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Vers une fracture au sein de l'Otan

L'Otan reste encore aux yeux de tous une machine de guerre montée contre la Russie par l'Amérique. L'obstination de Washington à installer des missiles anti-balistiques aux frontières de la Russie et depuis quelques semaines à provoquer Poutine lors de la crise ukrainienne, en espérant qu'il fera un geste déjà qualifié d'irréparable, montre bien les objectifs imposés à l'Otan dans l'esprit des stratèges américains.


 Il s'agit d'engager les pays européens dans une guerre contre la Russie utilisant des moyens conventionnels, guerre que les américains ne peuvent faire eux-mêmes, faute de moyens sur place. Cette guerre une fois enclenchée, que l'Otan ne pourra pas gagner face à l'armée russe, donnera à Washington un prétexte pour « voler au secours des Européens » en utilisant l'arme nucléaire. Ainsi la Russie, telle Carthage, pourra enfin être détruite, en totalité ou dans le détail.

Nous avons plusieurs fois répété, et nous ne sommes pas les seuls, que le désir profond de la « grande démocratie » (l'Amérique) est d'éliminer la Russie en tant que détentrice d'une force nucléaire considérable pouvant éventuellement s'opposer à l'ambition américaine, toujours vivace, d'être et de rester la seule grande puissance mondiale. Pour engager ce processus à distance, c'est-à-dire bien tranquillement de l'autre côté de l'Atlantique, l'Europe de l'Otan, bonne bête, est indispensable. Il se trouve que, au sein de cette même Europe de l'Otan, certaines forces politiques commencent à renâcler. C'est notamment le cas en Allemagne, à divers niveaux.

D'une part, l'on fait valoir que dans l'hypothèse d'une telle guerre, resterait-elle conventionnelle, ce serait l'Allemagne qui disparaitrait la première. D'autre part, au niveau du patronat et des syndicats, la politique de sanctions contre la Russie imposée par Washington apparaît de plus en plus comme catastrophique. L'économie allemande a beau être forte, elle ne supporterait pas longtemps la rupture des liens germano-russes déjà établis depuis au moins une décennie. D'autant plus que cette rupture serait définitive, les Russes se tournant immédiatement vers la Chine, qui n'attend que cette occasion pour s'établir en Eurasie.

Aussi bien, au sein des membres de l'Otan, une fracture se prépare-t-elle entre Washington, ses fidèles suiveurs dont en premier lieu la Pologne, d'une part et d'autre part l'Allemagne, qui sera sans doute accompagnée de quelques alliés. La France restera courageusement entre les deux, pratiquant la politique de la marmotte qui se cache pour laisser passer l'hiver. Et encore la marmotte a-t-elle des excuses, ne disposant pas des forces industrielles et militaires de la France.

Inutile de dire que si cette fracture au sein de l'Otan se précisait, elle aurait des conséquences géostratégiques considérables. Elle pourrait notamment renforcer les perspectives d'une alliance entre l'Europe (une certain partie de l'Europe, tout au moins) et la Russie. Celle-ci va indiscutablement, comme l'on disait jadis, dans le sens de l'histoire.

19/05/2014
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