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Pour une renaissance du complexe militaro-industriel français.

Dans un interview traduit et publié par le saker.fr, le vice-Premier ministre russe Vladimir Rogozine expose la nouvelle stratégie russe pour relancer les industries de défense et, à cette occasion, orienter toute l'économie russe civile vers les développements incorporant les nouvelles sciences et technologies.
La démarche n'a rien d'original. Elle est appliquée systématiquement aux Etats-Unis, sous l'influence de ce que l'on nomme le complexe militaro-industriel et politique qui gouverne à Washington, via le président et le Congrès. Elle fut un temps appliquée en France, principalement à l'instigation du président De Gaulle. On lui doit ce qui demeure encore de fleurons dans l'industrie et dans l'économie française, qu'elle soit civile ou militaire. Elle a été totalement abandonnée depuis. Les autres pays européens en sont également dépourvus, ce qui explique leurs faiblesses, Allemagne compris, en matière de stratégies politiques à l'échelle mondiale. Celles-ci mêlent nécessairement les arguments diplomatiques et ceux découlant d'une puissance industrielle militaire forte.

Pour Vladimir Rogozine, la modernisation de ce qu'il nomme sans fausse honte le complexe militaro-industriel russe passe par le remplacement progressif d'armements devenus obsolètes et inopérationnels, par de nouvelles armes utilisant toutes les ressources des nouvelles technologies dites NBIC (nano, bio, info et cognotechnologies) Dès le début des années 2000, les Etats-Unis avaient annoncé vouloir en investissant systématiquement dans ces secteurs se donner la maîtrise du monde nouveau, tant sur Terre et sur mer que dans l'espace. C'est ce qui s'est passé. Les retombées de l'effort consenti ont été duales, militaires et civiles. La domination quasi absolue qu'exerce aujourd'hui l'Amérique dans le domaine de l'électronique, de l'internet et de l'espionnage électronique en découle.

Le complexe militaro-industriel russe

Manifestement, Dmitri Rogozine et le complexe militaro-industriel russe, soutenus par Vladimir Poutine, ont compris la leçon. Le vice-Premier ministre, dans l'interview auquel on se reportera, expose un programme couvrant tous les domaines des NTIC appliqués aux industries militaires ou civilo-militaire. Il devrait en résulter des investissements considérables, une relance des emplois techniquement qualifiés et finalement des taux de croissance supérieurs à 5% par an. L'industrie plus traditionnelle, comme les services, en profiteront également.

Les sceptiques douteront que le gouvernement russe puisse mettre en oeuvre un tel programme. Ce ne sera pas les compétences humaines qui manqueront, y compris celles importées de pays européens dont la France embourbés dans la crise, mais les ressources financières. Or, comme nous l'avons souvent exposé, les ressources financières et, plus généralement économiques, ne manquent pas en Europe. Il faudrait seulement qu'émergent des politiques volontaristes décidées à les mobiliser. Il en est de même en Russie. Certes, les dépenses de consommation non essentielles devront un temps être réduites en proportion. Ceci, dit-on, les populations européennes, ne l'accepteraient pas. Il est certain que la population russe, plus habituée aux privations, et surtout plus patriote, le fera.

Nous pensons pour notre part que si le gouvernement français actuel disposait d'un minimum de sens politique à long terme, il relancerait le complexe militaro-industriel français, en s'efforçant d'y associer les autres pays européens, dont les complexes militaro-industriels sont aujourd'hui très affaiblis, mais pourraient reprendre de la vigueur, en coopération ou en concurrence avec la France. Mais comment diront les bonnes consciences et autres ONG humanitaires, financer des armes de mort alors qu'il y a tant de besoins par ailleurs. Parce que précisément, comme nous venons de le rappeler, les deux démarches sont complémentaires.

Encore faudrait-il que le gouvernement français se libère de son addiction aux intérêts atlantistes. L'Amérique vise actuellement à déposséder l'Europe de toutes ses compétences de pointe, notamment par le biais du futur Traité de Libre-échange transatlantique. Elle ne laissera pas faire. Elle finance en France assez d'ONG pseudo-pacifistes pour agir sur l'opinion et décourager la relance des industries militaires. Mais elle a aussi des moyens d'actions plus puissants: c'est la diplomatie du dollar, des ONG et des services secrets, très active en Russie même.

Voir Dmitri Rogozine, interview, vidéo et traduction
http://www.vineyardsaker.fr/2014/10/04/video-dmitri-rogozine-vice-premier-ministre-federation-russie-expose-strategie-russe-face-aux-sanctions-loccident/

 

04/10/2014
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