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Poutine, le dirigeant préféré des Britanniques

Le 25 mars 2014, un certain Nigel Farage, chef de l'UK Independence Party ( UKIP) , Parti pour l'indépendance du Royaume Uni, à ranger parmi les eurosceptiques bien qu'il ait été député européen, avait déclaré qu'il considérait Poutine comme actuellement le meilleur dirigeant politique du monde. Nigel Farage est connu pour sa sympathie à l'égard de la Russie. Il est souvent interrogé par Russia Today. Cela ne veut pas dire qu'il ne puisse exprimer des points de vue qui, bien que contraires à ceux de l'establishment européen, méritent d'être pris en considération.


Le journal The Independant, afin de démontrer pensait-il à quel point Farage manquait de bon sens à propos de Poutine, avait lancé début avril un sondage auprès de ses lecteurs, en posant la question suivante: “Le leader mondial préféré de Farage est Poutine. Quel est le vôtre ?” . A la surprise générale, ce sondage avait répondu ceci: David Cameron, 2% de votes favorables pour la désignation de “leader mondial préféré” ; Barack Obama, 4%  ; Angela Merkel, 8% ; François Hollande, 1% ; Vladimir Poutine, 82% .

On ne pouvait pas soupçonner ce sondage d'avoir été manipulé. Nous ne sommes pas en Crimée, dans la main des successeurs de l'ex KGB. Nous sommes en Grande Bretagne, pays du fair-play. Le sondage a cependant été répété plusieurs fois et a donné à peu près les mêmes résultats: le pourcentage de Poutine passant à 86%.

Début avril, il était donc évident que la popularité de Vladimir Poutine était au plus haut. L'on peut s'interroger sur les causes de cet étrange phénomène, étrange aux yeux tout au moins de l'establishment précité. Certains observateurs l'attribuent aux précédents succès diplomatiques de Poutine, face aux tergiversations et échecs d'Obama et de ses fidèles suiveurs au sein de l'Union européenne. Les Britanniques, manifestement, n'avaient pas non plus reproché à Poutine d'avoir récupéré la Crimée dans le giron russe. Pour d'autres observateurs, Poutine est devenu populaire en Grande Bretagne, surtout dans les rangs des conservateurs, car il y est présenté, à tort ou à raison, comme l'artisan de la restauration d'une Russie profondément conservatrice. Pour les journaux people enfin, Poutine est surtout admiré comme père de Ekaterina Poutina, sa fille, présentée comme une « vraie bombe ».

Une campagne très violente

Aujourd'hui cependant, bombe ou pas, une campagne très violente contre la Russie a été déclenchée en Occident à la suite de manifestations pro-russes en Ukraine de l'Est. Poutine est accusé de s'appuyer sur ces manifestations pour préparer une intervention militaire qui se traduirait par le rattachement à la Russie de cette partie de l'Ukraine. Mais il est difficile de savoir ce que sont ces manifestants pro-russes. Certains sont sans doute des agents manipulés par Kiev ou par les Etats-Unis pour pousser Poutine à la faute. Par ailleurs, dès le début des évènements de Maiden-Kiev, de nombreux esprits censés, y compris en France, avaient recommandé qu'une négociation s'engage pour une fédéralisation de l'Ukraine, laquelle apparaissait comme la moins mauvaise des solutions. Moins mauvaise pour ceux qui veulent maintenir un semblant de paix dans la région, détestable au contraire pour les boutes-feu de l'Union européenne, en Pologne ou dans d'autres pays fraichement sortis de l'ex-URSS et fortement soutenus par l'Amérique et son bras armé européen l'Otan.

Quoiqu'il en soit, Poutine est dit aujourd'hui, peut-être à la suite de propos un peu aventurés, comme prêt à intervenir, mais comment, pour soutenir les revendications des Ukrainiens pro-russes. N'attendant que cela, l'Otan en la personne de son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, multiplie les mises-en garde et les déplacements dans la zone sensible. Les Etats-Unis ont annoncé par ailleurs le renforcement de leurs forces terrestres et aériennes en Europe. Leurs experts laissent entendre que Poutine se préparerait à annexer les Etats Baltes, et pourquoi pas la Pologne et les autres Etats de l'ancien bloc soviétique. Une guerre plus froide que froide sera jugée par eux comme inévitable, pourquoi pas une guerre un peu plus chaude.

Dans cette remontée de la crise ukrainienne, la diplomatie européenne est plus que jamais aux abonnés absents, partagée qu'elle est entre les rodomontades des anciens pays de l'Est, la grande prudence, c'est le moins que l'on puisse dire, de la Chancelière allemande et le silence embarrassé régnant en France et ailleurs. Mais que pense le peuple européen en son for intérieur? Personne n'organisera de sondage à ce sujet, malheureusement.

On peut conjecturer cependant que Poutine y apparaitrait encore comme très populaire, Obama, Cameron et Hollande au plus bas, Merkel en forte hausse. Ce peuple européen en sa sagesse se dirait sans doute que les Américains n'ont plus rien à faire en Europe, que l'Otan se montre de plus en plus dangereuse et qu'il vaudrait mieux la remplacer par une défense européenne indépendante de l'Amérique, que finalement la question ukrainienne intéresse avant tout l'Ukraine et la Russie, les autres pays n'ayant, si l'on peut dire, rien à y f....



09/04/2014
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