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Obama s'en va-t-en guerre au Moyen Orient

Il y a quelques jours, Obama dit aussi la Catastrophe, rassurait tous ceux s'intéressant à l'avenir de ce chaudron de sorcières qu'est devenu - par sa faute - le Moyen-Orient. Il annonçait que face à la montée du prétendu Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) dont il avait été précédemment l'accoucheur en inondant de dollars les islamo-forcenés regroupés par la suite sous ce nom, il n'avait pas de stratégie. Bonne nouvelle.


Autant de nouvelles catastrophes nous seront ainsi évitées, avait-on pensé. Qu'il reste à Washington en se distrayant sur ses terrains de golf, nous aurons peut-être un peu de répit. D'ores et déjà les connaisseurs de la région prévoyaient que les disputes entre califes auto-proclamés et apprentis califes se généralisant, la tension sur les pays voisins retomberait d'un cran sans interventions extérieures.

C'était espérer trop tôt. Hier mercredi Obama s'est réveillé en annonçant au monde que la virilité stratégique venait de lui revenir. Il avait pris de grandioses décisions. Tout d'abord, ne pas envoyer de troupes américaines sur le terrain. Trop dangereux et mal vu de son électorat. Par contre tenter de former une coalition hétéroclite de pays arabes ayant quelque chose à craindre de la formation d'un émirat renforcé 1) Bonne idée mais qui restera sans doute lettre morte compte tenu des importants effectifs de djihadistes opérant dans chacun de ces Etats, djihadistes que les gouvernements auront tous une raison ou une autre de ménager. Compte tenu par ailleurs des intérêts divergent opposant les membres de cette coalition, notamment les pétro-monarchies aux autres états.

Pour assurer l'ardeur combattante de ces gouvernements, il s'engage à leur apporter des aides diverses, en dollars et en armements, qui se retrouveront très vite, au terme des parcours tortueux caractérisant l'Orient compliqué, aux mains des militants de l'EIIL.

Faire tomber Bashar al Assad

Enfin, cerise sur le gâteau, Obama a fait connaître son intention de continuer à équiper en armes les milices hétéroclites qui combattent Bashar al Assad. Ainsi serait renversé le seul chef d'Etat capable, en sa qualité d'alaouite, de contrer le cocktail de sunnites et de chiites qui tentent actuellement de constituer le califat. Bien entendu, en cas de succès de la brillante manoeuvre tentée par Obama, la chute de Bashar se traduirait immédiatement par un fleuron syrien s'ajoutant au califat en formation.

Évidemment, Obama, dans sa nouvelle et brillante stratégie, n'a tenu aucun compte de la nécessité d'une concertation avec les deux acteurs incontournables dans la région que sont l'Iran et la Russie, par ailleurs « amies «  de Bashar. Il est très prévisible que celles-ci verront d'un oeil moins que favorable se mettre en place la nouvelle stratégie d'Obama.

L'Iran, la Russie et sans doute en arrière plan la Chine ne peuvent pas se réjouir du premier effet qu'elle aura, le recrutement accéléré de « bataillons d'égorgeurs » résultant de l'aura ainsi donné par Obama aux califes et futurs califes: faut-il qu'ils soient guidés par Allah pour justifier à eux seuls l'entrée en guerre de la première puissance militaire du monde – dont soit dit en passant, les frappes aériennes et les drones continueront à tuer plus de civils que de militants, comme cela fut toujours le cas. Et quel renommée aussi dans les banlieues européennes.

Obama, au moins dans sa déclaration officielle, n'a pas indiqué quels appuis allait recueillir la « guerre implacable » qu'il souhaitat mener de la part de ses « alliés » européens. Sans doute compte-t-il sur l'enthousiasme de ses plus fidèles disciples, dont la France, pour envoyer aussi des armes voire des hommes sur le terrain. Nous attendons avec curiosité ce que pourra dire ou ne pas dire à ce sujet le président français, lors de sa petite promenade de santé en Irak.


1) L'infatigable John Kerry en fait actuellement le tour. Il s'agit des Arabie saoudite, Bahrein, Emirats arabes Unis, Koweit, Oman, Qatar, Liban, Egypte, Jordanie, Irak et Turquie. Bon courage.


11/09/2014
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