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Rapprochement franco-russe (ou russo-français) ???

Nous mettons à ce titre un triple point d'interrogation, car rien n'est encore vraiment fait. Néanmoins divers indices semblent montrer que ce rapprochement, jugé par beaucoup en France comme non seulement indispensable mais géopolitiquement inévitable, se ferait peut-être enfin.

Ce fut d'abord la rencontre de François Hollande et Vladimir Poutine à l'aérogare de Moscou, sur proposition française, qui avait marqué l'amorce du début d'une recherche de points d'entente. Ce furent aussi les nombreux échanges, peu rendus publics par les médias français, entre représentants d'entreprises présentes à Moscou et leurs homologues russes, constant l'effet déplorable et réciproque  des « sanctions » imposées par Washington. Ce furent ensuite les réactions de sympathie et offres d'aide venant du gouvernement russe à destination de la France à la suite des attentats du 11 janvier.

Très récemment enfin ce furent les paroles positives de l'ambassadeur de France à Moscou, jusqu'ici pourtant réputé pour ce nous pourrions nommer sa « raideur atlantiste » Le journal russe anglophone Sputnik News rapporte (http://sputniknews.com/politics/20150115/1016912094.html) que l'ambassadeur Jean-Maurice Ripert aurait déclaré dans un entretien avec le média russe et russophone Kommersant (http://www.kommersant.ru/daily) que la France ne voulait pas se résoudre à une séparation entre l'Europe et la Russie. Au contraire le concept d'Eurasie, initialisé il y a quelques mois par Moscou, ne posait pas de problèmes à la France. Il confirme le fait que la France reconnaît le fait indéniable que la Russie est un pont entre l'Europe et l'Asie et que « bien sûr, la Russie fait partie de l'Europe ».

Kommersant se veut un organe de presse à l'occidental. Il avait eu quelques difficultés aux origines avec le pouvoir russe, mais il n'a rien d'un journal alternatif d'opposition. On peut considérer qu'il s'agit aujourd'hui d'un média parfaitement autorisé, selon l'expression. D'où l'importance des propos qu'y a tenu l'ambassadeur. Certes, celui ci n'a pas nié que des questions restaient à régler à propos de l'Ukraine et même de la Crimée (?) mais il s'est dit confiant pour ce faire dans une prochaine reprise des négociations quadripartites déjà engagée (Russie, Allemagne, France et Ukraine)

L'Elysée ira-t-il plus loin?

Reste maintenant aujourd'hui posée la question de savoir si l'Elysée ira plus loin que les intentions de rapprochement avec la Russie actuellement exprimées. Aura-t-il la force de se dégager de l'influence du pouvoir financier, politique et médiatique qu'imposent depuis des années Washington et Wall Street à la France. Il ne faut pas se cacher, comme nous l'avons souvent écrit ici, qu'un rapprochement Paris-Moscou, pouvant dans un premier temps se traduire par le règlement de l'affaire des Mistrals et dans un second temps par la reprise de relations commerciales normales entre la zone euro et la zone rouble, sera considéré comme une menace considérable pour la zone dollar.

Jusqu'où pourraient aller le gouvernement américain et ses services secrets pour susciter de graves difficultés en ce cas à  François Hollande? Sans doute très loin, mais ce n'est pas ici qu'il convient d'en traiter.

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Post Scriptum . Coopération dans le domaine de l'armement

En rêvant un peu (beaucoup) nous pourrions suggérer que la France (Dassault) et la Russie (Sukhoï Cie) pourraient s'entendre pour proposer à l'Inde un marché 50/50, avec  d'un côté des Rafales et de l'autre des Sukhoï SU 30 MK (ou équivalent) . Cette offre conjointe se traduirait dans l'immédiat par une coopération pour assurer la cohérence de la flotte, et plus tard par des rapprochements industriels et de recherche conjoints. Chacun des deux partenaires, au plan industriel et de la recherche y aurait intérêt

Dassault ne sera sans doute pas d'accord. Mais lui ou le gouvernement français devraient se persuader que compte tenu des blocages américains chez les acheteurs potentiels de Rafale, il n'en vendra pas un seul exemplaire sans un partenariat avec la Russie, notamment dans la perspective des pays du Brics.

Mais Dassault se satisfait peut-être des commandes françaises, assurant un minimum d'activité. Ces commandes n'iront pourtant qu'en diminuant.

15/01/2015
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