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Comment réagir à la montée des djihadistes au Moyen-Orient?

Barack Obama a annoncé jeudi 7 août avoir autorisé des frappes aériennes ciblées contre les djihadistes de l'Etat islamique (EIIL) en Irak pour éviter un « génocide ». Une mesure qui s'appliquera notamment si les combattants de l'EIIL avancent vers la ville d'Erbil, capitale du Kurdistan irakien où se trouve un consulat américain (sic).

Un peu plus tôt, un haut responsable du Pentagone avait annoncé que l'armée américaine avait parachuté des vivres à des milliers d'Irakiens menacés par les islamistes et réfugiés sur le mont Sinjar, une zone désertique près de la frontière syrienne.

Il n'est pas question cependant pour Barack Obama d'envoyer des troupes au sol.

Cette information suscite plusieurs réflexions:

  • Il faut rappeler que les Etats-Unis ont été depuis 10 ans les responsables du chaos actuel. La guerre entreprise contre Saddam Hussein l'avait été principalement pour prendre le contrôle des gisements pétroliers irakiens.

  • Les troupes au sol, précédemment envoyées, ont provoqué des centaines de milliers de mort, et contribué à dresser les communautés religieuses les unes contre les autres.

  • Le retrait décidé l'année dernière s'est fait dans le plus grand désordre, notamment sans coordination avec la Russie, l'Egypte, l'Europe.

  • Concernant les frappes aériennes ciblées, elles n'auront aucune efficacité, sauf faire de nouvelles morts parmi les civils. Les djihadistes sont trop dispersés pour être atteints. Par ailleurs les forces spéciales américaines longtemps restées présentes dans la zone, et capables (éventuellement) de renseigner les drones, ont été elles-aussi pratiquement retirées.

  • Les parachutages de vivres, nécessairement très visibles dans des régions quasi désertiques, profiteront vraisemblablement d'abord aux djihadistes. Les réfugiés irakiens n'ont sans doute pas la logistique nécessaire pour en tirer parti.

  • Les dits djihadistes se sont surarmés en pillant les stocks d'armes abandonnés, notamment en Libye, à la suite de l'agression américaine contre Khadafi, agression relayée il est vrai très efficacement par la France de Nicolas Sarkozy.

Faut-il cependant reprocher à Obama de tenter de faire quelque chose contre la montée en puissance de l'EIIL dans l'ensemble de la zone. Peut-il notamment ne pas afficher une volonté, au moins théorique, de protéger les Chrétiens d'Orient contre la guerre de religion moyen-âgeuse déclenchée contre eux par les Islamistes?

Émettons ici l'idée que, si les Etats-Unis avaient abandonné, en Irak comme ailleurs, leur arrogance mélée d'égoïsme et de lâcheté, la première chose qu'ils auraient du faire, face à une crise que chacun pressentait, aurait été de proposer – humblement – aux Européens et aux Russes, directement intéressés, des mesures d'urgence communes. Mais l'Europe et la Russie auraient-ils du attendre l'intervention de Barack Obama pour découvrir le problème?

L'Europe

En fait, l'Europe, jusqu'ici scandaleusement absente, aurait du depuis longtemps reprendre directement l'initiative, au lieu d'en abandonner la responsabilité aux Etats-Unis. François Hollande, le 7 août, a manifesté le désir de protéger les Chrétiens d'Orient, qui constituent aujourd'hui les victimes les plus visibles du drame en train de se jouer. Mais comment? Avec quels appuis de l'Union européenne? Avec quels appuis des Etats de la région et de la Russie? Il n'est pas trop tard pour y réfléchir. Il ne faudra pas en effet en rester aux intentions.

Mais pour quelles actions?

- D'abord aider y compris par des fournitures d'armes, les Kurdes et Bashar el Assad à combattre les djihadistes. Par ailleurs, bien qu'appliquant des politiques très fluctuantes et de plus en plus dangereuses, la Turquie devrait aussi être associée aux mesures à prendre.

- Imposer aux Etats pétroliers et au Qatar de ne plus soutenir en sous-main les djihadistes. Pour cela il faudrait les menacer de ne plus acheter leur pétrole. Mais cela serait évidemment très mal vus par les industriels occidentaux.

- Le cas échéant, mener y compris par des interventions au sol, une politique de « containment » à l'égard de l'EIIL. Le califat recherché sera une menace directe contre les intérêts européens, russes et turcs, sans mentionner ceux de l'Egypte et du Maghreb. Il deviendra notamment un foyer permanent d'attentats terroristes. On pourrait très bien concevoir qu'une force internationale soit déployée, mais il faudrait faire vite.


- En arrière plan enfin obliger Israël et la Palestine à s'entendre durablement pour une coexistence pacifique.

Tout ceci paraîtra une suite de voeux pieux. Mais ne faudrait-il pas cependant y réfléchir, plutôt que baisser les bras devant une prétendue volonté d'Allah le Victorieux



Sur Erbil ou Arbil, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Erbil



08/08/2014
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