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Le Brésil

Faute de candidats justifiant selon nous de figurer dans cette rubrique ce mois-ci, nous proposons d'y évoquer le Brésil. Non pour la Coupe du Monde, mais sous l'angle des recherches scientifiques qu'il conduit

Coupe du monde. Le Brésil oublie l'essentiel

Le gouvernement brésilien compte beaucoup sur la Coupe du monde de foot-ball pour relancer son économie, atténuer ses tensions sociales, lui donner une image internationale élargie. Peut-être ce calcul lui servira-t-il. Nous le verrons dans les prochaines semaines. Mais en attendant, on constate surtout les multiples protestations, venant notamment du peuple des favelas, face aux dépenses somptuaires engagées par l'Etat pour héberger cet évènement.

Plus fondamentalement, mais le mal nous frappe tous, on constate que tout le bruit et les milliards dépensés autour du foot-ball ne profitent qu'à quelques étroites minorités dont les comportements, pour certains, ne sont pas loin d'être maffieux. Il serait bien plus urgent de consacrer cet argent à l'augmentation des crédits destinés à des développements scientifiques et technologiques. Ceux-ci n'intéressent pas les foules, objectera-t-on. Mais ce serait aux gouvernements et aux médias de leur en montrer l'intérêt, y compris d'une façon festive. Au Brésil, ce seront ces développements qui, en profondeur, mieux que le foot-ball, relanceront l'économie, atténueront les tensions sociales et donneront au pays une image internationale élargie.

Or le Brésil dispose en ces domaines d'atouts que pourrait lui envier l'Europe et les pays du BRICS, mais qu'il n'exploite pas encore de façon suffisante, faute notamment d'investissements publics à long terme dans les domaines concernés. Citons notamment les thèmes suivants,mentionnés dans un article récent du NewScientist:

  • Arrêter la déforestation de l'Amazone et mettre en place des solutions permettant aux populations locales de survivre sans les quelques retombées qu'elles tirent actuellement de l'exploitation forestière forcenée conduite par de grandes compagnies internationales. Il s'agira pour cela de financer la replantation des zones dévastées, ceci sous la responsabilité de communautés indigènes. Pour que celles-ci puissent néanmoins vivre de l'agriculture sur les surfaces restées en exploitation, il faudra définir des pratiques agricoles améliorées, dans le domaine de l'élevage et de la culture de soja, principales ressources vivrières.

  • Construire sous les Andes, à grande profondeur, un détecteur des particules censées constituer la matière noire. Un projet commun est à l'étude, entre le Brésil, le Chili, l'Argentine et le Mexique. Il s'agit du projet ANDES (Agua Negra Deep Experiment Site). Même si la recherche n'aboutissait pas directement, elle donnera au Brésil des équipements et des spécialistes pouvant s'intéresser à d'autres domaines « chauds » d la physique et de la cosmologie.

  • Faire appel à des techniques bien contrôlées de génie génétique pour produire des espèces d'insectes susceptibles de lutter contre les ravageurs qui dépeuplent encore, non seulement les cultures mais les populations rurales. Il s'agira en particulier de combattre les moustiques propagateurs de la dengue. De telles techniques trouveraient d'importants débouchés dans le reste du monde.

  • Lutter, dans le même esprit, contre la bilharziose, qui infecte 300 millions de personnes et peut être une porte d'entrée pour le VIH. La Fondation Oswaldo Cruz à Rio de Janeiro serait sur le point de mettre au point un vaccin dit Sm14 utilisant une protéine en provenance du ver Schistosoma mansoni . Ultérieurement, d'autres maladies tropicales moins répandues mais destinées à prendre plus d'extension, compte-tenu du réchauffement climatique et des migrations, pourraient être ciblées à partir de souches existant au Brésil.

  • Mettre en place dans certaines villes des sites susceptibles d'attirer, à l'image de la Silicon Valley, des scientifiques et des start-up dans divers secteurs innovants. Ainsi la ville de Belo Horizonte dans les Minas Gerais développe dans le district de San Pedro un programme dit SEED ambitionnant de créer une San Pedro Valley. L'exemple pourrait être repris ailleurs (http://seed.mg.gov.br/en/seed/o-programa/)

  • Dans cet esprit, le ministère brésilien des sciences et technologies a lancé au plan national une initiative dite Start-up Brésil qui vise à financer pendant 3 ans la création de 100 start-up par an. Celles-ci devront en priorité mener des recherches et proposer des solutions visant l'amélioration des conditions de vie et de production au sein des favellas.

  • Donner plus d'importance au centre spatial dit Centro de Lançamento de Alcântara
    Celui ci, comme celui de Kourou, en Guyane française, bénéficie d'une implantation proche de l'Equateur, facilitant les lancements. On objectera que de telles bases ne manquent pas dans le monde, y compris sur des plateformes maritimes. Mais il faut escompter que les besoins ne cesseront pas de s'accroitre. D'ores et déjà, Alcantara envisage, outre les besoins nationaux, des coopérations avec la Russie et Israël. Le Brésil prépare sa propre famille de lanceurs orbitaux, et définit une nouvelle génération de fusées, baptisées Croix du Sud.

Bien évidemment, cet article ne mentionne pas les secteurs industriels avancés dans lesquels le Brésil s'est établi comme un concurrent redoutable ou un partenaire des autres pays développés: l'aéronautique, le rail, la construction navale, le pétrole...Mais ceux-ci sont bien connus du monde entier et des Brésiliens eux-mêmes.

12/06/2014
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