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Le dollar...et l'euro?

Vous avez attiré l'attention de vos lecteurs sur un article de Rémy Covarel, repris par La Synthèse on line Un dollar interstellaire http://www.lasyntheseonline.fr/changes/panorama_des_changes_du_g20/un_dollar_interstellaire,31,4135.html. L'auteur y explique (en termes un peu techniques pour le grand public) que le dollar, loin de subir la déstabilisation pronostiquée par ceux qui suivent avec intérêt les objectifs dits de « dédollarisation » entrepris par certains acteurs du BRICS, Russie et Chine, n'a jamais été aussi fort.

Il conclut : " Oui le dollar US est apparu plus fort cette semaine et encore et toujours le centre galactique dans l'univers des monnaies. À tel point que plusieurs et non des moindres essaient de s'affranchir de son attraction et d'éloigner leur orbite bien aidées par leurs banques centrales respectives (EUR, JPY, KRW,..). D'autres subissent son rayonnement et voient leur atmosphère s'assécher (RUB, BRL). Quant à la monnaie chinoise, je vous laisse choisir entre savoir si c'est le trou noir de notre univers ou juste l'antimatière du roi dollar."

J'estime pour ma part que l'article, animé d'un prosélytisme pour le dollar que tous ne partagent pas, rassemble en fait un certain nombre de banalités liées au fait que le dollar a plutôt le vent en poupe aujourd'hui du fait de l'amorce de durcissement de la politique monétaire de la FED, et que certains pays cités connaissent des situations économiques ou politiques momentanément difficiles. J'estime ainsi que l'affirmation "Qui dit baisse des taux ou augmentation de la masse monétaire en circulation dit baisse de la valeur de la devise concernée...", n'est pas acceptable par qui a un minimum de connaissance pratique du fonctionnement du marché des changes.

Concernant le rôle prééminent du dollar, le fait de ne considérer que des parités  "dollar contre autre devise" lui donne évidemment un rôle central; il serait cependant intéressant d'insister sur la relative force de l'euro contre sterling, et sur la remarquable stabilité de l'euro/suisse , ainsi que sur la particularité de la parité dollar/yuan, fixe par définition, car le yuan n'est pas une devise, mais une monnaie administrée accrochée au billet vert.

L'arme de l'euro

 J'ajoute pour ma part que cette fascination pour le dollar de la part de certains commentateurs, très analogue à celle pour  les Etats-Unis de la part des autorités de Bruxelles ou de Paris, a quelque chose d'exaspérant; il serait temps que l'euro, de fait première devise mondiale en termes de masse monétaire, de stabilité depuis 11 ans, et de volume d'émissions obligataires, soit enfin remis en direct au service des économies de la zone "euro", par une action politique des Etats face aux banques. Cette action, que j'ai souvent souhaitée ici, devrait accompagner le travail actuel de M. Draghi, en les obligeant à prêter sans trop de restriction aux acteurs de base de l'économie (PME et ménages), par le biais de " packages" adaptés qui n'existent pas actuellement dans les guichets bancaires. Mais ce serait là « attenter à la liberté de décision du pouvoir bancaire » à l'en croire ses représentants

Par ailleurs, je maintiens mon idée consistant, pour éviter la déflation, à faire distribuer par la BCE à toutes les PME  (< 1 M € de CA) et à tous les ménages de la zone  euro une "subvention de reprise", pour un montant global de 5 % du PIB, soit environ 500 milliards (20 000€ par PME et 3000€ par ménage) qui aurait comme contrepartie un compte "soutien à l'économie européenne", et non un compte "dette des Etats" . Il ne serait pas remboursable.

Nous avons avec l'euro et la BCE une" arme financière  nucléaire massive" de relance de l'économie européenne, dont nous ne nous  servons pas, à cause de l'ignorance (ou de la volonté délibérée) de nos dirigeants politiques, Allemagne et France en tête (sans bien sûr parler des politico-administratifs composant les instances de l'Union Européenne).

Je répète, en termes un peu plus vifs, que nous avons avec l'euro à la fois un trésor pour relancer l'économie et une arme formidable de conquête vers nos voisins proches ou éloignés, Nous hésitons trop à l 'utiliser, pour des raisons essentiellement d'incompétence extrême de notre personnel politique, qui n'y comprend rien, et qui se laisse enfumer par le camp anglo-américano-mondialiste. Celui-ci tient à tout prix, et ce depuis plus d'un siècle, à ce que l'Europe continentale n'existe pas en tant que puissance politique, comme l'a si bien exprimé Jean-Claude Empereur dans son récent et remarquable article sur ce site.

25/11/2014
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