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Grèce. La chancelière Merkel se substitue aux autres pays européens

Il n'a pas été suffisamment observé en Europe que les déclarations, d'ailleurs contradictoires, de la Chancelière Merkel concernant les "sanctions" qu'encourrait la Grèce au cas où celle-ci ne "jouerait" pas le jeu de l'euro, de la dette et de son appartenance à l'Union, se substituent d'une façon incroyablement peu diplomatique aux décisions que pourraient prendre l'UE ou les autres Etats-membres.
Apparemment, c'est l'Allemagne qui se croit habilitée à parler au nom de l'Europe toute entière. Ya wohl mein Fürher .

Qui plus est c'est l'Allemagne qui se croit habilitée à intervenir dans le fonctionnement d'un Etat souverain, précisément avant des élections qui pourraient s'avérer déterminantes pour le sort de la Grèce...et à terme de quelques Etats dans son cas. Bien entendu, Hollande en cette affaire n'a pipé mot. Devait-il approuver ou contredire la Chancelière? Vaste problème qu'il valait mieux éviter.

On objectera que Syrisa ne cherche qu'à faire monter les enchères, sans aucune intention de mettre ses menaces à exécution en cas d'élection. Les Grecs en ont fait d'autres. Il n'empêche. L'Allemagne se découvre en montrant que c'est bien elle qui gouverne l'Europe. Syrisa ou pas, ceci devrait être condamné unanimement.

Mise à jour au lundi 5 janvier 21h.

Les valeurs boursières ont perdu le lundi 5 janvier entre 3 et 5% de leur valeur. De son côté, l'euro est tombé sous le seuil de 1,20 dollar pour la première fois en près de neuf ans. Les marchés sont inquiets de la faiblesse de la croissance européenne mais surtout des déclarations de Angela Merkel concernant une possible sortie de la Grèce de la zone euro. Il est évident que cette sortie poserait d'innombrables problèmes juridiques et financiers, générerait des instabilités en chaine dans l'activité économique, et donnerait inévitablement lieu à des spéculations de grande ampleur, à la hausse comme à la baisse, qui décourageraient les investisseurs plus encore qu'ils ne le sont.

Ceci dit, la baisse de l'euro, à supposer qu'elle soit durable, devrait favoriser les pays exportateurs. L'Allemagne en premier lieu, mais aussi quelque peu la France, dans le domaine notamment de l'aéronautique et de la défense. A plus long terme, il est difficile de prévoir ce que deviendrait la zone euro en cas de sortie de la Grèce, suivie par celle de quelques pays lourdement endettés et à croissance nulle.

En bonne logique, la Chancelière Merkel pourra être tenue responsable d'un chaos généralisé, si celui-ci s'établissait à la suite de sa déclaration. Les mauvais esprits pourront se demander si cette dernière, loin de relever d'une naïveté, ne visait pas à favoriser des mouvements spéculatifs susceptibles de renforcer la position dominante de l'Allemagne en Europe. Affaire à suivre dans les prochains jours.

05/01/2015
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