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Une "grave erreur"

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a prévenu mercredi 26 février la Russie que toute intervention militaire en Ukraine serait une "grave erreur". Il faisait allusion à des mouvements de troupes en Russie, à la frontière de la Crimée.

Rappelons que la Russie n'a jamais envisagé sérieusement, à notre connaissance, une intervention militaire en Ukraine. Par contre, qu'elle laisse faire sans réagir une campagne d'agression offensive de la partie occidentale de l'Ukraine, se disant européanophile, contre la partie orientale de l'Ukraine, russophone et russophile, et notamment la Crimée, serait inconcevable. Quand on sait que la Russie stationne une grande partie de sa flotte méridionale à Sébastopol, lequel port  offre à celle-ci le seul accès pratique aux mers chaudes (doublement chaudes aujourd'hui avec les guerres au Moyen Orient), nulle personne censée, même pas espérons-le aux Etats-Unis, ne peut penser qu'elle se retirerait.

C'est pourtant un des objectifs constants de la politique américaine en Europe de l'Est: priver la Russie de toute position stratégique dans cette partie du monde, et de ce fait affaiblir durablement la position internationale de la Russie. L'Amérique continue en effet à ne pas lui pardonner d'être une puissance militaire et nucléaire, fut-elle devenue depuis quelques temps, à l'instigation d'ailleurs de Poutine qui multiplie dorénavant les signes de croix lors de ses interventions publiques, un bastion de conservatisme religieux.

Alors à quoi pense Kerry quant il parle d'erreur grave? L'envoi de missiles provenant de la flotte américaine omniprésente en Méditerranée? Pourquoi pas une bombe atomique? Veut-il pousser la Russie à la faute en l'exaspérant par des interventions qui, dans d'autres parties du monde, seraient inimaginables? Que dirait John Kerry si la Russie menaçait militairement l'Amérique en cas de répression par la maison Blanche de mouvements contestataires sur le modèle des divers « Occupy ».

Ce qui est grave est le fait, qu'en France même, les provocations de l'Amérique destinées à affaiblir la Russie trouvent un écho, peut-être pas dans l'opinion, mais du moins dans les média. Il n'est que de lire l'article d'un certain Jan Techau (directeur de la Fondation Carnegie en Europe) « L'Ukraine a détruit le mythe de la puissance russe » que vient de publier Le Monde dans la meilleure des bonnes consciences.
http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2014/02/26/l-ukraine-a-detruit-le-mythe-de-la-puissance-russe_4373439_3214.html


27/02/2014
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Nombre de réaction(s) : 1
Suicidaire poue l'Europe de diaboliser la Russie
27/02/2014 12:19:48 | Par : Jacques Favin Lévesque
Ce qui est dramatique, c'est l'exorbitante prétention de nos médias et de nos intellectuels (ou prétendus tels...) à donner des leçons de démocratie à tous ceux qui, de par le monde, n'en ont pas la vision politico-médiatique en cours dans notre pays. Ils sont notamment incapables de comprendre le contexte politique, historique et humain propre à la Russie d'aujourd'hui qui a connu l'absolutisme tsariste pendant des siècle et qui est sortie avec des difficultés bien compréhensibles d'une dictature encore plus terrible que celle des tsars. Que Poutine n'incarne pas les valeurs démocratiques en vigueur dans l'Union Européenne, c'est un fait. Mais est-il légitime pour autant de condamner sans nuance tout ce qu'il fait ?
Ce qui ne manque pas de sel, c'est que pendant des décennies l'intelligentsia française s'est montrée d'une indulgence coupable, pour ne pas dire scandaleuse.., vis-à-vis de l'URSS et que cette même gauche intello-politico-médiatique est maintenant d'une sévérité sans égale pour une Russie qui a l'ambition tout-à-fait déplacée, à leurs yeux, de jouer un rôle de grande puissance et de maintenir son influence économique, culturelle et linguistique sur des territoires qui ont été ceux de la Russie pendant des siècles.
Faut-il rappeler par exemple que la célèbre Bérézina se situe en BiéloRussie et que la Campagne dite de Russie a été gagnée par des cosaques, des moujiks et un général hiver inconnu dans nos contrées tempérées...
Il est absurde et même suicidaire pour l'Europe de diaboliser la Russie, sa politique, ses dirigeants (et même son peuple au prétexte qu'il n'a pas la même conception libertaire de la société qu'en France). Il faut au contraire avoir un dialogue constructif et ouvert avec ce pays dont les prétentions à jouer un rôle diplomatique et politique n'ont rien de scandaleux, n'en déplaise à nos "journaleux droitdel'hommistes"
Donc je suis d'accord avec toi sur ce point et pense comme toi qu'il ne faut pas faire de suivisme vis-à-vis des USA dans nos relations avec la Russie
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