Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

TISA. Vous avez aimé...vous adorerez (dixit Marianne)

De quoi s'agit-il? Précisons-le. Vous avez aimé le Traité de Libre Echange transatlantique (TTIP), actuellement négocié dans un quasi secret par la Commission européenne et Washington. Vous adorerez le futur TISA pour Trade in services agreement soit en français ACS, pour accord sur le commerce des services.

Il s'agit d'une autre négociation commerciale internationale, concernant les services. Il est difficile d'en parler car les négociations en sont encore plus secrètes. Selon des sources non-officielles, 49 pays sont engagés dans ces négociations. Les Etats-Unis, le Canada, l'Australie qui en sont les moteurs, et les pays de l'Union européenne dont la France. Ces derniers y sont, une nouvelle fois, représentés par la Commission européenne dont on connait le refus d'associer les Etats à de telles négociations – refus il faut dire entériné par le Conseil européen composé de représentants desdits Etats.

L'objectif en est de trouver un accord avant la fin 2015, applicable immédiatement après. Autrement dit, plus encore qu'avec le TTIP, il s'agit manifestement d'une nouvelle machine de guerre lancée par les intérêts américains pour pénétrer l'ensemble des activités productives européennes, non seulement dans le domaine industriel et commercial, mais dorénavant dans le domaine des services. Les services ainsi visés ne sont pas seulement ceux de la banque ou de l'assurance, mais surtout ceux relevant de l'activité régalienne de chacun des Etats européens. Particulièrement dans le collimateur sont ceux qui définissaient en France ce que l'on appelait encore il y a peu l'Etat protecteur.

Pour les intérêts financiers et entreprises commerciales de service américaines, l'objectif prioritaire est de pénétrer tout ce qui relève de la protection sociale et du secteur hospitalier public. Le secteur des productions intellectuelles et artistiques ne sera pas non plus tenu à l'abri, malgré les promesses de François Hollande. Bien évidemment, dans tous ces domaines, des services payants seront offerts aux classes supérieures, les classes pauvres, c'est-à-dire environ 80% de la population, étant réduites à une assistance de plus en plus contrainte par le manque de ressources budgétaires.

Nous avions précédemment, notamment à propos du TTIP, dénoncé une véritable exploitation coloniale de l'Europe, menée par les grands intérêts économiques américains, et soutenue par les institutions fédérales. Le terme nous avait été reproché. Le futur TISA montre bien que cette exploitation coloniale ne cesse de s'étendre, face au consensus mou des Institutions européennes et des Etats. Quusque non ascendet. Jusqu'où s'étendra-t-elle ?

Objectif à terme: la Russie

Cette exploitation ne vise plus désormais la seule Europe. Son objectif est de s'étendre jusqu'à la Russie, via l'accord de Libre échange qui vient d'être signé entre l'Union européenne, l'Ukraine et la Moldavie. Vladimir Poutine ne s'y est pas trompé. Il sait parfaitement que des biens et services produits dans la zone dollar, à des coûts ridiculement bas, vu l'absence de protection sociale, pourront prochainement via le TTIP et le TISA, pénétrer en Europe. De là, gràce à l'accord de libre-échange avec l'Ukraine, ils pénétreront nécessairement en Russie, notamment via les voies plus que jamais actives de la contrebande. En Ukraine même, ils concurrenceront ce qui reste d'importations provenant de Russie. La Russie a menacé de réagir, sans doute en élevant ses propres protections douanières et tarifaires. Mais elle ne pourra pas aller très loin dans cette voie, qui sacrifierait l'ensemble de ses échanges, notamment avec les pays européens.

Sans aller trop loin, en comparant Barack Obama à une sorte d'Hitler plus soft, il faut bien constater qu'il se conduit comme ce dernier avant la seconde guerre mondiale. Hitler rappelons-le, s'était attaqué aux pays européens les uns après les autres, constatant le manque de réaction des prétendues grandes puissances de l'époque. La démarche est la même.

28/06/2014
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire