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Mini-sommet. L'Europe du désordre financier et économique

En attendant les résultats du mini-sommet du samedi 4 octobre à l'Elysée, qui devrait proposer une réponse commune des pays européens à la crise financière comme à la crise économique qui se profile derrière, on ne peut que constater le triste spectacle qu'a déjà donné l'Europe face à la crise financière. Il s'agit vraiment de l'Europe des égoïsmes et de l'impréparation.

On sait comment se présentait la situation au matin du 4 octobre :

- inadmissible trahison (le mot n'est pas trop fort) du gouvernement irlandais qui venait d'annoncer mercredi qu'il garantissait pendant 2 ans l'intégralité des dépôts de   six grandes banques irlandaises. La démarche est si étroitement nationaliste que même les banques anglaises installées en Irlande ne seraient pas bénéficiaires de ce dispositif, au grand mécontentement de Gordon Brown. Le risque est que les déposants européens transfèrent leurs capitaux dans les banques irlandaises, en mettant en péril les banques européennes. On ne sait ce qu'attend la commission pour condamner une pratique si manifestement anti-concurrentielle. L'Irlande présente depuis quelques mois une telle volonté de s'exclure de la construction européenne (tout en profitant de ses avantages)  que l'on ne comprend pas la bienveillance des autres Etats-membres. Dans un monde moins policé, on lui aurait depuis longtemps montré la porte de l'Union. 

- proposition mal préparée et mal annoncée faite par Nicolas Sarkozy, soutenue par la Hollande et la Belgique, visant à constituer un fonds fédéral européen de 350 mds pour renflouer les banques européennes qui seraient en difficulté. Il s'agirait sans doute d'un rachat des créances « toxiques » sur le modèle du plan Paulson. L'idée n'était pas mauvaise en soi. Elle semble avoir l'agrément de la BCE qui arrive au terme de l'efficacité de ses moyens propres, visant à ouvrir des crédits. Mais à peine annoncé, le plan a été retiré, devant la réaction négative de l'Allemagne. Celle-ci veut appliquer un principe simple : à banques allemandes capitaux publics allemands. Sur cette base, d'ailleurs assez illusoire compte-tenu de la relative interbancarité des banques, la solidarité européenne reste un rêve lointain. Derrière ce premier veto allemand s'en trouve un autre : pas de budgets européens au-delà de celui existant déjà. Merci pour l'avenir des réactions européennes face aux futures crises systémiques.

- déclaration « personnelle » de Henri Guaino, conseiller de l'Elysée, selon laquelle les Etats européens devraient pouvoir s'affranchir des limites au déficit budgétaire imposées par les critères de Maastricht, afin de secourir leurs établissements financiers. L'idée aurait pu être discutée, mais vu les menaces inflationnistes, quitte à s'affranchir des critères de Maastricht, mieux vaudrait le faire pour financer la recherche scientifique et les grands travaux européens. Jean-Claude Trichet, président de la BCE, là encore non consulté, a tout de suite annoncé que la bonne idée de M. Guaino n'était pas recevable.

- non invitation au mini-sommet du Premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero. Nous estimons qu'il s'agit d'une faute grave de la part de l'Elysée. Silvio Berlusconi est invité, sans doute parce qu'ami cher de notre président. Jose Luis Zapatero est oublié. Pourquoi ? parce qu'il est socialiste ? L'Espagne pèse autant que l'Italie, pourtant, tant dans les causes que dans les remèdes de la crise.

Comme promis, voici la suite du feuilleton:

Le mini-sommet de Paris s'est terminé vers 20h le samedi 6 décembre. On peut penser, sans être trop critique, que c'est la photo de famille des chefs de gouvernements posant ensemble sur le perron de l'Elysée (image AFP, ci-dessus) qui sera la mieux à même de rassurer les épargnants. A ce niveau tout au moins, l'Europe offre une image d'unité et de volonté face à la crise.

Mais volonté pour quoi faire ? Il faudra sans doute attendre le sommet des 27 le 15 octobre pour en avoir une idée plus précise. Les déclarations de ce soir, en attendant le compte-rendu officiel, s'en tiennent à de prudentes généralités, pour ne pas mettre à jour d'éventuels désaccords.

« Les quatre membres européens du G8 ont pris l'engagement solennel de soutenir les établissements financiers européens en difficulté », a annoncé Nicolas Sarkozy.  Ils souhaitent également un sommet international « le plus tôt possible » pour revoir les règles du capitalisme financier. Mais les revoir en quel sens ?

En attendant, la subsidiarité reste de règle. Aucun fonds de soutien ni aucune action commune ne sont envisagés. Chaque pays prendra ses responsabilités mais en veillant à ne pas faire de tort aux autres Etats européens. La Commission européenne « devrait faire preuve de flexibilité dans l'application des règles en matière d'aide d'Etat aux entreprises, comme dans les principes du marché unique ». « L'application du pacte de stabilité et de croissance devrait refléter les circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous nous trouvons ». Mme Merkel s'est enfin dite « très heureuse que nous ayons parlé des règles comptables ».

Il serait  difficile de s'exprimer d'une façon plus vague et moins impérative.

Ajoutons cependant que, selon Nicolas Sarkozy, « en cas de soutien public à une banque en difficulté, chaque Etat membre" du G4 "s'engage à ce que les dirigeants qui ont failli soient sanctionnés ».

On ne sait si  le président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui avait précédemment, lors de sa visite à l'Elysée, appelé les pays européens à agir ensemble face à la crise, estimera que son appel a été entendu.


04/10/2008
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