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Le Yémen, chute probable d'un premier domino.

Le Yémen a plongé dans le chaos politique jeudi 22 janvier après la démission du gouvernement suivie de celle du président Abdu Rabu Mansour Hadi, alors que la capitale Sanaa était passée sous le contrôle d'une milice chiite dite Houthi supposée favorable à l'Iran et aux groupes d'Al Qaida opérant dans la région (AQAP) .
Immédiatement, aux Etats-Unis et au sein de l'Otan, un chœur de voix s'est fait entendre réclamant un renforcement de la présence américaine au Moyen Orient et en Afrique. Hadi était considéré comme un allié de l'Amérique, dont il avait notamment accepté les bombardements par drones qui s'étaient multipliés, malgré les « dégâts collatéraux ». Il était censé aussi fournir des renseignements à l'armée américaine (intelligence) en contrepartie de différents avantages matériels.

Certains évoquent, sinon un passage complet du Yémen sous l'influence des Houthis, du moins une partition du pays, susceptible de fournir une base arrière territoriale à l'AQAP. L'ancien ambassadeur américain au Yémen Stephen Seche à déclaré que le coup d'Etat des Houthis imposait un changement complet de la politique des Etats-Unis tant auYémenqu'en en Afrique, où se multiplient les emprises territoriales de l'AQAP et mouvements apparentés tels Bokho Aram au Nigéria. « Une intervention beaucoup plus agressive s'impose » a-t-il dit. Le Royaume saoudien voisin semble faire parvenir le même message à Washington.

Sans attendre, le Pentagone a décidé certains déploiements d'urgence près du Yémen, notamment l'envoi sur zone des navires de guerre USS Iwo Jima et USS Fort McHenry. Mais on ne voit pas très bien ce qu'ils pourraient faire, en l'absence de fortes interventions de troupes au sol, ce à quoi Obama ne paraît pas encore résolu. De plus, dans une lutte renouvelée contre le terrorisme, évoquée conjointement par John Kerry et François Hollande à Davos, les terrains d'intervention possibles ne manqueront pas – avec le risque de provoquer partout des effets contraires à ceux attendus.

Kerry dans une crise de lyrisme a comparé le combat actuel contre Daesch, l'AQAP et autres fomenteurs de troubles révolutionnaires à la campagne américaine contre les Nazis lors de la 2e guerre mondiale. Mais on peut craindre – ou espérer – qu'il ne s'agisse que de mots. Chacun sait que la vraie façon de mener cette guerre serait de renforcer, avec des apports de centaines de milliards de dollars, les ressources de ceux qui s'efforcent en profondeur de faire décoller l'Afrique. Dans le cas du seul Yémen, selon le dernier rapport d'OxFaM, le pays se dirige vers un désastre humanitaire qui mettrait en danger des millions de vie. Or l'Arabie Saoudite, qui jusqu'à présent fournissait quelques subsides au Yémen, considéré comme une bombe potentielle à sa frontière, vient de décider d'arrêter toute aide à la suite de la chute du gouvernement Hadi.

Le Yémen sera-t-il le premier des dominos à tomber dans la chaine des alliances et influences de l'Amérique et de ses « alliés » européens dans cette partie du monde? Et qui prendra le relais de l'Amérique?



25/01/2015
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