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Elections européennes. Le rejet d'une Europe qui n'est ni puissante, ni souveraine, ni solidaire

Les interprétations du vote français aux élections européennes seront dès ce soir nombreuses. Nous présentons ici la nôtre, sans prétendre bien entendu qu'elle soit préférable à d'autres.

1. Les bons scores du FN et de l'abstention pourraient laisser croire qu'une majorité de Français rejettent désormais le projet européen. Nous pensons en fait qu'ils rejettent une Europe incarnée par les actuelles institutions et politiques européennes. Les Français sentent très bien que cette Europe n'est ni puissante, ni souveraine, ni solidaire.

Elle n'est pas puissante dans la mesure où elle refuse tout ce qui fait la puissance dans le monde actuelle:
- de grands programmes technologiques et industriels.
- d'importantes ressources budgétaires au service de la recherche scientifique fondamentale et appliquée, des formations universitaires compétitives, des investissements visant spécifiquement la croissance et l'emploi pour le développement durable.
- une armée européenne modernisée et sous le seul contrôle des gouvernements européens.

Elle n'est pas autonome parce qu'elle est à la remorque :
- sur le plan économique des intérêts financiers internationaux, qui sont principalement sous le contrôle du capital américain.
- sur le plan géopolitique, des stratégies militaires et diplomatique des Etats-Unis. Ceux-ci ont depuis 60 ans enrôlé l'Europe pour leur servir d'avant-garde dans la lutte contre la Russie et bientôt contre la Chine. Il faudrait au contraire mobiliser l'Europe dans ce grand projet qui a été nommé l'euroBRICS.

Elle n'est pas solidaire parce qu'elle admet:
- que les Etats européens les moins riches supportent presque seuls le coût de la crise, ce qui pousse leurs citoyens dans la misère ou la délinquance.
- qu'une étroite minorité européenne d'ultra-riches et d'ultra-puissants mettent 90% des populations à leur service exclusif.
- que les services publics européens seuls susceptibles d'imposer des équipements collectifs au service de tous, soient privatisés, souvent au profit d'intérêts non européens.


2. Or, que peuvent faire les électeurs européens, notamment en France et dans les pays du Sud, pour que les institutions européennes soient modifiées, à la fois sur le plan juridique et dans la pratique quotidienne ? Ceci afin qu'une Europe puissante, autonome et solidaire, dans le sens indiqué ci-dessus, soit substituée à l'Europe actuelle.

- Ils ne peuvent pas compter sur une modification des majorités au Parlement européen, lequel est contrôlé par les Etats nationaux via les Conseils de Chefs d'Etat et les conseils des ministres, quand ce n'est pas par des lobbies représentant tous les intérêts nationaux et internationaux voulant affaiblir et coloniser l'Europe.

- Ils ne peuvent pas compter sur les majorités et les gouvernements nationaux actuellement en place pour conférer à l'Europe la puissance, la souveraineté et la solidarité que l'on attendrait d'un grand ensemble tel que l'Europe. Ces gouvernements ont montré qu'ils étaient sous la tutelle plus ou moins étroite, soit des intérêts financiers internationaux, soit de l'Empire américain. Cette tutelle, entre autres formes, se manifeste tous les jours davantage par l'espionnage auquel cet Empire se livre sur Internet.


3. Une seule solution demeure, pour ceux qui ne satisfont pas de la décadence européenne programmée. Il faut rejeter ce que l'on nomme dorénavant le Système.

- Ce rejet se fera inévitablement, si rien ne change, sous la forme de manifestations violentes. Elles seront durement réprimées mais sans doute en sortiront-elles renforcées.

- Dans l'immédiat, le rejet se manifeste sous une forme démocratique, lors des élections européennes et nationales. L'abstention peut tenter certains électeurs, mais sa signification est trop floue pour qu'elle ait beaucoup de succès. Reste alors le vote pour des partis de rejet. L'extrême gauche n'attire pas, pour diverses raisons. Nous le regrettons. Beaucoup voudront donc se rabattre sur les extrêmes droites, dont en France le Front national. Les électeurs ayant fait ce choix ne partagent pas nécessairement les valeurs de ces partis. Ils veulent seulement, par un geste fort, signifier, tant à l'attention des gouvernements qu'à celle des institutions européennes, leur refus de plus en plus radical du Système. Ceci ne veut pas dire ici que nous les soutenons, et moins encore l'état-major du FN, mais il serait contre-productif de na pas analyser leurs raisons.


Si les gouvernements au pouvoir en Europe, notamment en France, ne comprennent pas que, pour récupérer du crédit, ils doivent dorénavant se battre pour une Europe puissante, indépendante et solidaire, ils seront vite balayés.

Le comprendront-ils? On peut en douter. Alors, les crises s'aggravant, un chaos durable s'installera dans la grande majorité des Etats européens ainsi qu'à Bruxelles. Il serait illusoire de penser que ce chaos puisse être créateur.



25/05/2014
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Nombre de réaction(s) : 1
Nostalgiques du gaullisme
28/05/2014 11:15:28 | Par : Marcus

27/05/2014

D'accord avec votre analyse, mais je pense qu'il faut préciser que de plus en plus d'électeurs du FN sont en fait nostalgiques du gaullisme: croissance économique, plein emploi, France respectée et forte, sachant bloquer l'Empire lorsqu'il le faut (dialogue Est-Ouest) ou l'appuyer (crise des missiles à Cuba), respect et soutien de la structure familiale avec quelques aménagements "modernistes" (divorce), projets "grandioses": TGV, France, Concorde, Airbus, CNES, Ariane Espace, etc., ..., Instruction Publique sachant apprendre aux enfants au moins le minimum et même à se tenir! Professeurs respectés, qualité de la formation reconnue même à l'étranger...
On est loin de tout cela, aujourd'hui, et il est remarquable de voir que dans tous les commentaires des medias, il n'est jamais expliqué qu'en France, mais également en Angleterre, au Danemark, en Autriche, l'invasion subie grâce à l'Europe, en provenance de Turquie, du Maghreb ou d'Afrique noire, avec son cortège de salafistes terroristes, sous couvert d'humanité et de politiquement correct, pousse ceux qui aiment leur pays, leur famille (mariage gay!), dans les bras de la Droite...
Si l'UMP était vraiment gaulliste, comme elle le prétend, et non un ramassis d'ex-soixante-huitards quasi- socialistes, c'est elle qui ramasserait la mise... Mais pour çà, il faudrait supprimer l'AME, lutter contre l'immigration illégale de façon sérieuse et continue, refuser l'hébergement d'urgence et faire reprendre immédiatement l'avion ou le bateau à ceux qui sont pris, sans procès et par mesure administrative, nettoyer nos quartiers défavorisés, lutter contre la fraude, etc., ...
Il faudrait aussi, supprimer immédiatement les 35h et l'ISF, pour faire revenir les investisseurs au galop. Enfin, il faudrait contrôler de près, la Police et la Justice, aujourd'hui vendues au plus offrant.
Mais avec tous ces politiciens qui ont peur de leur ombre, et n'osent pas, suivant les sondages en espérant ainsi être réélus, on n'en prend pas le chemin...
C'est tout cela qui fait le lit du FN!
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