au 28/01. Le Pakistan vient de déclarer, par la voix d'un conseiller du premier ministre, qu'il s'opposait à l'accord Etats-Unis-Inde sur le nucléaire, "susceptible de rompre les équilibres dans la région". Rappelons que le Pakistan dispose de l'arme atomique.

26/01/2015
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