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Les violences islamo-terroristes ne font que commencer

Il faut être réaliste. L'enlèvement des filles au Nigéria par la secte Boko Aram illustre, quelle que soit la fin heureuse ou malheureuse de l'affaire, une réalité qu'il serait grave de dissimuler. Dans les mois et années prochaines, les sectes et bandes armées, du type de Boko Aram ou Ansar Dine, ne cesseront de se multiplier et de devenir plus dangereuses.

D'ores et déjà, elles débordent dans les Etats voisins, bien incapables de les contenir: Mali, Niger, Tchad, République Centre africaine. Des filières de plus en plus nombreuses les relient à l'ensemble du Sahel, de la Libye, du Soudan et bien évidemment de la Syrie.
Certains observateurs, qui ne sont pas pourtant portés au sensationnalisme, parlent d'une véritable prolifération de type cancéreux.

Certes, les individus impliqués ne sont encore que quelques milliers ou dizaines de milliers. Mais, grâce aux trafics divers, armes, drogues, enlèvements, ils acquièrent les moyens d'une véritable armée. De plus, ils utilisent, sincèrement ou par calcul, les arguments religieux les plus extrêmes, celui d'une guerre islamique devant être menée jusqu'à son terme, c'est-à-dire jusqu'à l'extermination des hérétiques, autrement dit l'extermination des non-musulmans ou des musulmans trop tièdes à leurs yeux. Beaucoup d'entre eux enfin viennent des pays européens eux-mêmes et se préparent à y retourner avec leurs armes et un entrainement de combattant dont les Européens ne disposent plus – sauf peut-être l'armée populaire suisse avec ses couteaux du même nom.

Ces bandes, pour le moment ne sont pas encore coordonnées par un commandement unique, comme souhaitent le devenir les chefs d'Al Qaida. Mais elles n'en sont que plus dangereuses, se dispersant dans des territoires immenses et se noyant dans des populations de plus en plus sensibles aux divers arguments qu'elles utilisent pour recruter de nouveaux combattants. Les gouvernements des Etats concernés, à commencer par celui du Nigéria, ne peuvent les contenir, quand ils le veulent vraiment: militaires inentrainées et mal équipées, souvent réticents sinon prêts à déserter, Etats en rivalité les uns avec les autres, corruption généralisée.

Les sommes considérables qui découlent des importantes productions pétrolières de pays comme le Nigéria, sont, après que les occidentaux en aient prélevé l'essentiel, détournées par les classes dirigeantes locales qui ne s'en servent absolument pas pour tenter d'élever le niveau de vie et l'emploi de dizaines de milliers de jeunes urbains sans avenir, futures recrues quasi obligées pour les actions terroristes.

Quant aux populations elles-mêmes, elles restent, des décennies après la décolonisation, globalement en proie à tous les maux de la pauvreté quand elle frappe des sociétés traditionnelles n'ayant pas eu le temps de s'adapter aux nouveaux risques: disettes, maladies et natalité incontrôlables, assujettissement des femmes, influence des sorciers...Ces populations, cependant, se comptent par centaines de millions, ainsi 170 millions au Nigéria aujourd'hui, sans doute 300 millions au milieu du siècle, soit des effectifs voisins de ceux des Etats-Unis ou de l'Europe.

Augmenter les budgets militaires plutôt que les diminuer

Pour noircir encore le tableau, il faut y intégrer les conséquences d'un changement climatique aujourd'hui reconnu comme inexorable, aridification, disparition des espèces endogènes, remontée du niveau des mers noyant les régions les plus développées, c'est-à-dire les zones côtières... Ces populations, inexorablement, migreront vers l'Afrique du Nord puis l'Europe. Encouragées par des prêcheurs de violence islamique de plus en plus écoutés, elles ne se borneront plus à franchir relativement pacifiquement des barrières dérisoires, comme celles disposées par l'Espagne autour des enclaves de Ceuta et de Melilla. Elles se transformeront en véritables armées de la faim et de la misère.

On nous dira que nous dressons là un tableau apocalyptique, qui dans l'immédiat servira de prétexte, en Europe, à toutes les politiques racistes de containment. Peut-être, mais le risque serait encore plus grand d'être naïf jusqu'au jour où l'on découvrira l'étendue du désastre. La première chose à faire, en Europe, serait de se doter de forces armées et de police capables, soit d'intervenir en Afrique en appui des gouvernements, dans l'hypothèse peu probables où ceux-ci le demanderaient, soit de défendre les frontières et les territoires des pays européens eux-mêmes.

Or, d'une façon irresponsable, les pays européens qui sont les plus riches et qui seront les proies les plus tentantes, telle l'Allemagne, ont décidé ne ne pas dépenser un euro en moyens de défense. La France elle-même, sur laquelle tout le monde compte apparemment pour servir de tampon en Afrique, est à bout d'effectifs et de matériels, que ce soit dans le domaine militaire ou dans celui de la gendarmerie et de la police.

Bien plus, concernant notamment la France, on constate aujourd'hui que le Président Hollande, qui avait juré il y a quelques mois de sanctuariser le budget de la défense, s'apprête pour respecter les exigences d'économie imposées par les autres Etats et la Commission, à réduire de plusieurs milliards les budgets de la défense. Il s'agit d'un véritable délire. Que compte l'augmentation marginale du déficit si pour refuser cette augmentation, l'on s'ampute des bras et des jambes?

Ces perspectives démontrent aux scientifiques, dont la plupart le soupçonnent déjà, que les sociétés, fussent-elles dites modernes, sont soumises à des phénomènes échappant complètement aux gouvernements et aux volontés collectives. C'est ainsi que l'Europe était entrée en guerre en 1914 et 1939. Ce sera de cette façon, dans les prochaines décennies, qu'elle disparaîtra. Le moins que l'on puisse faire serait de s'en rendre compte.

13/05/2014
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