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Des fonds publics pour financer la recherche de nouveaux antibiotiques

Nous présenterons dorénavant à cet emplacement des projets de recherche scientifique ou d'investissements susceptibles d'intéresser, en coopération, certains Etats européens ainsi que certains Etats composant le BRICS

Il s'agit désormais d'une urgence mondiale. L'Organisation Mondiale de la Santé prévient, dans un rapport qui vient d'être publié (http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/amr-report/fr/), que les antibiotiques actuels ne parviennent plus à combattre des infections considérées jusqu'ici comme mineures. Des souches plurirésistantes voire totalement résistantes circulent de plus en plus dans le monde, et pas seulement dans les pays pauvres.

Les causes en tiennent d'abord au fait que les bactéries, comme tous les êtres vivants, s'adaptent naturellement à des milieux dangereux pour elles. Il faut donc renouveler constamment les moyens de lutte utilisés. Par ailleurs la résistance est d'autant plus vite acquise que les éleveurs et les médecins prescrivent des doses excessives d'antibiotiques, souvent à titre préventif, ce qui est inutile. Les appels à la prudence restent sans effet.

En ce qui les concerne, les grands groupes pharmaceutiques, obéissant aux lois du marché, ne sont plus incités à financer la recherche de nouveaux antibiotiques, compte tenu du faible rapport de telles recherches au regard de leur coût. Compte tenu aussi du grand nombre de génériques en circulation, ce qui ne leur assure pas de rentes sur leurs investissements précédents.

La situation est devenue si inquiétante que des appels aux bonnes volontés pour financer la recherche commencent à apparaitre. On citera ainsi une initiative patronnée (http://www.newscientist.com/article/dn25589-astronomer-royal-why-we-need-a-new-longitude-prize.html#.U4iiEShGTa9) par l'astrophysicien Martin Rees en Grande Bretagne, visant à dédier un fonds de £10 millions afin d'encourager des innovations scintifiques dans des domaines d'intérêt public. Il s'agit de renouveler le prix qui avait été promis au 18e siècle à l'inventeur d'un chronomètre de marine fiable, indispensable au calcul de la longitude.

Mais cela ne suffira pas. Face à une urgence de cette nature, il faudra que les Etats financent directement, à partir de fonds publics, des laboratoires en charge de trouver de nouveaux moyens de lutte contre les bactéries totalement résistantes. Et ceci quels qu'en soient les coûts.

Ce thème devra faire l'objet de fortes pressions des opinions publiques sur les gouvernements. Ceux-ci à leur tour devront se rapprocher pour mettre en oeuvre en commun les mesures les plus adéquates. Il pourrait s'agir là d'une des premières mesures faisant l'objet d'actions conjuguées entre l'Europe et les pays du BRICS, particulièrement intéressés compte-tenu de l'importance de leur population, à prévenir les futures pandémies.


Les affections les plus résistantes aux antibiotiques et médicaments associés sont aujourd'hui la tuberculose (MDR-TB, multidrug resistant tuberculosis), les affections à staphylocoques dorés (MRSA methicilin-resistant Staphylococcus aureus), certaines entérococcies (CRE, carbapenem-resistant Enterobacteriaceae) et gonococcies.

29/05/2014
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