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Irak. Le chaudron de sorcières

Comme nous l'avions indiqué précédemment, l'Irak est devenu l'épicentre de ce qu'il faut bien appeler un chaudron de sorcières. Les experts français considèrent, selon nos sources, qu'une ou plusieurs guerres régionales pourraient en sortir. La Russie et sans doute aussi la Chine ne pourraient pas ne pas intervenir, officiellement ou plus discrètement. Quant à l'Europe, elle n'aurait que des soucis à se faire.

L'Europe héberge suffisamment de représentants des diverses communautés en conflit potentiel pour espérer que ces conflits ne se répercuteraient pas sur ses territoires, notamment à la périphérie des villes. Rappelons une fois de plus que si l'Irak est devenu un tel chaudron de sorcières, ce fut à la suite de l'agression américaine contre Saddam Hussein, dans l'intention non dite de mettre la main sur le pérole irakien. A l'époque Chirac et Villepin avaient eu le courage d'afficher leur opposition.

Rappelons les forces et intérêts en présence:

  • Les Etats-Unis. Ils soutiennent en principe le premier ministre irakien Maliki, ils ont envoyé des forces navales et quelques « conseillers militaires » pour ce faire. Mais tout le monde s'interroge sur la volonté de Barack Obama de s'impliquer davantage. Si les rebelles sunnites n'essayent pas d'attaquer l'ambassade américaine à Bagdad, ils apparaitront de plus en plus tolérables, sinon fréquentables.

  • L'Arabie Saoudite qui veut à la fois protéger ses relations avec les Etats-Unis, fortement à base de pétro-dollars, mais qui s'oppose à Maliki, et finance les forces djihadistes de l'EIIL. Elle s'opposera aussi fermement (si les princes peuvent être fermes en quelque chose), à l'entrée de l'Iran sur le terrain.

  • L'Iran, devenue subitement un allié potentiel de l'Amérique, qui veut entrer en Iraq et y protéger les sites religieux. Ne va-t-elle pas en profiter, dans le désordre général, pour reprendre ses travaux en matière de production d'uranium enrichi à fins militaires? Elle continue à faire fonctionner une quantité qui serait inutilement grande de centrifugeuses, si elle voulait seulement développer un nucléaire civil.

  • La Syrie dont le président, tout en se faisant discret, à toutes les raisons de se réjouir. Il continue à bénéficier de l'appui diplomatique de la Russie. Par ailleurs, il a réussi à arrêter la progression des troupes rebelles financées et armées par les Etats-Unis. La Syrie sera certainement dans ces conditions, peut-être pas un pôle autour duquel se reconstruira un futur équilibre au Moyen-Orient, mais un élément incontournable. Ce sera aussi un des refuges des chrétiens d'Orient, qui seront pourchassés partout ailleurs. Les pays européens, et notamment la France, qui continuent à menacer sur le papier Assad, sont de plus en plus à côté de la plaque, si l'on peut dire.

  • Le Qatar qui tente de jouer sur tous les tableaux, grâce aux pétro-dollars généreusement versés par l'Occident: acheter tout ce qui est vendable, en Europe et notamment en France, soutenir les rebelles syriens et sans doute aussi financer les djihadistes de l'EIIL. ..On ne sait jamais...

  • La Jordanie qui s'affiche comme une alliée déterminé des Etats-Unis, mais qui cependant, selon des informations à vérifier, hébergerait une base de l'EIIL, dotée d'instructeurs américains.

  • Les Kurdes qui, comme nous l'avions indiqué dans un précédent article, voudraient profiter de l'affaiblissement des divers Etats qui l'empêchaient jusqu'ici de constituer un Etat kurde autonome. Ils s'efforceront de reprendre ce grand dessein. Ils entretiennent des forces régulières dites de peshmergas qui semblent beaucoup plus entrainées et armées que toutes les autres, et dont le concours sera très apprécié par ceux en ressentant le besoin. De plus ils ont repris le contrôle des exploitations pétrolières du nord de l'Irak.

  • L'Egypte, jusqu'ici plutôt considérée comme soumise à l'influence américaine, prend à l'initiative de son nouveau président Al Sissi, des contacts avec le Hezbollah, l'Iran et surtout la Russie, qui pourrait devenir une alliée essentielle, y compris militairement et économiquement, du Caire
  • La Turquie qui s'alerte pour le moment de tout sans savoir de quel côté prendre parti. La seule grande préoccupation actuelle du gouvernement est d'empêcher la formation d'une entité politique kurde qui l'amputerait d'une partie du territoire sur lequel elle revendique sa souveraineté.

  • Israël, qui n'est pas pour le moment directement impliquée, mais qui craint les répercussion des conflits sur la Palestine, et les renforts que pourraient en tirer le Hezbollah chiite et le Hamas. Pour le moment, Israël donne une grande publicité à la recherche qu'elle mène pour retrouver 3 étudiant israéliens enlevés. L'affaire qui a déjà fait 1 mort en Cisjordanie, pourrait dégénérer. En fait, à long terme, on ne voit pas comment Israël pourrait éviter une coalition contre elle de tous les Etats musulmans, qu'ils soient chiites ou sunnites. L'appui américain lui suffirait-elle pour se défendre? Et que ferait l'Europe?

Ce tour d'horizon ne peut pas ne pas mentionner les intérêts de la Russie. Vladimir Poutine semble plutôt favorable au maintien en place de Maliki. Ne fut-ce que parce que pour le moment le pétrolier russe LukeOil a beaucoup investi dans les terrains pétrolifères de l'ouest de l'Iraq, dans le champ dit Qurna-2. Voir celui-ci tomber aux mains des djihadistes serait difficilement acceptable. Il semble que, plus Obama voudra se désengager de l'aide apportée à Maliki, plus Poutine prendra le relais. Mais plus généralement la Russie s'affirmera de plus en plus comme un acteur majeur au Moyen-Orient.

Quant à la diplomatie européenne, n'en parlons pas. Il n'y a rien de particulier à en dire.



22/06/2014
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