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L'Argentine menacée d'un défaut de paiement

L'Argentine avait été invitée à la dernière réunion des BRICS à Fortaleza. A l'époque, Mme Kirchner n'avait pas évoqué, sauf à mots couverts, le défaut de paiement qui la menaçait. L'occasion aurait cependant été bonne pour elle de dénoncer le jeu des spéculateurs américains (notamment les fameux fonds vautours) soutenus par la législation des Etats-Unis, s'acharnant sur un pays fragile.


Certes la gestion de la présidence Kirchner n'était pas irréprochable, au contraire. Mais aujourd'hui, à supposer que le pays veuille redresser la barre, tout se conjugue de la part du système financier dont le centre est aux Etats-Unis, pour l'enfoncer davantage. Jusqu'où? Sans doute jusqu'à ce que pour payer ses dettes, l'Argentine vende au plus offrant, comme le fait la Grèce en Europe, les ressources dont elle dispose encore. Un changement de régime s'en suivrait alors (regime change) et un dictateur à la Peron, soutenu par les Etats-Unis dont il se ferait le champion, pourrait prendre le pouvoir pour 20 ans.

La Chine et la Russie ont bien vu le rôle que les pays du BRICS pourraient jouer pour faire échapper les émergents à l'emprise du dollar. En visite officielle à Buenos Aires, à la mi-juillet, le président chinois avait promis d'importants investissements en Argentine, en particulier dans les secteurs énergétiques. Quelques jours auparavant, le président russe, Vladimir Poutine, également en visite à Buenos Aires, a lui aussi exprimé son intérêt pour les importantes réserves argentines en pétrole et en gaz. Il ne s'agit pas d'offres désintéressées, au contraire. Elles auraient cependant l'avantage, si l'Argentine donnait suite à ces propositions, de faire intervenir des investisseurs susceptibles de contrebalancer l'influence actuelle écrasante de Wall Street et de Washington. On peut penser par ailleurs que le futur fonds monétaire et la future banque d'investissements décidés par les BRICS pourraient à terme mieux aider l'Argentine que le FMI et la Banque mondiale, à reconquérir son indépendance, même si leurs ressources n'étaient pas initialement suffisamment importantes pour faire face à des besoins importants.

Ceci dit, l'Argentine a une part de responsabilité dans ce qui lui arrive. Les titres en question ont été émis à New York et sont donc soumis à la législation américaine, ce qui explique en partie l'impasse dans laquelle se trouve le pays. De plus, après le défaut de Buenos Aires sur sa dette en 2001, fallait-il laisser les fonds « vautours » NML Capital et Aurelius, dont la réputation n'était pas à faire, racheter les créances du pays dont ils réclament aujourd'hui le paiement, en s'appuyant notamment sur le fait que certaines créances ont été émises aux Etats-Unis pour attirer les investisseurs de l'époque. Personne n'a su officiellement à quel prix les fonds vautours ont acheté ces créances. On soupçonne qu'ils l'on fait à 10 ou 20% de leur valeur nominale du fait du défaut de 2001. Or aujourd'hui ils veulent maximiser le retour sur investissement en en obtenant 100% . A Buenos Aires ne manquent pas de bons experts en finance. S'ils n'avaient pas prévu ce racket, et le gouvernement avec eux, ne peut-on suspecter de leur part un aveuglement intéressé.


On retrouve dans le cas de l'Argentine le problème qui empêche la plupart des pays européens de se détacher de l'influence du dollar afin d'exploiter les ressources politiques offertes par l'euro. Il s'agit de la complicité intéressée des « experts » et des gouvernements. La même observation peut être faite à propos de la Commission européenne et de la BCE. Nous ne voulons pas dire que ces « décideurs » européens émargent directement auprès de fonds secrets en dollars. Mais ils se refusent à admettre qu'ils devraient se détacher de l'influence de Wall Street et de Washington, tant les liens sont profonds et serrés.

L'avenir dira si, non seulement l'Argentine mais les pays que les BRICS visent à attirer vers eux sauront profiter des aides stratégiques que pourraient leur apporter les institutions financières décidées à Forteleza. 

02/08/2014
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