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Ukraine. Qui les sanctions sanctionneront-elles?

Obama, suivi fidèlement par les chefs d'Etat européens, ne cesse d'agiter la menace de sanctions économiques de plus en plus terrifiantes à l'encontre de la Russie. Celles-ci devraient déstabiliser Vladimir Poutine en dressant contre lui les oligarques et l'opinion. Mais Obama ne sera-t-il pas lui-même le dindon de sa propre farce?

De plus en plus d'observateurs, y compris aux Etats-Unis, montrent que les premières à souffrir de ces sanctions seront les entreprises dites « occidentales » opérant en Russie. Par ailleurs, on le sait, Poutine dispose d'armes économiques non négligeables, non seulement contre l'Europe, avec le gaz, mais contre l'Amérique. Les entreprises  occidentales ont de grands projets en Russie. Devoir y renoncer les mettrait en difficultés. Dans un autre domaine, les créanciers de la dette américaine colossale en dollars pourraient décider de retirer leurs prêts et les diriger vers des pays plus tranquilles. Au sein du groupe BRICS, où la Russie est très écoutée, il avait été il y a quelques mois envisagé de créer un rival au dollar comme monnaie de change internationale, à partir du yuan chinois et d'autres. Mis sous le coude à l'époque, les conditions n'apparaissant pas favorables, ce projet pourrait ressortir.

Plus grave, même si les relations entre la Chine et la Russie sont officiellement bonnes, nul ne dissimule la rivalité qui opposera ces deux pays aux frontières de la Sibérie. Mais une offensive économique d'Obama contre la Russie aurait dans l'immédiat le résultat de rapprocher les deux puissances et les conduire à réunir leurs moyens économiques. A ce moment, Obama, qui éprouve déjà beaucoup de difficultés à reconvertir ses forces vers l'Asie afin d'y contrer la Chine, aurait certains  soucis à se faire, d'autant plus que la situation économique des Etats-Unis demeure très fragile. Le marché boursier de Wall Street pourrait en souffrir gravement, sinon s'effondrer – les autres bourses avec lui.

Poutine paraît décidé à pousser ses cartes en Ukraine, non pas sans doute en envahissant celle-ci militairement mais tout au moins, comme il est parfaitement légitime à le faire, en avalisant le rattachement de la Crimée à la Russie. Les rodomontades d'Obama, reprises à l'unisson en Europe, imposeront à celui-ci, sauf à perdre la face de menacer plus encore la Russie, y compris par des passages à l'acte localisés. Il sera relayé sur le terrain par les mercenaires "nazis" qu'il subventionne indirectement. Alors tous les risques seraient à envisager. Quand un commandant en chef s'est mis dans la position de ne plus pouvoir reculer, il continue à avancer, se fragilisant de plus en plus. Ce serait alors tout le système du capitalisme financier et économique occidental qui pourrait, sinon s'effondrer, du moins entrer dans une crise profonde et durable. Les populations, en Amérique comme en Europe, malgré le bombardement de propagande auquel elles sont soumises, pourraient alors se demander si le jeu anti-russe des lobbies militaro-diplomatiques de leurs pays en valait la chandelle.

Dans l'immédiat, les yeux pourraient s'ouvrir à Saint Nazaire, où les commandes et paiements russes concernant la série des Mistral pourraient être gelés. Merci Hollande, diront les Bretons, qu'ils soient ou non bonnets rouges.

10/03/2014
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