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Arrivée à Saint Nazaire des équipages des deux BPC acquis par la Russie

Quelque 400 marins russes sont arrivés lundi matin 30 juin sur le port de Saint-Nazaire pour se former à l'utilisation des deux bâtiments de projection et de commandement de type Mistral (BPC) construits par la France pour la Russie.

Ils resteront jusqu'à cet automne à bord du Smolniy, le navire-école russe long de 138 mètres (voir image), où ils prendront leurs repas et seront hébergés le temps de leur formation sur les BPC construits pour la Marine russe par les chantiers navals STX de Saint-Nazaire et DCNS. "Des demandes ont été faites par l'intermédiaire de STX pour qu'ils puissent utiliser cet été les installations sportives de la ville", indique-t-on à la mairie de Saint-Nazaire, qui leur a également fourni le "programme des festivités" de la ville pour leurs permissions de sortie. On ne peut que leur souhaiter un bon séjour.

L'an prochain, le premier des BPC désormais russes, le Sébastopol, du nom de la ville de Crimée où la Marine russe stationne sa flotte, devrait rejoindre la Marine russe. Il est le jumeau du Vladivostok en cours d'assemblage,

Rappelons que les navires de type Mistral sont des bâtiments polyvalents, pouvant servir à des applications militaires mais aussi civiles (interventions sur les lieux de catastrophes naturelles par exemple). Leurs qualités sont généralement considérées par les experts comme exceptionnelles pour des navires de taille et finalement de coûts relativement réduits.

La Marine russe avait pu apprécier ces qualités lors de visites de courtoisie. Elle avait donc passé commande de deux bâtiments, à la grande satisfaction de toute la région de Saint Nazaire et du gouvernement français de l'époque. D'autres commandes pourraient suivre. En effet, si la Russie a pu construire des flottes de guerre importantes, notamment en termes de sous-marins nucléaires, ses chantiers n'avaient pas encore acquis la souplesse nécessaire pour répondre rapidement à de nouvelles spécifications.

On sait que la livraison a provoqué des tensions entre Paris et ses voisins et alliés, notamment la Géorgie et les Etats-Unis. Barack Obama a encore exprimé début juin son « inquiétude » sur la poursuite de tels contrats au moment où la Russie « a violé la loi internationale » en s'emparant de la Crimée. Mais François Hollande, pour une fois ferme face aux pressions du « grand ami américain » avait refusé de céder. « Ce contrat a été signé en 2011, il s'exécute et il trouvera son aboutissement au mois d'octobre prochain, pour l'instant il n'est pas remis en cause », avait-il expliqué lors de sa rencontre avec Angela Merkel en Allemagne.

La Banque Nationale de Paris (BNP)

Barack Obama aurait tort de se plaindre, au moment où les juges américains infligent à la BNP, c'est-à-dire à la France, une amende record pour avoir enfreint des embargos économiques décidés unilatéralement par Washington - amende que le gouvernement français a refusé de contester...alors que les arguments ne manquaient pas. La BNP devrait en tirer des leçons. A l'avenir, elle-même comme d'autres banques françaises devraient renoncer à procéder à des transactions internationales en dollars. Le contrat des BPC est en euros et s'en porte très bien. Si comme il est souhaitable d'autres contrats étaient négociés avec la Russie, ils seraient sans doute aussi en euros ou dans un mix euro-rouble. Il n'y aurait aucune raison de faire appel au dollar – ce d'autant plus que les pays du BRICS, dont la Russie, envisagent de généraliser des opérations de dédollarisation dont personne ne se plaindra.

Dans cette perspective, la BNP, pour ce qui la concerne, devrait davantage se tourner vers la zone BRICS, où les besoins seront considérables, plutôt que s'accrocher à une zone dollar où elle fera toujours à l'avenir l'objet de mesures vexatoires. Sur le moyen terme, les perspectives d'investissement dans le cadre d'une zone euroBRICS dont la constitution est inévitable laisseront une large place aux banques européennes, comme aux industriels du continent. Ceci sera une excellent chose pour le rééquilibre des relations économiques mondiales.

* Sur le Mistral, voir http://bpcmistral.free.fr/




30/06/2014
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