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Occidentaux, nous ? Non merci.

Nous avons déjà plusieurs fois réagi devant la démission absolue que représente pour les Européens le fait d'accepter de se faire appeler, de s'appeler eux-mêmes, des Occidentaux (Westerners en américain).

Si du temps de la guerre froide et du stalinisme conquérant, les Européens pouvaient à la rigueur accepter de faire partie d'un « bloc de l'Ouest » dont les Etats-Unis assuraient le commandement, ils auraient du cependant dès cette époque comprendre qu'ils faisaient le jeu des Américains pour qui il était aussi important d'empêcher l'Europe de se constituer en tierce puissance que de contenir l'URSS.

Diverses sources montrent aujourd'hui 1) que  ce fut par le désir d'enlever toute capacité d'indépendance à l'Union Européenne que Washington encouragea l'entrée dans l'Otan et dans l'Union Européenne des anciennes démocraties populaires européennes. La même stratégie  fut d'ailleurs ensuite conduite à propos de la Turquie. L'objet à l'époque n'était pas d'encercler la Russie, dont les Etats-Unis avaient cessé de se méfier, mais principalement d'empêcher l'Europe de doter d'une politique indépendante, diplomatique ou économique. Les Etats-Unis savaient qu'ils disposaient de nombreux appuis dans ces pays. Ils  avaient donc résolu d'en faire des relais au sein de l'Union européenne, capables de contrer une volonté d'indépendance voire de concurrence émanant de la « vieille Europe » toujours soupçonnée de « résurgences gaullistes ».  Pour cela, quoi de mieux que brandir le drapeau des « valeurs occidentales » dans des pays, de la Pologne aux Etats Baltes, encore traumatisés par l'occupation communiste.

On peut penser qu'aujourd'hui encore, contrairement aux apparences, ce que cherche Washington en se faisant le champion des valeurs occidentales et en attisant le sentiment anti-russe des Etats européens de l'Est et des républiques du Caucase n'est que secondairement l'encerclement militaire de la Russie. L'Amérique n'a rien à craindre de cette dernière, ni au plan des armements conventionnels, ni au plan nucléaire, ni même au plan économique (énergétique). Ils ont au contraire besoin de son appui. On peut penser que les Russes d'ailleurs le savent. L'intérêt vital de l'Amérique, par contre, est de conserver le leadership politique d'une Europe, encore 2e puissance économique mondiale, sans laquelle malgré toute sa puissance propre, elle ne pèsera guère dans le monde multipolaire de demain, face à la Chine et à l'Inde entre autres.

Ils doivent donc tout faire pour maintenir les Européens dans la dépendance, non seulement diplomatique mais intellectuelle et sentimentale. Quoi de mieux pour cela que les persuader de leur appartenance à un Occident aux frontières orientales desquelles ils seraient les vaillants petits soldats.  La tâche n'est pas difficile. Outre les appuis indéfectibles qu'ils trouvent au Royaume Uni et dans la nouvelle Europe, ils disposent d'assez d'agents, aux plus hauts postes des gouvernements et des médias européens, pour favoriser ouvertement ou de façon plus discrète, leur politique.

On avait pu croire que, dans la crise actuelle, Washington empêtré dans ses difficultés propres aurait eu tendance à se retirer au moins de facto du jeu, en diminuant sa pression sur les Européens. Le récent voyage en Europe de l'affreux Dick Cheyney, dont beaucoup d'Américains eux-mêmes dénoncent le rôle néfaste,  reçu chez nous avec honneur au lieu de l'être avec des pincettes, montre bien qu'ils n'ont pas renoncé à maintenir les Européens sous leur dépendance.

Pour que nous Européens, comprenions ce que représente le piège consistant à nous affirmer Occidentaux, il nous suffirait de méditer  le programme politique que vient de faire acclamer par la Convention républicaine la candidate Sarah Palin à la vice-présidence américaine : mobilisation pour une Amérique dominante, pour la poursuite des guerres au Moyen Orient et ailleurs, pour les armes à feu, pour l'exploitation à outrance des réserves pétrolières, pour l'enseignement des textes bibliques dans les écoles, pour l'interdiction de l'avortement, pour la peine de mort...autrement dit contre tout ce qui faisait jusqu'à présent encore une grande partie des valeurs européennes. Comme il n'est pas exclu que de tels gens gouvernent prochainement l'Amérique, directement sous une administration républicaine, indirectement et en sous-mains sous une administration démocrate, accepterons nous de rester membres d'un Occident dont cette Amérique là conservera la direction ? La réponse doit être évidemment négative. Occidentaux nous ? Non merci.
06/09/2008
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