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L'Iran et la Russie vont signer un accord pour la construction de deux centrales nucléaires

Le chef de l'Agence iranienne pour l'énergie atomique Ali Akbar Salehi devait ( à la date où nous écrivons, le 10/11/2014) se rendre à Moscou le 12/11 pour signer un accord concernant la construction par la Russie de deux centrales nucléaires nouvelles sur la côte iranienne du golfe


D'une puissance de chacune 1000 mégawatts, ces centrales complèteront celle de Bushehr, également de construction russe, retardée pendant des années sous les pressions américaines et israélienne. L'Agence avait précédemment annoncé vouloir construire une totalité de 20 centrales, pour diminuer la dépendance de l'Iran au pétrole, dont elle est pourtant très riche. Téhéran avait cependant réaffirmé ne pas vouloir construire d'arme nucléaire, promesse à laquelle pour sa part Israël n'a jamais cru.

Cette annonce survient peu après que Georges Kerry ait prévenu le ministre iranien des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif qu'il n'avait plus que quelques jours pour répondre de façon satisfaisante au « groupe des six +un  », conduit par les Etats-Unis, exigeant suffisamment de garanties concernant la non-utilisation à titre militaire d'uranium enrichi par l'Iran. Il semblerait que des deux côtés les négociations se soient durcies et qu'un constat d'échec des négociations soit désormais envisageable. Auquel cas l'Iran verrait reprendre contre elle des sanctions occidentales qui n'avaient d'ailleurs jamais été complètement levées.

Comme prévisible,les « sanctions » décidées par l'Amérique, tant à l'égard de la Russie que de l'Iran, ont conduit ces deux pays à se rapprocher. Ils ont conclu un certain nombre de contrats leur permettant de valoriser leurs ressources respectives. Leur coopération renforcera l'établissement d'une axe Moscou-Téhéran-Damas dans le golfe persique. Il viendra contrebalancer le monopole d'influence que s'était donné l'Amérique dans cette région, en coopération avec l'Arabie et les Emirats.

La politique absurde de sanctions contre la Russie décidée par Washington dans le but évident de déstabiliser Vladimir Poutine a entrainé d'importants conséquences négatives pour l'économie russe. L'économiste Patrick Arthus en a fait récemment le recensement (Voir artus_forte_degradation_economie_russe_les_consequences_6_nov_14-9599.pdf ) Il était prévisible dans ces conditions que la Russie soit conduite à rechercher des perspectives de coopération dans de nouvelles directions. Elle l'a fait depuis longtemps déjà avec les pays du Brics, comme nous en avons plusieurs fois informé nos lecteurs. Elle le fera de plus en plus avec l'Iran, qui sera peut-être invitée à rejoindre le groupe des Brics.

L'Europe sera perdante sur tous les tableaux. D'une part les « sanctions » l'affectent elle-même durement. D'autre part, sous les pressions américaines, elle ne fera pas l'effort de se rapprocher du Brics, malgré les effets favorables qu'aurait pour les deux parties un tel rapprochement.

Dans les jours qui viennent, il est prévisible que la situation diplomatique an Moyen Orient se dégrade sensiblement, au cas où aucun accord des six avec l'Iran dans le domaine de l'armement nucléaire ne puisse être signé. Les conséquences à venir en seraient certainement très importantes, y compris en ce qui concernerait la position qu'adopterait Israël.

10/11/2014
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