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L'Allemagne prend des distances à l'égard les Etats-Unis. A quand la France ?

C'est d'abord à propos de l'Ukraine qu'un tel événement, jugé improbable par qui connait les liens de consanguinité qui depuis la 2e guerre mondiale ont toujours uni l'Amérique et l'Allemagne, peut commencer à être observé. Il s'est manifesté récemment par des articles de la presse allemande la plus conservatrice qui ont relayé des informations précises fournies par les services secrets allemands. Elles mettent en lumière les effectifs importants de mercenaires appartenant à des sociétés privées américaines qui contribuent à la lutte armée contre les activistes pro-russes, en liaison avec des mouvements ukrainiens d'extrême droite.

Beaucoup d'observateurs s'en doutaient, de même qu'ils avaient fut-ce à contre-coeur admis le rôle criminellement provocateur de tels mercenaires dans les fusillades anti-gouvernement ukrainien ayant aux origines précipité la révolution dite de la place Maidan. Le point important et nouveau est l'écho donné à ces informations par la presse allemande de droite, qui est la plus proche des intérêts industriels de l'ordo-capitalisme allemand, pour reprendre le terme de Frédéric Lordon.

Manifestement les têtes pensantes de ce capitalisme commencent à trouver que suivre les Etats-Unis comme des petits chiens les mènera au désastre. La chancelière Merkel semble s'en être convaincue. Non seulement les banquiers de Francfort et autres lieux prennent de plus en plus de distance vis-à-vis des intérêts financiers de Wall Street et de Londres, reprochant à ceux-ci d'être trop liés à la politique hasardeuse de Barack Obama en Europe et en Asie. Mais surtout, ils prennent conscience que l'agitation militaro-diplomatique imposée par Washington, via l'Otan, à l'Europe, finira par leur couper toutes chances de coopération stratégique avec l'axe russo-chinois.

Cet axe de fait est en train de se mettre en place, comme le montre le projet de Nouvelle route de la soie proposé par la Chine à la Russie, à une partie du Moyen Orient et de l'Afrique, comme à l'Europe du Nord (voir notre article). Plus immédiatement, les liens économiques très forts unissant le capital allemand à la Russie ne pourront que souffrir des mesures punitives anti-russes que Washington voudrait imposer à Berlin. Les Allemands se demandent s'ils ne seront pas les dindons finaux d'une telle farce, laissant la place aux intérêts financiers américains qui, eux, ne s'embarrasseront pas de sanctions à l'égard de Poutine pour essayer de continuer à s'étendre en Eurasie.

Ce raisonnement intelligent ne semble pas atteindre la France, dont le Président devrait lui-aussi prendre ses distances à l'égard de l'Amérique, ne fut-ce qu'en sortant maintenant de l'Otan, comme vient de le recommander Marie France Garaud. Mais apparemment il n'en a cure, poursuivant son petit circuit touristique anti-russe dans le Caucase. La Grande Nation, comme l'on appelait la France, est tombée bien bas dans cette partie du monde, là où, depuis les rois de France à Napoléon, puis à De Gaulle, elle s'était fait respecter.

12/05/2014
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