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Relancer la croissance en Europe par un TRES grand projet sur l'énergie propre

Un TRES grand projet sur la production d'électricité à partir de sources renouvelables serait, bien mieux que des soutiens à l'industrie automobile ou au logement, capable de relancer l'activité et l'emploi en Europe

Un TRES grand projet européen sur l'énergie propre  comporterait  plusieurs volets  parallèles :

- Lancer des maintenant les investissements permettant de remplacer dans un délai de 10 à 20 ans toutes les sources d'énergies provenant du pétrole et du gaz (énergies fossiles). Il s'agirait d'y substituer partout de l'énergie électrique. Nous montrons ci-dessous que les nouvelles données concernant les capacités des sources d'énergie renouvelables, compte tenu du progrès technique, montrent que ceci n'est pas irréaliste.

- Lancer en parallèle les investissements permettant de réaliser des économies d'énergie dont la valorisation en terme de production correspondrait en permanence à 30% de la production globale. De nouvelles données montrent là aussi que les progrès dans les technologies d'économies d'énergie rendent cet objectif tout à fait accessible.
 
- Financer les deux séries d'investissements nécessaires pour mener à bien  ces projets par des économies sur les dépenses d'énergies fossiles, des retours sur investissements dans le domaine des énergies propres ou des économies d'énergie et,  pour assurer les soudures,  de grands emprunts à long terme garantis par les Etats.

Pourquoi parler d'un projet européen ? Parce que l'Europe a besoin, pour conforter son identité comme, si l'on peut dire sans outrecuidance, sa mission civilisatrice, d'un programme de cette nature. Les Etats-Unis vont sans doute s'engager rapidement dans des actions analogues. Il en sera de même des grands pays émergents. Mais si l'Europe ne vise pas dès maintenant à se positionner en tête de ces Etats-continents, elle perdra le peu qui lui reste d'indépendance économique et politique. Ce serait d'autant plus inacceptable qu'elle dispose d'atouts scientifiques, industriels et naturels considérables, lui permettant de mener la course en tête.

On parle à juste titre aujourd'hui en Europe du besoin de relancer massivement les PME innovantes, intervenant notamment dans les secteurs technologiques. Les développements en matière d'électricité verte, nécessairement très décentralisés, relèvent parfaitement de ce besoin. Un plan de 300 à 600 milliards d'aides aux investissements correspondants serait le meilleur instrument d'une telle relance.

Ajoutons, en termes géopolitiques, que les pays s'engageant dans cette course à l'abandon des énergies fossiles couperont progressivement le lien de dépendance qui les relie aux pays producteurs, lesquels sont en train d'en faire une véritable machine de guerre contre eux. C'est ce que démontent les  investissements pharaoniques que consentent actuellement les pays pétroliers  du Golfe, à partir des sommes versées par les consommateurs de pétrole.  Les occidentaux ne s'en rendent pas compte, qui voient là une occasion de payer leurs factures en pétrole en fournissant en échange leurs compétences technologiques. Or l'objectif clairement affiché des pays du Golfe  est de faire de la  région le centre scientifique, technologique intellectuel et ...religieux  du monde. C'est évidement leur droit le plus strict, mais l'Europe, la première menacée, devrait ne pas entrer dans ce jeu si elle voulait sauvegarder sa civilisation.

Quelques données statistiques


Pour rendre le projet européen évoqué ici crédible, il faut fournir quelques éléments quantitatifs. Nous nous limiterons aux perspectives offertes par les sources d'énergie renouvelables, hors nucléaire (le nucléaire fournissant des ressources complémentaires aux pays disposant déjà d'une compétence dans ce domaine difficile). L'énergie est évaluée en puissance électrique, étant entendu que très rapidement, la possibilité d'utiliser l'électricité, après transformation,  à la propulsion de tous types de véhicules, y compris les aéronefs, fait l'objet de développements très prometteurs.

Nous n'avons pas estimé ici les gains résultants de programmes d'économies d'énergie, qui nécessitent des actions plus diversifiées et plus décentralisées, associant pratiquement chaque citoyen. 

Sans entrer dans les détails, voici donc quelques chiffres aujourd'hui disponibles (source NewScientist, 11 octobre 2008, p. 28):

Si nous prenons comme unité de base le watt/heure, énergie électrique consommée par le fonctionnement d'un appareil électrique pendant 1 h, un poste  de télévision ordinaire consomme 150 watts/heures. Une éolienne de 10 mégawatt produit 10.000 mégawatt/heure, ce qui correspond à la consommation de 10.000 logements de taille moyenne.

Si nous calculons en Térawatts (le Térawatt correspond à 10 puissance 12 watts soit 1. 000.000.000.000)
-  la totalité de l'énergie électrique générée dans le monde aujourd'hui est de 19.014 TWh.
-  la totalité de l'énergie électrique générée à partir de sources renouvelables (hors nucléaire) est de 4.33 TWh – ce qui est très peu.
-  la totalité de l'énergie électrique qui pourrait être générée annuellement  à partir de sources renouvelables pourrait être de 310.000 TWh.
- la production actuelle et la production potentielle par source d'énergie se répartirait ainsi :
géothermie 58 et 138.000  -  éolien 130 et 106.000  - Solaire 4 et 43.000 – biomasse 2e génération 239 et 23.000  -  marées 0,5 et (non estimé).

Les besoins seraient donc largement couverts. Mais il est évident que toutes les sources potentielles ne seront et ne pourront pas être exploitées. Il en restera suffisamment pour soutenir une montée en puissance de la production capable de prendre rapidement le relais de la production d'énergie à base de pétrole et de gaz.

Il faudra aussi compter sur les progrès continus des méthodes de production, des méthodes de stockage, des méthodes de gestion de la consommation et de la répartition. Celles-ci feront  notamment appel aux technologies de la demande dynamique (dynamic demand) et du réseau intelligent (smart grid). Plus le réseau est étendu, plus son efficacité dans le croisement des sources pour faire face aux pics de production et de consommation est grande.

Les matières premières nécessités par la production industrielle de ces diverses solutions ne sont pas particulièrement abondantes ni bon marché, mais elles ne sont pas menacées de rupture d'approvisionnement à moyen terme, comme l'est le pétrole.

Les laboratoires et les industriels européens sont déjà (et pourraient devenir encore plus efficaces qu'ils ne sont avec un peu d'aide) dans la mise en œuvre de ces diverses énergies. Le continent européen dispose par ailleurs, étant situé en zone tempérée, d'une large variété et complémentarité des diverses ressources nécessaires. Les emplois créés pourront résorber sans difficulté les excédents de main-d'oeuvre libérés par le progrès technique dans d'autres domaines.
 
L'Europe s'est donnée pour objectif une production d'énergie électrique provenant des renouvelables de 20% de sa production totale en 2020. Les autres grands pays visent des objectifs voisins. Nous considérons que cet objectif n'est pas acceptable, car totalement insuffisant.

Si l'Europe ne modifie pas radicalement en hausse ces objectifs, en visant comme indiqué ci-dessus 100% des besoins vers 2030, elle manquera l'opportunité historique de prendre la tête des Etats capables de construire le monde de demain. La crise financière actuelle, et la crise économique qui se profile derrière, offrent une opportunité exceptionnelle à saisir pour faire passer un TRES grand programme de cette nature et accélérer la conversion des différentes activités économiques européennes vivant encore du pétrole.







16/10/2008
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