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Honte d'être français. Réveille toi De Gaulle

Nous avions pu conserver, sinon de l'admiration, du moins un certain respect pour ceux qui nous gouvernent lorsque, il y a quelques semaines, François Hollande, suivi de Laurent Fabius, avait répondu face aux pressions d'Obama et de Cameron qu'un contrat était un contrat, et qu'il n'était pas question pour la France de renier tant son engagement juridique que le minimum de bonnes relations devant régner entre Etats qui ne sont pas en guerre.

C'était trop attendre. En prévision des vitupérations américaines, annoncées pour le prochain sommet de l'Otan au Pays de Galles, notre gouvernement a choisi de se coucher avant l'heure. Dès ce soir, Hollande a annoncé que le contrat concernant les deux Bâtiments de Projection et de Combat (BPC) signé avec la Russie serait suspendu, en attendant très vraisemblablement d'être totalement violé par un refus définitif de livrer le Vladivostok, déjà pourvu d'un équipage russe, et le second porte-hélicoptère, en cours d'assemblage(avec une poupe russe) dans les Chantiers de St Nazaire, tous deux navires rappelons-le, déjà payés par les Russes.

Ceci pour « punir » Poutine de vouloir contribuer à l'officialisation de l'autonomie des provinces russophones de l'Ukraine, rebaptisées déjà par les autonomistes, avec un soutien affirmé de la population, la Novorussia. Rappelons pourtant qu'il ne s'agirait là que d'une mesure de bon sens, recommandée dès le début du conflit par un homme aussi modéré que Hubert Védrine, modéré mais que n'aveugle pas l'hystérie anti-russe.

Or cette hystérie, qui n'était pas dans la nature des Français, est en permanence alimentée par Obama. Nous avons plusieurs fois rappelé que le désir profond d'Obama et du lobby militaro-industriel américain a toujours été d'anéantir la Russie en tant qu'état, le tort de Moscou étant de posséder un arsenal nucléaire équivalent à celle de l'Amérique. Certes, Obama, prudent, ne va pas prendre le risque d'affronter militairement les Russes. Il pousse par contre en avant les gouvernements décervelés de Pologne et des Etats Baltes. Ceux-ci sont prêts à prendre les risques d'une guerre mondiale pour affronter la Russie, sans même se poser la question de savoir si la Russie d'aujourd'hui mérite encore d'être traitée en ennemi héréditaire.

Obama à Tallin. Pourquoi pas Hollande à Ferguson?

Aujourd'hui mercredi, Obama, dans un cortège de courbettes, est venu à Tallinn, Estonie pour une visite destinée à « rassurer les Baltes » qui, prétend-il craignent pour leur sécurité – comme si Poutine pourrait prendre le risque insensé d'y envoyer des chars russes. On aurait espéré que l'Allemagne, la France et les pays latins, moins intoxiqués par la propagande anti-russe que ne le sont nos voisins de l'est-européen, , auraient expliqué à Obama qu'il n'avait rien à faire dans cette partie du monde. Qu'il aille plutôt traiter les problèmes à répétition que l'Amérique rencontre chez elle. Mais les éclairs au chocolat qui nous gouvernent ont préféré prendre les devants. Le sommet de l'Otan dans ces conditions s'annonce bien. Tous les membres pourront à l'unanimité prendre des dispositions militaires à l 'encontre de la Russie qui ressembleront fort à des déclarations de guerre.

Nous avons honte d'être français. Que de Gaulle n'est-il encore vivant, lui qui avait pris la décision historique de sortir de l'Otan. Demain, auréolée de sa décision de suspendre les contrats concernant les BPC, et fière de sa résignation à en supporter les innombrables conséquences internationales, par exemple en ce qui concerne le contrat indien Rafale tant espéré qui sera dorénavant très fragilisé, la carpette en chef qu'est devenue la France pourra peut-être recevoir sa récompense. Quelque chose comme le commentaire condescendant par lequel Obama a dit ce soir « la féliciter pour une décision qui s'imposait ».

Post-Scriptum. Concernant les Mistral russes à Saint Nazaire, observons, détail révélateur, que depuis l'arrivée de l'équipage russe, les autorités françaises avaient imposé à la population de St Nazaire de se comporter avec lui d'une façon bien plus froide qu'elle ne le faisait avec les marins de la Kriegsmarine pendant la guerre. Les gens de mer s'en scandalisaient, comme d'ailleurs les syndicats des Chantiers. Jamais dans un port de telles non-réceptions avaient été réservées à des équipages étrangers.

03/09/2014
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