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L'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) prend de l'importance

L'Organisation de Coopération de Shanghai est une organisation intergouvernementale régionale qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakstan, le Kirghistan, le Tadjikistan et l'Ouzbekistan. Elle a été créée à Shanghai les 14 et 15 juin 2001 par les présidents de ces six pays.

Jusqu'à présent, pour diverses raisons, notamment l'hétérogénéité des membres et la montée en puissance du groupe des BTICS, elle semblait un peu en sommeil. Mais au cours de la réunion des ministres des affaires étrangères des pays du l'OCS, le 31 juillet 2014 à Douchanbé, capitale du Tadjikistan, lequel assure la présidence de l'OCS cette année, les projets d'admission de quatre nouveaux membres au sein de l'OCS ont été approuvés. Les documents devraient être signés au sommet de l'Organisation, également à Douchanbé, en septembre. Il s'agit de l'Inde, de l'Iran, de la Mongolie et du Pakistan.

Ces nouveaux membres, à des titres divers, devront entraîner l'OCS dans des voies de plus en plus étrangères aux objectifs d'influence des Etats-Unis dans la région. Ces derniers s'en inquiètent déjà d'ailleurs, sans oser prendre encore de positions véritablement hostiles. En fait, l'ensemble des membres, anciens ou futurs de l'OCS, s'inquiètent du durcissement de la position américaine en Asie, qui contredira directement leurs intérêts, quoique puisse promettre Obama. Le renforcement des sanctions contre la Russie soulève par ailleurs une hostilité croissante, d'autant plus qu'elle apparaît de moins en moins fondée, au vu des derniers éléments d'informations disponibles attribuant à des extrémistes au service de Kiev la destruction de l'avion de la Malaysian Airlines. Enfin, leur participation à l'OCS permettra aux pays voulant coopérer avec la Chine mais craignant son hégémonie possible de le faire dans un cadre multilatéral plus rassurant.

Ce dernier point est particulièrement tmportant pour l'Inde, qui sera le second membre « géant » de l'OCS avec la Chine. Ceci explique le soutien marqué manifesté par le nouveau président indien à l'entrée de son pays dans cette organisation. Si effectivement l'Inde prend sa place dans l'OCS et dispose ainsi d'une certaine garantie de coopération avec son grand voisin la Chine, l'Inde devrait devenir un acteur puissant des relations internationales, non seulement dans en Asie mais au plan mondial. Cette perspective ne peut que faire peur à l'Amérique, qui avait décrété il y a quelques mois, par le voix de Barack Obama, qu'elle voulait positionner en l'Asie le nouveau « pivot » de sa politique internationale – ce qui signifiait en clair qu'elle voulait faire de la Chine le nouvel « ennemi officiel » des Etats-Unis, en lieu et place de la Russie.

La Russie est depuis lors redevenue l'ennemi officiel, à la suite de la politique agressive des Etats-Unis et de ses alliés de l'Otan en Europe orientale. Mais la Chine ne sera pas détrônée pour autant. Si l'on observe que l'OCS comportera par ailleurs des pays comme l'Iran et le Pakistan qui demeurent plus que réservés à l'égard de l'Amérique, on peut penser que si Barack Obama ou son fidèle John Kerry prenaient l'envie d'y faire une déclaration, ils ne seraient pas nécessairement accueillis avec des fleurs.

On remarquera par ailleurs que le poids des pays musulmans dans l'OCS augmentera considérablement. Comme ni la Russie, ni la Chine ni l'Inde n'ont l'intention de faire de concessions à des mouvements djihadistes, l'OCS pourrait permettre de détendre les relations des pays musulmans avec ceux qui ne le sont pas.

L'Europe en ce qui la concerne, et notamment l'Allemagne et la France, devraient marquer un plus grand intérêt qu'actuellement à l'égard de l'OCS, comme elles devraient le faire à l'égard des BRICS. Mais il faudrait pour cela qu'elles cessent d'attendre les déclarations péremptoires dudit Kerry pour se positionner à l'égard de ces deux futures très grandes organisations internationales.

Peut-on ajouter cependant que dans un avenir proche, l'Europe et l'OCS auraient intérêt à se rapprocher dans la lutte contre les désordres climatiques.

Carte. En vert, membres actuels. En bleu, nouveaux membres En violet, membres en discussion

05/08/2014
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