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Vous avez dit « Philosophe » ? Beaucoup de philosophes et bien peu de philosophie...

Daniel Furjot est philosophe, mais que les non-philosophes se rassurent, son article traite de politique. Il est vrai au reste que, chez les esprits distingués, les deux champs se recoupent. Nous le remercions de ce premier article, en espérant qu'il pourra bientôt nous en confier d'autres. Europe-solidaire

C'est très tendance : aujourd'hui, de plus en plus d'auteurs se prévalent volontiers du caractère théorique de leurs productions pour se dire « philosophes » ou être tenus pour tels par les médias qui se chargent de la mise en scène de leurs prestations : interviews à la radio, critiques de presse, participation à des débats télévisés, etc. Les temps changent : il y a seulement dix ou quinze ans, ces intellectuels y auraient regardé à deux fois avant de se déclarer philosophes au risque de passer pour des cuistres. En somme, désormais il suffit de penser pour être philosophe ; fâcheuse approximation qui oublie que la philosophie (dans sa tradition occidentale du moins) n'est qu'une manière de penser et qu'il existe aussi, et c'est heureux, un usage non philosophique de la pensée.

L'instrumentalisation médiatique

La première instrumentalisation de nos intellectuels modernes est médiatique : l'appellation de « philosophe » dont sont gratifiés les susdits vise alors à focaliser l'attention moins sur la portée théorique de leurs propos que sur l'immense mérite de ceux qui ont eu l'idée de les faire parler. L'important n'est pas tant ce qu'ils disent que ce qu'ils représentent, grâce au montage qui fera de leur présentation une sorte d'événement promotionnel : plus que des éminences, ce sont des maîtres qui à ce titre se doivent absolument d'être offerts à l'ébahissement des foules, à défaut d'être lus et compris. Il est essentiel d'être en présence d'un philosophe, car ce label est le signe même de l'excellence. Actuellement, sa cote est énorme. On reste donc bien dans le registre spéculatif. C'est une forme de distinction, pas au sens de Bourdieu comme processus de sélection sociale des élites, mais plutôt par référence à Debord et à sa « société du spectacle » : utilisées par les médias, qui les exhibent comme des produits, ils représentent une valeur marchande tant symbolique (prestige accru, audience élargie) que matérielle (tirage plus fort, augmentation des ventes, etc.). Sous ce rapport, le philosophe, c'est du très haut de gamme. Dans l'ordre de la pensée, un « must », au même titre que, dans d'autres secteurs, un sac Vuitton, une Lamborghini ou un parfum Chanel...

L'instrumentalisation théorico-pratique

L'autre instrumentalisation est théorico-pratique : le philosophe est convoqué à titre de spécialiste. Chacun est invité à s'exprimer sur son domaine de compétence : la mort, la liberté, la société de demain, la douleur, le désir, la jeunesse, la laïcité, le bonheur, bref n'importe quoi mais pas n'importe comment ! Pour être légitime, le discours du philosophe doit être un discours expert. Pourquoi ? Parce que l'expert n'est crédible que pour autant qu'il s'en tient aux faits. Il est axiologiquement neutre. Il établit des constats. Il ne prescrit rien. Certes, ce type d'approche n'est pas inutile : il peut introduire un principe d'intelligibilité dans l'analyse et la compréhension des phénomènes. Mais sa rationalité est purement technique, c'est à dire opératoire. Et si jamais le philosophe outrepasse sa mission d'expertise en avançant, par exemple, des propositions à caractère normatif ou simplement critique, on peut toujours le récuser et recourir à une contre-expertise. Et c'est ainsi que les discours finissent tous par se disqualifier en s'annulant les uns les autres. Bref, un produit chasse l'autre et le spectacle continue. Là réside le renouvellement permanent de la répétition. Du beau travail ! Les visées de cette manipulation sont donc bien à la fois théoriques et pratiques, puisque le discours est d'abord coupé de ses finalités, puis par voie de conséquence désamorcé dans ses effets. On peut certes écouter un philosophe... pourvu que chacun ensuite se fasse son opinion, c'est-à-dire n'en pense rien. La subversion est ainsi elle-même subvertie.

Un « logos » découplé de sa « praxis »


Or ce détournement médiatique du discours philosophique n'est lui-même rendu possible que parce que s'exprime actuellement et de manière de plus en plus pressante, sinon une demande sociale clairement formulée, du moins une attente. Tous les lieux communs sur l'absence de repères, la perte des valeurs renvoient à cette attente : une quête de sens dans un monde vécu comme profondément inique, violent et absurde. Pour utiliser une phraséologie à la fois pédante et délicieusement « vintage », nous dirons que, pour tromper cette attente, il suffit de produire un « logos » découplé de sa « praxis ».

Comment a-t-on pu en arriver là ?

Sur le plan médiatique, on l'a vu, c'est facile : tout le monde parle, ce qui produit un effet de brouillage, au milieu duquel la parole subversive n'est qu'un bavardage parmi d'autres. La philosophie n'est plus alors qu'une boutique de luxe réservée à une élite, pendant que la masse des clients se contente de faire du lèche-vitrine. Car il importe aussi que cette clientèle comprenne que ces beaux objets théoriques dépassent son entendement et ne sont pas faits pour elles. Ainsi, la preuve est renversée : ce n'est pas le monde qui perd son sens, c'est cette humanité-là qui est insignifiante.

Mais il existe des pratiques d'exclusion qui relèvent d'enjeux sociaux beaucoup plus profonds et qui consistent, pour la classe dominante, à couper les « dominés » (pour faire court) de ses « intellectuels organiques », pour parler comme Gramsci. C'est ainsi qu'aujourd'hui, ces intellectuels, ces penseurs, ces philosophes surtout, n'interviennent publiquement qu'à titre purement individuel, quand bien même tiendraient-ils un discours engagé à l'adresse non plus d'un public mais de citoyens. Ils ne constituent plus un groupe de pression plus ou moins structuré pouvant développer un contre-discours face à l'idéologie dominante (1). Ils ne représentent qu'eux-mêmes ou leur communauté restreinte (labo, équipe de recherche). Bref, ils apportent une parole sans pour autant être des porte-parole. Et nous, nous les écoutons du fond de notre intimité : la radio d'une cuisine, la télé d'une chambre ou d'un salon, l'ordinateur d'un bureau, le smartphone dans la rue.

Le carnaval des animaux (tristes)


L'hégémonie de classe est telle qu'au sein du système social actuel elle assure aussi la Direction intellectuelle et morale (toujours selon la terminologie gramscienne). On l'a bien vu à travers la publication des « Nouveaux chiens de garde » et la diffusion du film qui en a été tiré par l'équipe du « Monde diplomatique ». On pouvait penser que le discours de ces conseillers du prince (prétendus experts qui ne sont en fait que des faussaires et de vulgaires sycophantes) allait radicalement les disqualifier, tant le réquisitoire est accablant. Dépouillés de tous leurs oripeaux idéologiques, on les croyait désormais condamnés à se taire et à raser les murs, tête basse. Mais pas du tout. Ils n'ont rien perdu de leur superbe ni de leur arrogance, et la meute continue de piétiner rageusement le champ dévasté de tous les renouveaux possibles, toujours prête à mordre. Voilà des chiens décidément bien dressés. Il faut dire que leurs propriétaires les soignent. Eux, ils en ont les moyens ! Et c'est ce qui rend le lien organique si solide : plus que jamais les maîtres penseurs sont les penseurs de la classe dominante.

Du temps de Nizan, ces chiens de garde n'étaient pas issus tout à fait des mêmes chenils : quelques clercs qui, depuis V. Cousin dans le temple de la Sorbonne, se faisaient les gardiens de la tradition idéaliste (y compris dans sa variante scientiste) face à la montée des courants philosophiques matérialistes, athées et socialement subversifs. En somme les enjeux n'étaient pas moindres, mais les affrontements se limitaient à la sphère des milieux universitaires et de l'intelligentzia. Aujourd'hui l'accélération des modes de gouvernance et le développement simultané des « réseaux sociaux » (2) font que la gestion courante des affaires et les questions de fond sur l'évolution globale de la société face à la crise sont constamment à l'ordre du jour et ouvrent un débat où la plupart des groupes de pression sont désormais parties prenantes. D'où la nécessité d'un contrôle social renforcé pour accréditer l'idée que l'honnêteté intellectuelle la plus élémentaire oblige à admettre que la crise et ses effets sont des phénomènes aussi « naturels » que les dérèglements climatiques auxquels les hommes sont soumis.

Des allures d'universitaires distingués

L'astuce consiste donc à laisser croire que l'on quitte le terrain du parti pris idéologique et manipulateur à partir du moment où l'analyse de la crise relève du simple constat : c'est une donnée de fait, incontournable. Refuser de l'admettre, c'est nier l'évidence. Pour accréditer ce discours, les chiens de garde se donnent des allures d'universitaires distingués (qu'ils sont au demeurant, mais leur vrai fonds de commerce est ailleurs, dans les banques de préférence) dont les titres (notamment leur rattachement à de prestigieuses institutions scientifiques, telles que le CNRS), ajoutent une caution supplémentaire au bien-fondé de leurs thèses (3). Mais en réalité, ce sont de vrais tireurs d'élite, des « snipers » solidement appuyés par la grosse artillerie des médias (presse, télévision, colloques divers, etc.) qui fait son boulot quotidien de matraquage et d'abrutissement (pour la plupart, car, je vous le demande, que deviendrions-nous sans « France culture », « France musique », « France Inter » même et « Arte » ou « Public Sénat LCP » et quelques autres ?).

Tout cela pour le compte de qui ?


A qui cela profite-t-il ? Des décideurs, comme on dit : les politiques, le patronat, les banquiers, les marché financiers, bref ceux qui ont le pouvoir. C'est le moment de la praxis, mais cette fois sans le logos. Car ces gens, eux aussi, avancent masqués : ils se donnent pour des hommes de simple bon sens. Leur maître mot ? Le pragmatisme (variante abâtardie de l'utilitarisme de S. Mill) : leurs idéologues ont l'usage exclusif du discours dominant. Eux ont l'usage exclusif de la pratique dominante. Mais sachons le : ils ne savent rien ; ou plutôt si : ils savent faire et, encore mieux, faire faire. Mais ils n'ont aucune idée, par prévention. Et c'est tant mieux puisque toute idée est déjà préconçue.

Vous pouvez me faire confiance : je n'ai aucune idée !

Autant le savoir : juger, c'est déjà préjuger. L'idée est du côté de l'intention qui est toujours cachée, donc malveillante. Avoir des idées est une forme de dissimulation : toute pensée est arrière-pensée. L'idée est la négation même de l'honnêteté intellectuelle. Sans idée, plus d'idéologie ! C'est l'esprit d'ouverture, sans sectarisme. Ainsi, le pragmatisme nous montre que la crise est une réalité puisque nous l'éprouvons au quotidien. Donc, c'est une donnée irrécusable. Foin des polémiques. C'est le simple bon sens. Finalement, le politique, comme le chef d'entreprise, nous disent : vous pouvez me faire confiance : je n'ai aucune idée !

Mais quel crédit accorder à cette prétendue innocence qui commence par nous prendre pour des niais ? En fait, par-delà cette pure mystification, ce type de discours en dit long sur l'anti intellectualisme et l'irrationalisme ambiants. Aujourd'hui, nos « Lumières » s'éclairent à la bougie. (Plus d'électricité... donc plus de soviets !). Ainsi, on voit bien que cette estime dans laquelle ces hommes disent tenir ces intellectuels n'est qu'une farce. Simple affaire de standing. Quand on a le pouvoir et l'argent, à quoi bon les idées ? Actuellement, le libéralisme est une donnée immédiate de la conscience petite bourgeoise. Mais le capitalisme financier, lui, voit beaucoup plus loin.

Bousculer sans déranger

Résumons-nous : d'un côté – ou plus exactement là-haut – un aréopage d'hommes éminents, écrivains, chercheurs, artistes, savants, professeurs, philosophes à l'occasion, qui quotidiennement inventent, découvrent, créent, innovent, produisent, transmettent, bref enrichissent le champ du savoir et plus globalement notre patrimoine culturel. Mais, on l'a laissé entendre, cette république ne constitue pas dans les conditions actuelles de son fonctionnement une communauté d'esprit. Certes, chaque domaine ou spécialité a ses pratiques collectives, ses rituels, ses codes, ses formes de reconnaissance, mais ces regroupements se font essentiellement sur une base professionnelle. Les conditions sociales de la production et de la reproduction intellectuelle et artistique ne sont jamais interrogées, sinon, justement, à titre d'objets scientifiques (sociologie de la connaissance, de l'innovation, épistémologie, approche cognitive des processus mentaux, etc.). Et la vulgarisation qui peut en être faite, même quand elle reste honnête, est souvent très psychologisante avec un brin de complaisance et une tendance à la « pipolisation », qui mettent l'accent sur l'anecdote, le vécu, l'émotionnel, voire le spectaculaire. On dépasse rarement la sphère de l'intime, tant celle du locuteur que celle de l'auditeur ou du spectateur. On peut bousculer ; on ne dérange jamais. On est dans les nuées.

Ô régions, ô féaux !

Ouvrons notre parachute non doré pour en descendre, juste pour voir. La voilà donc cette terre où sévit une tout autre engeance : ceux qui dirigent, qui gouvernent, les faiseurs en quelque sorte, plus vulgairement regroupés sous le vocable « la classe politique » pour bien faire comprendre qu'ils sont coupés du monde, du vrai monde, le nôtre.

Au sommet de cet Olympe, le chef de l'Etat et sa clique encore appelée gouvernement. Mais quoi ? Mais comment ? Les Etats, ça existe encore ? Et oui, hélas, trois fois ! Vieillerie institutionnelle, vestige d'un mode de gouvernance d'un autre âge. Il est grand temps d'en finir avec cette manie de légiférer, de décréter, de réglementer, d'administrer à tout propos, bref de tout vouloir contrôler ; de faire prévaloir en toute circonstance un soi-disant « intérêt général » sur l'initiative individuelle, le goût de la réussite et, plus généralement, le droit pour chacun de mener sa vie comme il l'entend ; de défendre on ne sait quel « bien public » contre l'esprit d'entreprise et la recherche d'un profit que légitiment les risques consentis face à une conjoncture souvent incertaine ; et d'entretenir enfin chez un citoyen fonctionnaire totalement déresponsabilisé l'esprit de routine et de laisser-aller dans la totale impunité que lui assure son statut de surprotégé. En somme, rien de plus contre-productif que l'état.

La solution ? Substituer l'Europe des régions aux États-nations...

Mais quelques signes de changement encourageants se font jour. Depuis quelques temps déjà, les chefs d'État ne sont plus que des sous-chefs. Leurs ordres, ils les reçoivent désormais du FMI, de la Banque Mondiale, de la BCE. Les vrais centres de décision s'appellent Wall Street, la City, sans parler des « marchés financiers » dont le centre est partout et la circonférence nulle part...

Mais ce n'est pas suffisant. Pourquoi faut-il en finir avec les Etats ? Parce qu'ils représentent les derniers contre-pouvoirs pouvant contester sinon la légitimité du moins l'opportunité de certaines directives de la Commission Européenne, qui seule est en capacité de représenter et de défendre les intérêts supérieurs de la Communauté européenne face aux égoïsmes nationaux. La solution ? Substituer l'Europe des régions aux États-nations (entités politiques de référence). La région comme entité géo économique est la solution la plus harmonieuse : la région, c'est le local remondialisé et le mondial relocalisé. C'est l'un et le multiple à la fois. Bref, la totalité par excellence. Un peu comme la monade chez Leibniz. Evidemment, ces régions n'auront plus la possibilité de contester les décisions de la Commission. Celle-ci aura enfin les mains totalement libres ; totalement libérales même. En revanche, les régions pourront se développer à loisir par la saine émulation que ne manquera pas de susciter leur mise en concurrence... jusqu'au petit matin où, telle la chèvre de Monsieur Seguin, elles se feront bouffer toute crues par le grand méchant loup (le PTCI ou TAFTA (4)),  ce qui ne saurait tarder.

... moyennant un semblant de légitimité

Il ne reste plus qu'à donner un semblant de légitimité à toutes ces formes de domination élargie. Et c'est là qu'interviennent nos idéologues de service, chantres de l'épopée libérale, technocrates patentés depuis (pour ce qui de l'Europe) le Président de la Commission jusqu'aux derniers des épiciers qui vendent leur salade dans toutes ces officines qui ont pignon sur rue, les Zécoles de Commerce (« Business Cool »).

Et tout en bas, que reste-t-il ? Le peuple souverain, c'est-à-dire des millions de citoyens, moyens, normaux, quelconques, ni surdoués, ni millionnaires, ni glamour, un peu fatigués peut-être et un brin désabusés ; bref ceux que l'on appelle « les gens », vous et moi en somme.

Notre sortie « par le haut » à nous consistera, en attendant mieux, à nous mettre en état de veille astrale. Comment ça ? Enfantin, vous dis-je : on lève le nez vers le pur ciel des intelligibles et l'on regarde passer ces étoiles filantes que sont justement ces dits « philosophes » dont la clarté fugace est d'autant plus éblouissante que sont profondes les ténèbres qui nous entourent : celles de l'obscurantisme le plus épais. Ainsi pourra-t-on se consoler en pensant que « nos nuits » sont « plus belles » que les jours des décideurs et experts de tout poil. Nous pouvons aussi dormir tranquilles. Demain est une autre nuit.

Daniel FURJOT
juin 2014

 (1 On le voit bien avec le groupe des « Économistes atterrés ». Ils sont vaguement organisés, ils ont leur site, mais en dehors d'un cercle restreint on les entend peu dans leur contestation argumentée du modèle économique libéral car la prise de parole est une forme de coup de force dont ils n'ont socialement pas les moyens.

(2) D'ailleurs le terme de « réseaux sociaux » est abusif. En effet, le faisceau d'informations qui se propage à très grande vitesse et à une très vaste échelle d'émetteurs à récepteurs individuels présente un avantage évident : celui de court-circuiter les canaux de diffusion de l'information officielle émise par les centres de pouvoir et contrôlée par lui tout au long de la chaîne hiérarchique de cette diffusion. En ce sens, ces nouveaux réseaux sans centre ni périphérie fonctionnent déjà comme des contre-pouvoirs . On a pu récemment en mesurer les
effets à Tunis, comme au Caire, à Istanbul ou à Kiev. Mais on en mesure aussi les limites : ce sont des phénomènes essentiellement urbains. Les rassemblements auxquels ils donnent lieu ne sont que des regroupements d'individus qui se sont déplacés individuellement. Ils peuvent sans doute transitoirement constituer des groupes et être animés d'aspirations communes. Mais ce ne sont pas des masses ayant la même histoire et animées par une même volonté et organiquement liées. Bref, porteuses d'un projet collectif global. En ce sens, mieux vaudrait parler de « réseaux sériels » au sens sartrien de la sérialité, c'est-à-dire comme degré zéro de la socialité en tant que totalité plus constituée que constituante (pour utiliser une terminologie non sartrienne. Cf. « Critique de la raison dialectique ».
05/06/2014
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