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Faut-il comparer Vladimir Poutine à Hitler ?

C'est ce que s'est permis de faire Hillary Clinton, dans une intervention d'autant plus remarquée qu'elle était contraire à tous les usages diplomatiques? Beaucoup d'hommes politiques et de journalistes, aux Etats-Unis comme en Europe, ont repris à plaisir l'accusation. Son simplisme les dispense de tout effort pour argumenter les raisons profondes qui justifient leur « Putin bashing » systématique.

En France le 1er avril, la 2e chaine de la télévision publique, a consacré une excellente émission à Adolf Hitler. Celle-ci a montré, s'il en était besoin, la mauvaise fois d'une accusation comparant Poutine à Hitler. Rien ne rapproche les deux hommes, non plus que la Russie d'aujourd'hui à l'Allemagne d'hier.

Bien que les situations ne soient pas vraiment comparables, c'est l'Ukraine actuelle qu'il faudrait comparer à l'Allemagne pré-nazie, et ce sera vraisemblablement le futur président ukrainien qu'il faudra comparer à Hitler. Tout laisse augurer que, sous la pression de plus en plus forte des milieux néo-nazis en Ukraine et dans les pays voisins, avec aussi l'aide massive de l'Amérique et de certains pays de l'Union européenne, ce président sera tenté de mener des actions pouvant déclencher une guerre de grande ampleur avec la Russie.

Beaucoup d'informations laissent entendre que le futur gouvernement ukrainien aurait l'intention, dès qu'il sera au pouvoir, de renforcer militairement l'armée ukrainienne et de la lancer contre les forces russes présentes à la frontière. Cela n'aurait rien d'original puisque c'est à peu près ce qu'avait tenté, avec l'appui américain, l'ancien président de la Géorgie.

Bien évidemment les Ukrainiens ne tiendraient pas longtemps face à l'inévitable riposte de la Russie. Mais les inspirateurs de cette politique suicidaire compteraient sur l'engagement en retour des forces de l'Otan, avec l'appui américain, pour que se déclenche un véritable conflit d'ampleur international. C'était la carte qu'avait jouée, et finalement perdue, malgré Munich, Hitler en attaquant la Tchécoslovaquie.

Il se trouve qu'aujourd'hui, Poutine n'est plus seul face à l'Otan et l'Amérique. Le bloc désormais très puissant des pays du BRICS interviendrait certainement pour calmer les ardeurs « occidentales ». Ils l'ont montré en s'abstenant à l'ONU dans la question de la prétendue annexion de la Crimée par la Russie. Ils le feraient aussi certainement face à des risques de guerre qui, loin de rester limités à l'eurasie, ne manqueraient pas de les impliquer tôt ou tard. Il n'est pas exclu qu'à son tour, Angela Merkel les rejoigne.

Malheureusement, dans la perspective d'une telle situation pré-conflictuelle voire conflictuelle, il est clair que la France a déjà choisi son camp. Faut-il ici préciser lequel?

Note.
On lira ci-dessous, sur ces sujets, un article très pertinent de l'observateur américain Stephen Cohen paru récemment dans Newsweek: « The American Who Dared Make Putin's Case » http://www.newsweek.com/american-who-dared-make-putins-case-231388
La traduction en français en a été faite par Les-Crises.fr « L'américain qui a osé plaidé la cause de Poutine »
http://www.les-crises.fr/americain-ose-plaider-poutine/


02/04/2014
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