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Hong Kong, une nouvelle place Maidan ?

Ce bruit court avec insistance. Nous ne pouvons précisément vérifier sa véracité, compte tenu de nos moyens d'information limités. Il n'est pas interdit cependant de lui donner écho, pour suivre plus attentivement la suite des évènements Mais de quoi s'agirait-il?
Rappelons que, par le terme de révolution de la place Maidan, l'opinion occidentale désigne les manifestations s'étant produites à Kiev il y a quelques mois et ayant entrainé la chute du président prorusse de l'époque, remplacé par un président pro-occidental dit aussi « roi du chocolat » compte tenu de ses intérêts personnels dans ce domaine. Or cette révolution, présentée sur le moment par des forcenés du type de Bernard Henri Lévy, comme une explosion de la démocratie enfin revenue à Kiev, s'est avérée avoir résulté en sous-mains de manoeuvres à la limite du terrorisme conduites par des groupes de mercenaires financés par la CIA, afin d'affaiblir l'influence russe dans ce pays, et de compromettre l'image de Poutine.

L'opération se poursuit actuellement dans le cadre des combats sanglants qui se mènent entre pro-russes et troupes gouvernementales dans le Donbass et en Ukraine russophone. Poutine en est effectivement affaibli, car il est pris en deux maux: intervenir militairement au delà des frontières de la Fédération de Russie, ou laisser-faire les répressions gouvernementales.

Dans un article précédent (Le double jeu américain http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1506&r_id= ), nous indiquions que, selon diverses informations, Washington se préparait à mener contre la Chine, devenue, en second rang après la Russie, son nouvel ennemi héréditaire, une opération du même type que celle qui lui avait si bien réussi à Kiev: susciter dans certaines provinces des manifestations populaires qui permettraient d'ébranler le régime. Nous évoquions le soutien donné à des indépendantistes musulmans ouïghours. Mais en fait il paraît très probable que Washington ait décidé de s'en prendre à une autre des faiblesses du régime, le statut du Territoire de Hong Kong. Ne revenons pas ici sur l'historique de ce que certains avaient appelé l'annexion de l'ex-colonie britannique. Elle avait suscité de nombreuses opposions, venues de différents milieux. Mais finalement l'actuel système dit « deux systèmes, un pays » auquel est soumis le territoire paraissait satisfaire l'ensemble des parties.

Or les médias du monde entier ont pu constater que depuis quelques jours, des foules nombreuses, composées principalement de manifestants se disant en lutte pour la démocratie, avaient occupé divers lieux sensibles, notamment Central et Admiralty, centres financiers situé non loin du siège du gouvernement. Les manifestations se veulent pacifiques. Cependant des échauffourées ont déjà eu lieu avec les forces de police. Aujourd'hui 1er octobre, les manifestants pro-démocratie sont toujours fortement mobilisés, à la veille de la fête nationale chinoise, refusant de répondre aux appels à la dispersion lancés par le chef de l'exécutif, présenté comme aux ordres de Pékin par les plus activistes d'entre eux.

Nous n'examineront pas ici la légitimité de ces manifestations, ni le contenu des réformes politiques qu'elles demandent, promises après la rétrocession à la Chine de la colonie en 1997. Il est difficile par ailleurs d'évaluer le soutien populaire qu'apporte le reste de la population à ces revendications. Il est certain cependant que la confrontation des manifestants avec les forces de police est localement très électrique, et pourrait rapidement dégénérer en batailles rangées dont l'issu, comme toujours en de telles situations, serait incertain.

Ce qui est certain par contre est que les Etats-Unis n'avaient pas manqué depuis longtemps de mener à Hong Kong et dans d'autres régions proches des actions du même type que celles ayant provoqué ces dernières années le succès des révolutions dite orange aux frontières de la Russie. Il s'agit de ce que l'on peut qualifier de diplomatie du dollar et des services secrets. Les officiels chinois ont dénoncé ces manoeuvres et appellent à la résistance. Le département d'Etat n'hésite plus dorénavant à se confronter directement avec eux sur le plan diplomatique. Quelque soit la sympathie que l'on puisse éprouver pour les manifestations en faveur de la « démocratie » à Hong Kong, on ne peut s'empêcher de constater qu'elles offrent aux bellicistes américains de nouvelles occasions pour étendre à certaines parties de l'Asie jusque là préservées la domination du Système.

Affaire donc à suivre attentivement, notamment au regard de ce qu'il pourrait en résulter sur l'avenir du BRICS et des offensives anti-dollar envisagé par ce dernier, ainsi que sur la façon dont réagira l'OCS (Organisation de Coopération de Shanghai) .


* On lira sur ce sujet un article assez convaincant que vient de publier le site activiste américain Zero Hedge
http://www.zerohedge.com/news/2014-10-01/us-secretly-egging-hong-kong-protesters


 

01/10/2014
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