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Se rapprocher de l'Iran

L'Europe va-t-elle cesser, sous la pression américaine et israélienne, de diaboliser l'Iran. C'est ce que dit aujourd'hui en termes plus diplomatiques que nous le Premier britannique David Cameron

Dans un article publié par le journal britannique The Independant (merci à Marie Hélène Caillol qui l'a signalé sur le réseau Geablinks qu'elle anime), le Premier Ministre britannique David Cameron vient d'appeler les pays européens menacés par la montée du djihadisme à se rapprocher de l'Iran. Plus précisément, il indique qu'il est de l'intérêt de la Grande Bretagne d'oublier des décennies d'inimitiés avec le régime chiite de Téhéran et il appelle le Président iranien Hassan Rouhani à s'unir avec la « communauté internationale » pour combattre l'Isis (Islamic State of Irak and the Levant) dont la progression menace non seulement la région mais la Grande Bretagne.

Il considère que cette urgence devrait par ailleurs conduire à mettre en sommeil l'opposition anglo-américaine au Président Haffez el Assad en Syrie. Celle-ci a eu pour premier résultat l'encouragement des rebelles sunnites dans ce pays, qui depuis ont alimenté les forces de l'Isis. L'Isis vise désormais la Jordanie, le Liban et les frontières de la Turquie. Son objectif est de mettre en place un vaste Etat terroriste dans l'est de la Méditerrané, qui pourrait être pendant des décennies une menace grave contre l'Europe. David Cameron s'est inquiété du fait que ses services aient reconnu un britannique dans l'assassin du journaliste américain James Foley. Plusieurs centaines de tels combattants se trouveraient en Syrie et en Irak. Beaucoup vont revenir en Europe étendre la guerre. James Cameron considère cependant que la Grande Bretagne n'a pas à envoyer de forces pour combattre l'Isis, mais doit aider les Kurdes et les Irakiens dans cette lutte.

Il faut saluer David Cameron de s'engager ainsi, même timidement, dans un combat qui nous concerne tous. Il se substitue ce faisant à une politique claire de la diplomatie européenne. Celle-ci, comme nous l'avions noté, s'était bornée lors de la réunion du 15 août à laisser chaque chef d'Etat décider seul de ce qu'il devrait faire. François Hollande pour sapart devrait se trouver encouragé dans la décision visant à aider les Kurdes par la fourniture d'armements dont ils manquent. On pourrait lire aussi, entre les lignes de la déclaration de David Cameron, une distanciation nette par rapport à la politique irréaliste de Washington et d'Israël, visant à empêcher l'Iran de se doter d'une arme nucléaire - ce que nul ne l'empêchera de faire - et paralysant de fait toute coopération avec ce pays.

L'Iran n'est pas un pays arabe. C'est par contre un pays rigoureusement musulman, où le droit islamique continue à s'imposer dans toute sa rigueur. Il n'est pas question d'en faire en quelque façon que ce soit un modèle pour l'Europe. Mais d'une part, la coopération avec l'Iran renforcerait considérablement, par l'intermédiaire de cet Etat,  les possibilités de maintenir un minimum d'équilibre pacifique au Moyen-Orient. D'autre part, en se rapprochant de l'Europe, l'Iran pourrait s'ouvrir à des échanges économiques et culturels intéressant les deux partenaires.

Mais, répétons-le, il faudra pour ce faire que les Européens, le Royaume Uni en premier lieu, renoncent à suivre les divagations de la politique américaine au Moyen-Orient. L'Amérique est de par son éloignement peu concernée par la menace civilisationnelle que représenterait pendant des décennies un Etat islamique à la mode djihadiste.

Par contre l'Europe devrait se coordonner sur ce sujet, non seulement avec l'Iran comme le souhaite David Cameron, mais avec la Russie,  compte tenu des risques et des intérêts partagés en commun.

Source: http://www.independent.co.uk/news/uk/isis-extremists-a-threat-to-the-streets-of-britain-warns-david-cameron-9674015.html


PS au 21 août

Un article de Matt Whitney dans le Counterpunch de ce jour http://www.counterpunch.org/2014/08/18/did-iran-just-knife-putin-in-the-back/ montre que si l'Iran rentrerait en grâce auprès des Américians et des Britanniques, ce ne serait pas seulement parce qu'elle pourrait appyer la lutte contre les djihadistes sunnites. Ce serait aussi parce que les intérêts pétroliers américains l'auraient convainu de participer à la relance du projet de gazoduc Nabucco, qui permet de contrer les intérets de Gazprom dans le  Northstream et le futur Southsteam. (voir notre article http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1438&r_id= ). La chose est probable. Le pétrole et la diplomatie américaine continuent à mener le monde , au Moyen Orient comme ailleurs. Ceci ne serait pas cependant une raison pour ne pas chercher l'appui de l'Iran dans la lutte contre les islamistes...si appui il y a.




20/08/2014
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