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Mission pour le gouvernement: que la France produise plus qu'elle ne dépense

Il paraîtra présomptueux de prétendre définir en quelques phrases ce que le nouveau gouvernement de la France devrait faire pour enrayer le dangereux amoindrissement de celle-ci. Les « il n'y a qu'à » et « il faut qu'on » donnent nécessairement l'impression d'un volontarisme naïf, ignorant les obstacles multiples que rencontre l'action politique, notamment si elle veut s'opposer même d'une façon infime au Système qui nous étouffe.


Pourtant, sans le recul nécessaire à la définition d'objectifs ambitieux, fussent-ils prétendument simplistes, les Français continueront à se laisser porter sur la pente descendante, s'imaginant qu'aucune solution neuve n'est possible. Ou alors ils se réfugieront dans une révolte elle-même simpliste, qui donnera aux représentants du Système des argument de plus pour les réprimer.

Si donc l'on ne prêche pas pour une improbable révolution, il faut tenir compte de ce qu'est le Président élu par le pays, et de ce que sera le gouvernement renouvelé qui vient d'être désigné. Il faut tenir compte aussi de l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui, en transposant la phrase de Winston Churchill à propos de la démocratie: « L'Europe est la pire des solutions, à l'exception de toutes les autres ».

Or, à l'intérieur de ces contraintes apparemment étroites, il faut se persuader que de grandes possibilités de redressement pourraient être exploitées. Comment ? Disons que, si la France aujourd'hui dépense incontestablement plus qu'elle ne gagne, il faudrait qu'elle produise plus qu'elle ne dépense.

La remarquable série Apocalypse consacrée par France 2 à la première guerre mondiale a rappelé comment la France a pu sortir victorieuse de la guerre, non seulement grâce au courage de ses soldats, mais parce qu'elle pu sauvegarder et moderniser l'essentiel de ses industries de guerre. Nous sommes aujourd'hui dans une situation, certes moins tragique, mais quelque peu similaire. L'ennemi pour la nation, dans la guerre déjà engagée contre le réchauffement climatique, la disparition de la biodiversité et d'autres maux, ce sont les lobbies du pétrole et de modes de transport ou de logement toujours aussi dépensiers en énergies primaires...sans oublier les lobbies de la finance, à qui pensait semble-t-il François Hollande dans ses discours électoraux.

Aussi,  de même que la France a su, à partir de 1917, produire en grandes séries de l'époque des canons, des munitions, des chars Renault et des avions, il nous faut aujourd'hui produire en grande série des générateurs d'énergies renouvelables, des véhicules électriques et des logements à la fois bon marché et parfaitement isolés. La France de 14-18 avait su transformer son industrie sans argent frais et sans renouvellement de ses sources de matière première. Il faut faire pareillement aujourd'hui.

Quant aux hommes, ou plutôt aux femmes qui se sont engagées massivement à l'époque dans l'effort de production, à la campagne comme à la ville, on doit aujourd'hui s'inspirer de leur exemple. Les travailleuses et travailleurs de toutes catégories ne manquent pas, compte tenu du taux de chômage actuel. Encore faut-il mettre en place les solutions (y compris coopératives) permettant de valoriser leurs compétences.

Mais pour mener cet effort immense, il faut que la Nation réclame du gouvernement une politique cohérente et suivie, appliquée avec l'autorité nécessaire. Autrement dit, plutôt que jouer des jeux personnels, face à un Président et un Premier ministre impuissants, chaque ministre doit valoriser son domaine de compétence en étroite liaison avec les autres – les administrations des finances, de l'économie et du budget se mettant au service des administrations productives. Concernant les collectivités locales, plutôt que privilégier les intérêts égoïstes, elles devraient aussi se mettre au service de la politique générale, celle-ci ne pouvant évidemment pas être définie et appliquée au seul niveau parisien.

Est-ce trop demander au Premier ministre et aux ministres qui viennent d'être désignés? Certainement pas si l'on considère leur  qualités personnelles et, pour plusieur(e)s, leur grande expérience.

Cependant les ministres et les maires, comme les entreprises et les travailleurs, ne se coordonneront pas en vue d'une grande politique s'inspirant de grands objectifs, si les citoyens ne montrent pas à leur égard une exigence renouvelée. Une exigence concernant le respect du programme et les résultats. Mais aussi une exigence vis-à-vis de leurs propres dépenses et comportements. La France de 1914 avait failli perdre la guerre, on ne le rappelle pas assez, du fait des trop nombreux« embusqués » menant la grande vie à Paris, pendant que les soldats se faisaient tuer au front.

Disons qu'aujourd'hui il y a encore trop d'embusqués de toutes sortes qui se réjouissent des difficultés nationales parce qu'ils en tirent profit. Si certains d'entre eux devaient être (symboliquement rassurez-vous) fusillés pour l'exemple, ce devrait être parmi eux qu'il faudrait frapper.


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Le Char Renault FT a été le véhicule de combat blindé et chenillé le plus efficace de la Première Guerre Mondiale. Environ 3.700 chars FT sortirent d'usine en 18 mois, fabriqués chez Renault mais aussi chez Berliet, SOMUA et Delaunay-Belleville 
02/04/2014
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