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Choix difficiles en vue pour Arianespace

Jusqu'à présent quasi monopolisant, avec les Russes, le secteur des lanceurs lourds civils, Arianespace est désormais confrontée à des choix difficiles. Plusieurs raisons justifient ce dilemme.

D'abord, des sociétés privées américaines sont apparues, tel SpaceX, offrant des lancements à prix cassés, dans la perspective évidente d'entrer sur le marché. Ensuite, le poids des satellites ne cesse de diminuer avec la miniaturisation des composants, rendant moins nécessaire l'emploi de lanceurs lourds pour des mises en orbite simultanée. Enfin, en ce qui concerne la propulsion des satellites une fois en orbite, à fin de positionnement définitif, les moteurs classiques sont en voie de remplacement par des moteurs dits électriques, à ions ou plasmas, plus légers et nécessitant moins de carburants (mais allongeant considérablement les délais de positionnement).

Les 20 Etats et organisations membres de l'Esa avaient envisagé de donner deux successeurs au lanceur lourd Ariane 5, qui n'a cessé d'accumuler les succès techniques et économiques mais qui était en train de vieillir. Il s'agissait d'un lanceur dit Ariane 5 ME (pour Midlife Evolution) dont la capacité d'emport aurait été accrue d'au moins 1 tonne, et destiné à entrer en service vers 2018. Pour être rentable, il devrait mettre en orbite simultanément 2 satellites.Dans le même temps, à la demande de la France, un lanceur plus léger, dit Ariane 6, dont la capacité était limitée à 6 tonnes, soit 1 satellite seulement, devait être réalisé en vue d'une mise en service vers 2020.

En France l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), avait il y a deux ans demandé d'accélérer le développement d'un lanceur de nouvelle génération pour succéder à Ariane 5. Aujourd'hui, un nouveau rapport, non rendu public, recommande au Premier ministre d'abandonner, pour raisons économiques, le développement d'Ariane 5 ME, et de concentrer toutes les ressources sur Ariane 6. Sinon la mise en service de cette dernière risquerait d'être reportée à 2025.

L'Allemagne ne semble pas être d'accord pour l'abandon d'Ariane 5 ME. En contrepartie, Berlin recommanderait l'abandon d'Ariane 6, faute de pouvoir financer les deux programmes à la fois. Des satellites allégés, tels que ceux en perspective, pourraient permettre à fin de rentabilité, à Ariane 5 ME, de mettre en orbite simultanément non seulement 2 mais plusieurs satellites. D'autre part, l'apparition de nombreux concurrents, publics ou privés, impose de continuer à occuper le terrain et à ne pas abandonner les acquis techniques et commerciaux de Ariane 5 . Dans ces conditions, serait-il intéressant de développer le lanceur Ariane 6 plus léger, d'autant plus que l'Esa dispose désormais des lanceurs russes Soyouz, sans oublier le petit lanceur Vega ?

Sans avoir en mains tous les éléments du dossier, nous pencherions ici pour cette dernière solution (abandonner ou reporter Ariane 6). On notera que la presse technique américaine se gausse actuellement des embarras de Arianespace. Elle les attribue à l'excès de confiance né des interventions étatiques européennes en ce secteur. Elle oublie évidemment que tout le spatial américain a été développé, que ce soit par la Nasa ou par les militaires, à partir de budgets publics et sous de fortes pressions gouvernementales. Même aujourd'hui, les Space X et autres bénéficient d'une aide considérable de la Nasa, non comptabilisée.

* Sur Ariane en général, voir http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/8315-quel-avenir-pour-ariane-.php

18/02/2014
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