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Israël, crise existentielle

Les observateurs de la situation au Moyen-Orient constatent la dissolution accélérée de ce qui faisait encore la relative stabilité de cette région du monde: la capacité des Etats-Unis à intervenir, la capacité de Bachar Al Assad à maintenir un relatif équilibre entre les trois composantes de la Syrie, la capacité enfin d'Israël à identifier, à tort ou à raison, quelles étaient les principaux dangers contre lesquels elle devait se prémunir.


Cette dissolution se traduit par la mise en place progressive d'un chaos incontrôlable de djihadistes enflammés, de réseaux salafistes fondamentalistes, de bandits locaux vivant du trafic de drogue et des enlèvements, voire de mafias venant du reste du monde pour tirer parti du désordre, notamment dans le domaine du pétrole. Ce chaos est aussi dangereux pour Israël que ce qu'elle estimait les années passées être ses ennemis potentiels principaux: la Palestine et le Hezbollah, l'Iran, l'Irak voire la Russie. Contre ces ennemis potentiels, elle pouvait compter sur sa toujours puissante armée et, à la limite, sur l'arme atomique. Mais contre le pullulement des bandes armées qui désormais l'entourent, que peut-elle faire? Pas plus que l'Egypte des militaires ne le peut dans le Sinaï, elle ne peut prétendre contrôler d'immenses territoires, immenses par leur étendue et leur peuplement.

La population israélienne s'en rend compte et commence, sinon à paniquer, du moins à s'inquiéter sérieusement. Les faucons tels Netanyahou sont de plus en plus déconsidérés, mais qui voudra et pourra les remplacer. Dans le même temps, le soutien jusqu'ici indéfectible dont disposait Israël aux Etats-Unis, l'AIPAC, cherche dorénavant sa voie face aux louvoiements d'Obama.

C'est pourquoi, à défaut d'autres solutions plus claire, une part importante de la population israélienne soutient un rapprochement, au moins tactique, avec la Russie. Moscou ne tient pas non plus à voir le désordre criminel s'installer pour une décennie dans la région. Dans cette optique, sans vouloir pour le moment jouer en faveur de la Russie le rôle de bastion avancé qu'elle avait jusqu'à présent tenu au profit de l'Amérique, Israël pourrait trouver quelque appui auprès d'un grand pays que beaucoup d'israéliens considèrent dorénavant comme un pôle de stabilité.

Il est dommage que les pays européens, qui comptent une majorité de citoyens ressentant au moins de la sympathie pour Israël, notamment face au terrorisme islamique, ne fasse rien pour rentrer dans le jeu, là encore comme le facteur de stabilité qu'ils pourraient au moins essayer d'être. Mais pour le moment, ils ne savent que soutenir l'insurrection aveugle contre Assad, et laisser des centaines de leurs citoyens, convertis à la guerre sainte, se rendre dans la zone pour y accroitre le désordre.  Plus gravement, aveuglés par leur hostilité récurrente à Poutine, ils se ferment les possibilités d'alliances stratégiques avec la Russie dans cette partie du monde.



17/02/2014
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