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Régulation financière européenne: urgence.

Il faudrait d'urgence créer une autorité européenne de régulation des activités boursières, bancaires et d'assurances, suffisamment indépendante des intérêts nationaux (et suffisamment compétente, évidemment) pour prendre les macro-décisions nécessaires à la défense des économies européennes face à l'Amérique et aux autorités asiatiques de régulation.

La régulation est de retour partout, y compris dans les Etats se voulant les plus libéraux, comme les Etats-Unis. On vient de le voir ces jours-ci, avec les doubles décisions de la Fed et du gouvernement fédéral: soutenir les uns et laisser les autres se débrouiller. Faire de tels choix suppose une autorité unique capable d'apprécier la situation en termes globaux. Ceci n'empêche pas les erreurs, mais évite celles découlant de la dispersion des régulateurs.

L'Europe est incapable de procéder de cette façon. La Banque centrale européenne ne peut pas intervenir sur les opérateurs financiers et boursiers. Elle peut seulement tenter de le faire indirectement en modulant les taux de ses prêts. Les autorités de régulation de chacun des grands Etats européens ne peuvent agir que sur une fraction des opérateurs. De plus, elles sont liées par des mots d'ordre gouvernmentaux les poussant à privilégier la facilité pour ne pas déplaire aux électeurs.

Il faudrait donc, comme nous le montrons dans notre livre "L'Europe ou le vide de puissance", créer une autorité européenne de régulation des activités boursières, bancaires et d'assurances, suffisamment indépendante des intérêts nationaux (et suffisamment compétente, évidemment) pour prendre les macro-décisions nécessaires à la défense des économies européennes face à l'Amérique et aux autorités asiatiques de régulation. Une des erreurs historiques de Nicolas Sarkozy, pour reprendre le terme de Jean Peyrelevade, fut de n'avoir pas repris cette proposition pendant la présidence française. Il serait encore temps de le faire, mais on peut douter qu'il s'y décide, vu son faible niveau de compétences économiques. Dans la meilleure des hypothèses, ce seront d'autres gouvernements, peut-être celui de Mme Merkel, qui le feront à la place de la France, face aux risques croissants de l'absence de régulation.
16/09/2008
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