Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Marine Le Pen et le boulevard

Auréolée de son succès aux élections européennes, Marine Le Pen vient d'arriver à Bruxelles en exigeant de l'Union européenne, par l'intermédiaire de François Hollande, trois décisions immédiates: interrompre les négociations avec la Turquie concernant l'entrée de celle-ci dans l'Union, laisser la France nationaliser Alstom, quoique que puissent en dire les défenseurs de la concurrence libre et non faussée, suspendre immédiatement les négociations avec l'Amérique concernant le projet de grand Traité transatlantique. (TAFTA)

Marine Le Pen demande là ce que la plupart des Français, qu'ils aient ou non voté pour elle, attendent de l'Union européenne et du président de la République. Nous avons plusieurs fois ici demandé la nationalisation d'Alstom et le refus du TAFTA. Quant à la Turquie, quel Européen sensé voudrait la voir entrer dans l'Union, qu'elle achèverait de déséquilibrer, ceci d'autant plus que son président et son parti apparaissent de moins en moins proches des « valeurs européennes » que nous prétendons défendre ?

Si Hollande d'abord, l'Union ensuite ne donnent pas immédiatement suite aux exigences particulièrement fondées de Marine Le Pen, on peut être certain que dès demain elle aura gagné des millions de sympathisant dans le corps politique. En ce sens, elle exploite avec brio le boulevard particulièrement large que lui offrent les institutions européennes et les gouvernements des Etats membres. Si ceux-ci persistent dans des positions suicidaires,  les partis d'extrême droite seront vite rejoints par de nombreux autres, notamment ceux qui se réclament des positions socialistes.

Le 27 au soir, à Bruxelles, lors d'une réunion de concertation entre Chefs d'Etat pour tirer les enseignements des élections européennes, seuls deux de ceux-ci ont demandé – fort peu audiblement – un changement. Cameron souhaite que l'Union européenne cesse de se préoccuper de détails mais se concentre sur les grandes questions. Vaste programme. Quant à Hollande, il a demandé des inflexions bien plus sérieuses, en faveur d'une défense européenne, d'une grande politique de soutien aux industries innovantes...mais il l'a fait d'une voix si faible que nul n'en a rien retenu. Certainement pas en tous cas Angela Merkel, appliquant le principe bien connu selon lequel, plus les citoyens rejettent la politique suivie, plus il faut continuer à n'y rien changer.

S'il en était ainsi, l'Union sera refusée par de plus en plus d'Européens. Quant à des chefs d'Etat tels que François Hollande, ils pourront se préparer à laisser la place à des opposant(e)s d'un profil politique tel que celui de Marine Le Pen.

28/05/2014
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire