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Lancement réussi de l'ATV de l'Esa

L'Europe au seuil des missions spatiales habitées
Démentant tous ceux qui expliquent que les missions spatiales habitées n'ont aucun intérêt pour l'Europe et sont de toutes façons hors de portée, le lancement réussi de l'ATV (Automated Transfer Vehicle) le 9 mars montre que les Européens pourraient se lancer sans attendre dans la programmation de telles missions.

Il y a un mois, une navette américaine amarrait à la plateforme spatiale internationale ISS le  laboratoire Columbus et y débarquait 2 européens pour un séjour de quelques semaines. Aujourd'hui, l'Esa montre qu'elle dispose maintenant des principaux éléments permettant des vols orbitaux européens, eux-mêmes préfigurant des missions lunaires. Outre l'Ariane 5 et l'ATV, qui pourrait donner naissance à un module habité, la base de Kourou a démontré une fois de plus son intérêt stratégique.

L'ATV dont le premier exemplaire a été baptisé Jules Verne, est un véhicule de 20 tonnes destiné à ravitailler l'ISS en eau, ergols, vivres et matériel scientifique, et à rehausser son orbite. Chargé ensuite des déchets de la Station, il sera à la fin de sa mission de six mois précipité dans l'atmosphère, où il se désintégrera. Il s'agit du plus important et du plus complexe des programmes réalisés par l'Esa. L'ATV, construit par Astrium Space Transportation, est un cylindre de 10,3 m de long et 4,5 m de diamètre capable d'emporter neuf tonnes de cargaison, soit trois fois plus que les actuels ravitailleurs russes Progress.

Si la mission se termine comme prévu, il va aussi permettre à l'Europe d'effectuer pour la première fois un rendez-vous spatial automatisé, avec un amarrage à l'ISS le 3 avril sans intervention humaine : un banc d'essai pour de futurs vols spatiaux humains et pour des missions de retour d'échantillons de Mars, selon Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'Esa. .

Dans l'immédiat, l'avenir des vols habités européens est conforté jusqu'à la fin de l'exploitation de l'ISS, avant 2020, puisque l'accès à l'ISS pourra se passer de la navette américaine, en fin d'exploitation. Le spationaute français Léopold Eyharts installe actuellement le laboratoire Columbus, où commenceront les expérimentations dans les mois qui viennent. Certains doutent de l'intérêt de telles expériences, mais la question n'est pas là. Aujourd'hui comme plus tard, vivre et travailler en microgravité représente un enjeu humain et scientifique certain.

Dans les prochaines années, on verra les Chinois, les Indiens et peut-être d'autres (sans mentionner les Américains pour qui l'espace doit rester un terrain de manoeuvre exclusif) multiplier les vols orbitaux habités autour de la Terre d'abord, de la Lune ensuite. Le débarquement d'équipages, précédés de robots, sur notre satellite, est également prévu à relativement brève échéance. Que l'on ne dise pas que ceci ne représentera pas d'intérêt pour les Etats qui lanceront de telles missions. Aurait-on envisagé, au début de l'aviation, de se limiter à faire voler des prototypes guidés par des ficelles ?

Pour François Auque, PDG d'Astrium, "Il faut trouver des motivations pour relancer les dépenses en faveur de l'espace, et une des meilleures, ce sont les vols habités". Pour Yannick d'Escatha, président du Cnes, l'avenir des vols habités ne fait aucun doute : "L'Homme a exploré, explore, et explorera le milieu qui est le sien, et aujourd'hui, l'espace est son milieu".

Il serait temps que les gouvernants européens s'en avisent.

09/03/2008
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