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L'omni-surveillance

Il est connu de chacun d'entre nous, ou tout au moins admis, que les services d'espionnage utilisent des satellites au pouvoir de résolution de plus en plus grand pour surveiller nos activités. Ils font de même avec des caméras embarquées sur des drones de plus en plus difficilement détectables.
Ceci à titre militaire, mais aussi civil, puisque les services de renseignements officiels sont censés pouvoir tout observer. Ils sont aussi censés faire un usage déontologique de ces informations. Or ceci est moins certain, comme l'ont montré, entre autres, les révélations de Edward Snowden à propos de la NSA américaine. Celui-ci vient de réitérer, en mettant cette fois-ci directement en cause les services secrets britanniques, qui sont selon lui les plus engagés dans la cyber-surveillance.

Mais l'on sait moins que dorénavant un certain nombre de professions cherchent à obtenir ces informations pour les utiliser au service de leurs activités. Il s'agit d'activités commerciales (non sans liens pourtant avec les services d'espionnage officiels) , comme celles des grandes entreprises du web, dont Google est la plus connue (Google Earth). Mais il s'agit aussi de professions juridiques. De plus en plus, celles-ci demandent à présenter des données recueillies par satellite ou par drone à titre de preuve dans des procès civils ou criminels.

En Grande Bretagne, une première agence de renseignement utilisant des images satellitaires ou aériennes vient d'être constituée. L'un de ses fondateurs est un juriste, l'autre un ingénieur. Il s'agit de Air and Space Evidence. http://www.space-evidence.net/

Leur objectif ne se cache pas. De plus en plus d'images sont disponibles en vue d'utilisations civiles. Mais elles sont souvent difficiles à interpréter. Par ailleurs elles s'accumulent dans de vastes bases de données dont il faut savoir les extraire. Ceci nécessite des experts en interprétation de données numériques, travaillant en coopération avec des juristes. Par ailleurs, la jurisprudence concernant la recevabilité de telles données à titre de preuve varie d'un Etat à l'autre, voire d'une cours à l'autre. Il faut donc savoir plaider. Mais les experts prévoient que l'amélioration continuelle des images obtenues, et la multiplication des moyens satellitaires et aériens permettant de les obtenir fera naître de vastes marchés.

En bonne logique, ce phénomène obligera  à poser tout à fait sérieusement la question de la protection des libertés individuelles. On peut imaginer en effet un temps où ce que chacun fera chez lui, à l'extérieur ou à l'intérieur de son domicile (avec certaines méthodes relevant de l'imagerie thermique), sera désormais connu. Ceci s'ajoutera aux moyens déjà largement pratiqués permettant de pister les individus à travers leurs activités sur internet ou géolocalisables. Ceci dépassera également les capacités déjà largement admises des caméras de surveillance (CCTV) .

Que l'espace public soit surveillé est désormais admis. Que chacun puisse l'être par chacun dans son espace privé le sera moins. D'autant plus que les surveillants ne seront pas nécessairement animés des meilleures intentions. Ce sont cependant de telles pratiques qui sont en train de se mettre en place.

Voir Article du NewScientist http://www.newscientist.com/article/mg22429902.900-worlds-first-space-detective-agency-launched.html#.VD5FQBaBoq9

15/10/2014
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