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Les Jeux Olympiques 2064

Le journal l'Equipe vient de publier un article bien documenté décrivant l'athlète de 2064, autrement dit l'homme tel qu'il sera dans 50 ans, si du moins des publicitaires généreux acceptent de financer toutes les prothèses permettant à un humain ordinaire d'accéder au statut de posthumain.

Evidemment ces futurs Jeux Olympiques ressembleront plus aux actuels Jeux Para Olympique, où s'affrontent déjà des personnes handicapées dotées d' « augmentations » leur permettant parfois d'atteindre des performances supérieures à celles des athlètes non équipés. Les technologies de l'homme artificiel se seront tellement développées à cette époque que l'humain livré aux seules ressources de son corps et de son mental non transformés n'aurait aucune chance de s'imposer. Pourtant le facteur humain conservera son importance. Sinon pourquoi ne pas se limiter à des Olympiades réservées à des robots. Ce seront en fait des individus ou des groupes associant étroitement des humains et des techniques qui s'affronteront. La technique à elle seule ne suffira pas à faire un champion. Le biologique et l'anthropologique auront encore un rôle à jouer. On retrouve là le concept que nous utilisons sur ce site, celui de complexe anthropotechnique.

Faut-il s'en inquiéter? Nous ne le ferons certainement pas pour ce qui nous concerne. Vouloir en rester à l'homme tel qu'il était dans les siècles passés serait d'une  part non souhaitable et d'autre part impossible. L'évolution anthropotechnique, nous l'avons souvent dit, ne se contrôle pas, tant du moins qu'elle ne conduit pas à des excès que les sociétés dans leur unanimité refuseraient. Ses bénéfices sont indiscutables. La plupart des futurologues prévoient, sans grand risque de se tromper, que les « enhancements » évoqués dans l'article de l'Equipe seront réalisés dans 50 ans, sinon avant. Nous sommes ici de ceux qui pensent qu'à cette époque, on trouvera à l'oeuvre dans un grand nombre de tâches de véritables robots mimant les créatures biologiques. Bien plus, ils se seront dotés de « cerveaux artificiels »  offrant des capacités cognitives bien supérieures à celles des robots actuels. Les personnes associées à eux en bénéficieront inévitablement.

La vraie question, que nous évoquions dans le premier paragraphe, sera celle du coût de ces techniques et de leur répartition sociale. Aujourd'hui tout laisse penser que les 80 à 100 milliards d'humains de la fin du 21e siècle ne pourront pas en bénéficier. Certains diront qu'il ne faut pas être pessimiste. Qui il y a 10 ans aurait parié que dans les pays dits pauvres les téléphones portables et l'accès à l'Internet auraient pris aujourd'hui une telle extension? Cependant, dans un monde où les ressources de base (par exemple les « terres rares » encore indispensables à certains composants) feront nécessairement l'objet d'une demande en forte hausse, voire d'un accaparement, le rêve généreux de voir chaque humain accéder au statut de post-humain, paraît bien irréaliste. La plupart conserveront un statut d'humain, pouvant les conduire si rien n'est fait à celui de sous-humain.

La demande sociale aura son rôle à jouer pour évier que l'artificialisation ne profite qu'aux systèmes d'armes ou à une étroite classe de possédants. L'intérêt de Jeux Olympiques tels que ceux décrits dans l'article de l'Equipe sera, peut-on espérer, de donner à tous le désir d'acquérir de telles prothèses – comme il y a un siècle celui d'acquérir une automobile. La société technologique et industrielle de la fin du 21e siècle serait ainsi fortement incitée à les produire à des prix acceptables, comme elle le fut au début du 20e siècle en ce qui concernait la voiture ou le téléphone.

On ne voit pas à première vue quel était le message profond que voulaient transmettre les auteurs de l'article de l'Equipe, en dehors de la simple information. Voulaient- ils générer l'enthousiasme ou bien l'horreur. Pour ce qui nous concerne, l'article a suscité un intérêt certain. Nous ne pouvons donc qu'inciter nos lecteurs à s'y référer sans a priori, en suivant le lien suivant:
http://www.lequipe.fr/explore/athlete-2064/

Note
L'Equipe (Equipe-Explore) a remercié les personnalités suivantes qui l'ont conseillée dans la rédaction de l'article.

Remerciements

Au Professeur Michel Audran, spécialiste du dopage sanguin et directeur du Laboratoire de Biophysique & Bio analyses de la Faculté de Pharmacie de Montpellier, pour sa relecture attentive des éléments scientifiques du dossier et son extrème disponibilité.Au Professeur Bengt Kayser, bio-éthicien, de l'Institut des sciences du sport dela Faculté de biologie et de médecine de Lausanne, pour sa disponibilité.Au Professeur Alex Meuron, bio-éthicien, de Institut Ethique Histoire Humanités du Centre Médical Universitaire de Genève, pour sa disponibilité. Alain Didier et Christophe Simonnot (responsable des ventes orthobionic et chef de marché orthobionic et socket Technology chez Ottobock) et Christophe Lecomte (ingénieur mécanique en Recherche et développement, responsable technique prothèse du pied chez Ossur), Docteur Marion Bertrand-Marchand (chirurgien orthopédique et traumatologique, spécialisée dans l'osthéointégration, à la Polyclinique Saint Roch à Montpellier), Pascal Pommier directeur du cabinet orthopédique Pommier à Villebon-sur-Yvette (Essonne). À Marseille, l'Institut des Sciences du Mouvement E-J Marey (Aix-Marseille Université et CNRS) et plus particulièrement Eric Berton, Doyen de la Faculté des Sciences du Sport et directeur de l'ISM, Gilles Montagne (Directeur Adjoint de l'ISM), Lionel Bringoux et Christophe Bourdin (membres de l'ISM) ainsi que Pierre Mallet, responsable technique du Centre de Réalité Virtuelle de Méditerranée (CRVM).

 


03/02/2014
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