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Quatre raisons pour qu'une guerre nucléaire éclate à l'occasion de la crise en Ukraine

Nous avions dans un article précédent indiqué que la perspective d'une guerre nucléaire entre les Etats-Unis et la Russie était très peu probable, compte tenu des risques de destruction mutuelle assurée et de l'encore faible intensité des menaces américaines contre la Russie, se limitant à l'époque à des sanctions économiques. Nous sommes obligés de changer d'avis aujourd'hui.
Même si le risque de guerre nucléaire n'est pas encore au plus haut, il se rapproche. La raison en est la mobilisation croissante des forces de l'Otan (pilotée par l'Amérique) et des extrémistes ukrainiens contre les pro-russes d'Ukraine orientale. Tout en gardant encore une certaine prudence, la Russie semble préparer en retour une réaction militaire aux agressions des Ukrainiens.

Un expert américain de ces questions, Lorenz B. Thompson, du Lexington Institute , donne quatre raisons aux risques d'escalade (voir Four Ways The Ukraine Crisis Could Escalate To Use Of Nuclear Weapons - http://www.lexingtoninstitute.org/four-ways-the-ukraine-crisis-could-escalate-to-use-of-nuclear-weapons/. Ces raisons découleront du fait, quasi inévitable, de défaite des forces de l'Otan en cas d'affrontements classiques avec les forces russes. Dans ce cas, le recours à l'arme nucléaire tactique, deviendra lui aussi quasi inévitable. Outre que ce recours est depuis longtemps recommandé dans un tel cas par les faucons des deux bords (plus particulièrement du bord américain), il découlerait d'évènements non prévus à ce jour mais toujours à craindre en cas de conflit ouvert. Loren Thompson en mentionne quatre, susceptibles d'intervenir d'un côté ou de l'autre. .

  • des renseignements (intelligence) erronés sur l'état des forces et sur les intentions de l'adversaire. L'Amérique a multiplié les exemples, ces dernières années, d'erreurs dans le renseignement.

  • D'erreurs de compréhension, voire d'interprétation, concernant les messages émis par l'adversaire. Lorsque Lavrov, par exemple, parle d'aider les russophones d'Ukraine, entend-il par là une entrée en Ukraine des blindés russes?

  • L'illusion qu'en cas de difficultés des forces conventionnelles sur le terrain, le recours à 1 ou 2 armes nucléaires tactiques pourraient inverser le rapport des forces, sans entrainer d'escalade.

  • Une défaillance dans la chaine de commandement. L'utilisation de telles armes reste en principe soumise à une autorisation des gouvernements respectifs. Mais comme les chefs d'unité sur le terrain en sont dotés, il est toujours possible que l'un d'eux en décide unilatéralement l'usage pour soulager ses troupes.


A ce moment l'escalade sera inévitable. C'est d'ailleurs le défaut majeur de telles armes tactiques, quand elles sont également réparties des deux cotés. Elles ne peuvent pas être restreintes à des emplois limités.

On peut douter que la confrontation arrivée à ce stade, une conférence d'urgence entre les chefs d'Etat concernés puisse éviter le pire.

Ces risques confirment notre point de vue, et même celui de beaucoup de citoyens américains: l'Otan devrait laisser les Ukrainiens et les Russes se débrouiller entre eux. Elle ne serait fondée à intervenir qu'en cas d'invasion claire d'un Etat de l'Otan par la Russie.

28/04/2014
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