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Pourquoi vouloir à tous prix empêcher la partition de l'Ukraine ?

On peut s'étonner d'entendre, notamment en France, ceux qui ont soutenu la « deuxième révolution Orange ukrainienne », affirmer sur tous les tons que ce serait un désastre de voir une division de l'Ukraine en deux succéder à cette révolution.


Cette division, comme on le sait, aurait pour conséquence de mettre en place deux Ukraines, l'une occidentale, attirée par l'Union européenne, et l'autre orientale, russophone et pro-russe. Cette dernière, il est vrai, inclurait la « république autonome de Crimée », où se trouvent les principaux centres industriels, ainsi que les ports et bases navales sur la mer Noire et la mer d'Azov. (Sébastopol, Yalta et Feodosia).

La Crimée est peuplée de 60 % de Russes, 25 % d'Ukrainiens et 12 % de Tatars. Près de 98 % des habitants parlent le russe. Ces deux derniers jours (23 et 24 février,) des manifestants souhaitant rester dans le giron de la Russie ont hissé le drapeau russe. Ils font valoir à juste titre que si l'Ukraine a toujours historiquement été liée à l'histoire russe, c'est encore plus le cas de la Crimée. Jusqu'où iraient-ils pour le rester? Jusqu'où irait la Russie de Poutine pour conserver intactes les positions russes en Crimée, nul ne le sait à ce jour. On peut néanmoins penser que si la Russie a de fait accepté le changement de régime à Kiev, elle réagirait beaucoup plus énergiquement à la perte de la Crimée, qui constitue indéniablement un de ses centres historiques. Faute de mieux donc elle préférerait une partition de l'Ukraine en deux, la partie orientale comportant la Crimée restant sous son influence, au moins indirecte.

L'union européenne et la Russie, si elles s'accordaient pour une sortie de crise respectant les intérêts en présence, devraient donc se mettre d'accord sur le principe de cette partition. Elle pourrait être organisée aussi démocratiquement que possible: élaboration d'une constitution de type fédéral, éventuellement référendum, puis ratification par voie électorale des institutions dans chacune des deux Ukraines. Nul en Europe, autant que l'on puisse savoir, n'a jusqu'ici consulté sérieusement le ministre Sergueï Lavrov et Poutine lui-même sur leur réaction à cette perspective. Ceci n'empêche pas d'innombrables vois, officielles et officieuses, s'élever en Europe (et surtout en France) contre ce projet. Il faut se demander ce qui se cache derrière cette politique du pire?

Certainement pas des défenseurs désintéressés de l'intégrité de l'Ukraine, dont la plupart de ceux qui s'expriment ne se soucient guère. S'agirait-il de boute-feux résolus à pousser la Russie dans ses retranchements, l'inciter à des gestes qui seraient considérés comme inacceptables, compromettre durablement les convergences d'intérêt en Europe et Russie qui commencent à se préciser. Nous le pensons pour notre part.

On pourrait même aller plus loin et attribuer la soudaine sympathie qui s'exprime pour une grande Ukraine, comportant la Crimée, soustraite de ce fait aux intérêts russes, aux agents de la softwar qu'ont toujours menée les Américains derrière les prétendues révolutions orange, avec l'appui des forces les plus conservatrices et atlantistes des pays de l'Europe de l'Est. Au moment où l'Amérique, pour des raisons d'économies, envisage de réduire (de 10%) son budget militaire, elle verrait d'un bon oeil que la Russie soit chassée de ses bases en mer Noire et se retrouve coincée à Mourmansk, région certes attrayante, mais d'un intérêt stratégique bien moindre.

* Crimée. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Crim%C3%A9e

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24/02/2014
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