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Type de constitution et protection des institutions

Le France et l'Italie affrontent des conditions économiques et politiques à peu près également difficiles. En France, les partis majoritaires, comme le chef de l'Etat, voient leur popularité dans l'opinion s'effondrer. Cependant, les amis du pouvoir, en France, s'étaient jusqu'à ces derniers temps rassurés. Aussi bas que descende la cote de François Hollande, aussi nombreux que soient ceux, parmi ses proches même, qui dénoncent son manque de décision et autres défauts majeurs, au moins, disaient-ils, les institutions, c'est-à-dire le régime républicain, sont-elles protégées par le type de constitution hérité du gaullisme.

En effet, si la France n'est pas à proprement parler un régime présidentiel, le chef de l'Etat, quelles que soient les oppositions qu'il suscite, est au moins assuré de poursuivre son quinquennat dans une relative tranquillité. Ayant trois ans encore devant lui, François Hollande peut espérer avoir le temps de rebondir, et le pays éviter une « crise de régime ».

Qu'en est-il de l'Italie? Souvent jusqu'ici soumise à ce que de Gaulle appelait la dictature des partis, elle était présentée comme l'homme malade de l'Europe. Cependant, en quelques mois, un jeune chef de parti, Matteo Renzi, est sorti de l'ombre et s'est imposé, en tant que chef de gouvernement, comme le mieux à même de sauver les institutions italiennes et de renvoyer l'infâme Berlusconi aux oubliettes de l'histoire. Il est trop tôt pour assurer que son programme de réforme réussira en tous points, néanmoins pour le moment il paraît sur le bon chemin. Mais pourquoi cela?

Parce que Matteo Renzi, ou tout autre réformateur de sa trempe, n'avait pas eu à attendre le départ éventuel de l'actuel Président de la République italienne. La constitution lui donnait toutes les facilités pour faire oeuvre d'imagination, de courage et finir par s'imposer. A supposer qu'une nouvelle majorité parlementaire décide de lui retirer sa confiance, la souplesse des institutions permettrait sans aucun doute, vu l'urgence de la crise, à un autre chef de gouvernement aussi talentueux que lui, de sortir des rangs.

On peut imaginer que Manuel Valls, en France, nommé par le président de la République et donc dans la main de celui-ci, regrette de ne pas bénéficier d'une constitution aussi favorable à l'essor des talents. S'il n'avait pas au dessus de sa tête un François Hollande à l'inamovibilité garantie pendant encore trois longues années, ce serait sans doute lui qui serait, en France, le héros de réformes dont le pays a le plus grand besoin.

01/06/2014
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