Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Evaluer les risques de la biologie synthétique

La biologie synthétique est souvent présentée par ses promoteurs comme susceptible de résoudre un certain nombre des problèmes de l'humanité: nouvelles ressources alimentaires, lutte contre les maladies, production d'énergie à partir des déchets, etc. Mais elle suscite aussi beaucoup d'oppositions.


Celles-ci ne proviennent pas seulement d'esprit conservateurs refusant le changement, mais des scientifiques eux-mêmes. Ils sont bien conscients des risques. Ceux-ci sont faciles à imaginer: apparition d'organismes vivants évoluant d'une façon incontrôlable, susceptibles de mettre en danger non seulement les écosystèmes mais les humains eux-mêmes.

Aussi des biologistes associés à des spécialistes des écosystèmes viennent de prendre, si l'on peut dire, le taureau par les cornes. Un certain nombre d'entre eux, aux Etats-Unis, le pays le plus impliqué dans la recherche en biologie synthétique, ont décidé de s'associer dans le cadre d'un Synthetic Biology Project connsacré à l'identification des perspectives, des dérives et des solutions possibles. Ce projet, soutenu par un prêt de la National Sciences Foudation, et hébergé par le MIT, vient de publier un premier rapport en libre diffusion sur Internet, Creating a Research Agenda for the Ecological Implications of Synthetic Biology

Dans ce rapport, les groupes d'experts consultés recommandent aux Etats de de promouvoir différentes recherches susceptibles d'éclairer le problème: caractéristiques des phénotypes à préserver, stabilité des génomes, transfert latéral de gènes, contrôle de l'évolution des organismes, modélisation et standardisation des méthodes et des données.

Mais cela ne suffira pas, pensons-nous, à dissiper les craintes. Les recherches visant à développer des génomes et espèces synthétiques devront être très largement rendues publiques et discutées. D'autres craintes seront plus difficiles à dissiper, notamment celles concernant des domaines de recherche intéressant les militaires ou de grandes firmes voulant s'assurer un monopole sur les produits futurs. En Europe, la référence à Monsanto suffit à provoquer une réaction de refus.

Aussi, nous pensons que d'importants crédits budgétaires devraient être dégagés pour financer les recherches et les expérimentations, dans le cadre de laboratoire publics travaillant avec le plus de transparence possible. Ce domaine ne peut rester sous le seul contrôle des intérêts commerciaux ou de défense.

Dans cet esprit, les scientifiques européens auraient intérêt à promouvoir des recherches communes non seulement avec leurs collègues américains, mais avec des chercheurs russes et chinois. Là, comme en Europe, les risques de dérive sont aussi grands qu'aux Etats-Unis. Des échanges d'expériences seraient particulièrement utiles. Les opinions publiques, en tous cas, devraient se persuader que ce ne sera pas en menant des actions de retardement, proches du sabotage, que les risques seront évités.

Rappel: 

Nous présentons à cet emplacement des projets de recherche scientifique ou d'investissements susceptibles d'intéresser, en coopération, certains Etats européens ainsi que certains Etats composant le BRICS

31/05/2014
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire