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Stagnation européenne. Jusqu'à quand?

Les crises vont sans doute se précipiter et se conjuguer. L'Europe ne se prépare pas à y faire face, ni au niveau des institutions, ni au niveau des Chefs d'Etat

Le 8 juin, nous avions signalé l'intérêt mais aussi les limites des décisions de la Banque centrale européenne, en date du 5 juin (Voir La Banque centrale européenne commence-t-elle à comprendre? http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1374&r_id=. L'intérêt reposait dans le fait que les demandes de crédit des banques européennes désireuses d'investir dans l'économie se verraient appliquer des conditions particulièrement favorables et pourraient être satisfaites sans limites (open bar). Les limites, indiquions nous, tenaient au fait que faire reposer la reprise recherchée de l'économie européenne sur la bonne volonté des banques à financer les investissements des entreprises n'aurait pas d'effet si les entreprises continuaient à ne pas vouloir investir ou si les banques continuaient à ne pas vouloir leur ouvrir de crédits, pour ne pas mettre en péril leurs réserves.

Or c'est bien ce qui est en train de se passer. La croissance du produit intérieur brut pour 2014 devrait être de 0,2%, la même qu'en 2013. Le taux de chômage en Allemagne a fortement augmenté en mai, les dépenses de consommation en France continuent à stagner. Par ailleurs, les mesures d'austérité imposées aux budgets européens restreignent plus que jamais les capacités des Etats à engager des politiques d'investissements publics pourtant de plus en plus réclamées par les observateurs économiques et de simples particuliers (voir par exemple http://philippedeloire.blogspot.fr/2014/05/relancer-lunion-europeenne-par-un-plan.html

Chaises musicales

Les « chaises musicales » en discussion à Bruxelles vont-elles augmenter les chances de voir les institutions européennes s'engager beaucoup plus nettement qu'aujourd'hui dans le soutien aux investissements? D'après nos sources, un accord serait en vue pour le Conseil Européen des 26 et 27 Juin prochain. Jean-Claude Juncker devrait être proposé pour la présidence de la Commission et le Premier Ministre du Danemark, Mme Helle Thorning- Schmidt, socialiste, pourrait être élue à la présidence du Conseil Européen. Dans l'équilibre « droite -gauche » nécessaire à l'obtention d'un vote majoritaire, la désignation du Premier Ministre polonais Radoslaw Sikorski à la fonction de Haut Représentant semble se confirmer. C'est un « dur » dont l'atlantisme confirmé devrait convenir à la plupart des Chefs d'Etat et de Gouvernement, ainsi qu'en arrière plan à Washington. Martin Schulz enfin obtiendrait la Présidence du Parlement Européen...

Toutes ces personnalités sont bien connues et depuis longtemps. Elles ne se sont jamais, qu'elles soient dites de gauche ou dites de droite, faites remarquer par la volonté de faire évoluer en quoique ce soit, non seulement les institutions, mais les idées régnantes concernant le rôle que pourraient jouer les Etats en faveur de l'investissement et de la croissance. Au delà, qu'en est-il de la maitrise de l'immigration, de la politique énergétique, de l'emploi, de la fiscalité, de la politique étrangère et de la politique de défense? Le fiasco est affligeant. Où sont les hommes politiques européens « durs » dont l'Union européenne aurait besoin pour s'engager en vue de son développement scientifique et industriel, de la défense et la sécurité de ses habitants? Plus généralement pour construire une Europe puissante et indépendante en phase avec l'attente des citoyens et avec leurs intérêts. On les cherchera sans les trouver.

Bientôt des guerres

Le vide géopolitique et géostratégique de l'Europe se fera plus que jamais sentir lors des évènements extérieurs très graves qui se préparent. Tout laisse penser qu'en Moyen-Orient va s'ouvrir une véritable guerre entre un axe de confession chiite représenté par l'Iran, ce qui restera de pouvoir à Bagdad et la Syrie de Bashar al Assad, d'une part, un axe sunnite représenté par l' « Etat islamique en Irak et au Levant » regroupant les forces sunnites demeurées fidèles à l'esprit de Saddam Hussein, l'Arabie Saoudite et sans doute aussi les Emirats. Les Kurdes en voie de regroupement, le Hezbollah, et plus loin la Turquie ne pourront pas rester neutres. Les intérêts américains, représentés par la diplomatie des forces spéciales et du dollar, appuyés sans doute par les Israéliens, seront derrière ces évènements, d'une façon d'ailleurs confuse et imprévisible. Mais l'Europe, directement concernée, ne pèsera d'aucun poids.

Aux frontières orientales de l'Europe, de même, tout fait craindre qu'un conflit aussi important n'éclate. Il pourrait s'agir d'une action militaire Russe provoquée par les exactions continues – on parle d'un véritable génocide- que le pouvoir de Kiev exerce sur la population russophone du Donbass. Sous la pression de populations russes qu'exaspère la trop grande prudence actuelle de Vladimir Poutine, il n'est pas exclu que celui-ci se voit obligé d'intervenir. Ceci à la plus grande satisfaction de la diplomatie américaine, celle des forces spéciales et du dollar qui, là aussi, opère depuis longtemps en Ukraine pour créer un conflit, dans l'indifférence ou l'impuissance de l'Europe.

.....

On le devine, ce n'est pas cet arrière plan qui encouragera les entreprises européennes à investir, ni les banques à les soutenir.


Merci à G.B et J.F-L pour leurs contributions



19/06/2014
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